Vendredi 19 juillet 2019 | Dernière mise à jour 12:10

Prison Un boss de la 'Ndrangheta s'évade en Uruguay

Rocco Morabito, numéro un dans la liste des mafieux recherchés en Italie, s'est évadé d'une prison de Montevideo dimanche.

C'est de cette prison que Rocco Morabito s'est évadé.

C'est de cette prison que Rocco Morabito s'est évadé. Image: AFP

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Le mafieux italien Rocco Morabito, l'un des dix criminels les plus recherchés au monde, s'est évadé dimanche soir d'une prison uruguayenne où il était incarcéré depuis 2017 dans l'attente de son extradition vers l'Italie.

Détenues dans un centre pénitentiaire situé au centre-ville de Montevideo, «quatre personnes se sont échappées par les toits du bâtiment au moyen d'un trou», a annoncé lundi le ministère uruguayen de l'Intérieur dans un communiqué.

«Parmi les fugitifs figure l'Italien Rocco Morabito, qui était en attente d'extradition de la part de la justice italienne pour trafic international de drogue», a précisé le ministère. Les autres évadés sont deux hommes recherchés par la justice brésilienne et un troisième par l'Argentine.

«Déconcertant et grave»

Les fugitifs ont pénétré aux alentours de 23H30 locales dans une «habitation voisine» située au cinquième étage d'un immeuble, où la propriétaire, Elida Ituarte, 70 ans, avait laissé une fenêtre ouverte malgré l'épais brouillard tombé sur la capitale uruguayenne.

«Que faites-vous? Qui êtes-vous?» leur a lancé la septuagénaire. Prétextant une visite à la demande de la copropriété «pour réparer une fuite d'eau», les malfaiteurs lui ont réclamé la clé de l'appartement, qu'elle a elle-même ouvert, avant de s'enfuir par les escaliers et de disparaître, a-t-elle raconté à l'AFP.

Le gouvernement italien a immédiatement réagi à cette évasion : «il est déconcertant et grave qu'un criminel comme Rocco Morabito, boss de la 'Ndrangheta, ait réussi à s'évader d'une prison d'Uruguay où il était en attente d'extradition vers l'Italie», a déploré dans un communiqué le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini.

Rocco Morabito était le numéro un dans la liste des mafieux recherchés par les autorités italiennes appartenant à la 'Ndrangheta, la mafia calabraise. «Je prends deux engagements : tout d'abord faire la pleine lumière sur les modalités de l'évasion, en demandant des explications immédiates au gouvernement de Montevideo. Ensuite, nous continuerons la traque de Morabito, où qu'il soit, pour le jeter en prison comme il le mérite», a ajouté l'homme fort du gouvernement italien.

Rocco Morabito, 52 ans, recherché depuis 1995, avait été arrêté en septembre 2017 dans un hôtel de Montevideo. Il vivait depuis 13 ans en Uruguay, dans la station balnéaire huppée de Punta del Este, à 140 km de la capitale. Il avait obtenu en 2004 des papiers uruguayens en présentant un passeport brésilien au nom de Francisco Capeletto.

Condamné par contumace par la justice italienne à 28 ans de prison, une peine portée par la suite à 30 ans de réclusion, il avait finalement été repéré après avoir inscrit sa fille au collège sous sa réelle identité.

«Roi de la cocaïne»

L'Italien faisait l'objet d'une notice rouge d'Interpol pour avoir appartenu de 1988 à 1994 à une organisation criminelle dédiée au trafic international de drogues. Entre autres délits, il est accusé d'avoir assuré le transport de drogue en Italie, sa vente à Milan, puis d'avoir tenté d'importer depuis le Brésil 592 kilos de cocaïne en 1992 et 630 kilos de cocaïne en 1993.

En 2018, l'Uruguay, où il était poursuivi pour détention de faux papiers et usurpation d'identité, avait approuvé la demande d'extradition de l'Italie. Rocco Morabito avait échappé à une arrestation en 1994 à Milan, où il était connu comme le «roi de la cocaïne». Originaire d'Africo, un village calabrais, il était l'un des responsables les plus importants du clan «Africo Nuovo».

En Uruguay, le mafioso menait une vie discrète. Il avait loué une maison à Punta del Este, après s'être consacré pendant quelques années à l'agriculture et l'élevage dans une propriété des environs. L'ancien maire de Nice aujourd'hui décédé Jacques Médecin y avait déjà trouvé refuge, avait d'être interpellé au début des années 1990 puis extradé vers la France où il avait été condamné pour abus de biens sociaux. (afp/nxp)

Créé: 25.06.2019, 00h21

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