Mercredi 13 novembre 2019 | Dernière mise à jour 13:56

Royaume-Uni Brexit: la probabilité d'un accord augmente

Le premier ministre britannique Boris Johnson veut respecter son engagement de faire sortir la Grande-Bretagne le 31 octobre. Mais il reste encore beaucoup à négocier.

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Un accord reste «possible» entre Londres et l'UE pour permettre un divorce à l'amiable. Mais il doit être bouclé au plus tard mercredi matin, pour être endossé lors du sommet européen de jeudi-vendredi.

Les négociateurs britanniques et européens poussent les feux pour tenter d'arriver à un accord pour le sommet de Bruxelles, avant la date fatidique du divorce fixé au 31 octobre et que Boris Johnson veut absolument respecter.

La France a salué mardi un «élan positif» dans les négociations. «Nous espérons un accord mais nous ne savons pas encore» s'il aboutira, «on l'espère d'ici ce soir», a dit un conseiller de l'Elysée.

Les lignes bougent

«Les Britanniques veulent un accord et ils ont bougé sur les points de blocage. Mais il faut rester prudent et voir si cela sera suffisant pour être traduit dans un texte juridique. Ce n'est pas encore fait», a confié mardi à l'AFP le représentant d'un Etat membre lors d'une réunion des ministres européens à Luxembourg.

«Un accord est encore possible cette semaine», a assuré le négociateur de l'UE, Michel Barnier à son arrivée à Luxembourg pour informer les ministres de l'état d'avancement des discussions avec les Britanniques.

«Mais si on veut un accord pour le sommet, il faut qu'un texte juridique soit finalisé ce soir ou au plus tard demain matin», a-t-il expliqué aux ministres de l'UE.

«Des discussions détaillées sont en cours et un accord est encore très possible», a confirmé son interlocuteur britannique, le ministre pour le Brexit Steve Barclay. Les deux responsables pilotent les négociations.

Transformer les bonnes intentions

«Il est évident que tout accord doit fonctionner pour tout le monde: l'ensemble du Royaume-Uni et l'ensemble de l'Union européenne. Permettez-moi d'ajouter qu'il est grand temps de transformer les bonnes intentions en texte juridique», a insisté Michel Barnier.

«Des progrès significatifs sont encore nécessaires», a averti le chef de la diplomatie irlandaise Simon Coveney.

«Si l'accord ne peut être conclu aujourd'hui ou demain avant le sommet, les dirigeants européens devront alors décider du type de mandat qu'ils veulent donner à Michel Barnier», a-t-il souligné. «Il est possible de continuer les négociations la semaine prochaine», a-t-il estimé.

Plus de trois ans après le référendum britannique de 2016, aucun accord n'a encore été trouvé pour éviter un divorce acrimonieux.

Opposé à l'accord conclu par Theresa May qui maintenait le Royaume-Uni dans l'Union douanière de l'UE jusqu'à la conclusion d'une nouvelle relation entre les deux parties, Boris Johnson l'a rejeté un fois arrivé au pouvoir et a présenté un nouveau plan.

Deux points de blocage

Les discussions en cours se concentrent sur deux points de désaccord: la manière d'éviter le retour d'une frontière entre l'Irlande, membre de l'UE, et l'Irlande du Nord, partie du Royaume-Uni, tout en réalisant des contrôles douaniers, et le droit de regard accordé aux autorités d'Irlande du Nord sur l'accord de divorce.

Dans la proposition de Londres, l'Irlande du Nord reste dans le territoire douanier du Royaume-Uni tout en appliquant les règles européennes pour les produits destinés à l'UE, a indiqué une source européenne.

L'annonce d'avancées est à la fois un soulagement et une source de préoccupation pour les partenaires européens du Royaume-Uni. Après le Brexit, le Royaume-Uni sera «un nouveau concurrent» à la porte de l'UE, a averti mardi la chancelière Angela Merckel.

Pas de «concurrence déloyale»

«J'espère qu'un accord sera trouvé, mais pour les Pays-Bas, il est extrêmement important qu'il n'y ait pas de concurrence déloyale depuis l'extérieur de l'UE en utilisant la frontière irlando-(nord-)irlandaise. Le Royaume-Uni a pris certaines mesures, mais pas assez pour garantir l'intégrité du marché commun», a averti le chef de la diplomatie néerlandaise Stef Blok. Il a dit espérer que des mesures supplémentaires soient prises «dans les prochaines heures».

«Nous devons nous assurer (...) qu'il n'y aura pas demain de concurrence déloyale parce qu'un pays ne mettrait pas en place des contrôles notamment réglementaires nécessaires», a expliqué la secrétaire d'Etat française chargée des Affaires européennes Amélie de Montchalin.

Selon le Premier ministre finlandais Antti Rinne, dont le pays assume la présidence semestrielle de l'UE, les négociations pourraient se poursuivre après le sommet européen. Ainsi circule l'hypothèse d'un sommet supplémentaire d'ici le 31 octobre, jour prévu du départ du Royaume-Uni. «S'il n'est pas possible de conclure pour le sommet de jeudi, alors nous verrons», a commenté le chef de la diplomatie belge Didier Reynders (ats/nxp)

Créé: 15.10.2019, 14h13

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