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Bruxelles Brexit: l'UE à 27 note l'absence de percée

Faute de nouvelles propositions de Theresa May, le sommet européen n'a pas permis de percée sur le dossier du Brexit.

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Les 27 dirigeants de l'UE ont acté mercredi soir l'absence de percée dans les négociations sur le Brexit malgré la «bonne volonté» de Theresa May, qui s'est montrée ouverte sur l'idée d'une prolongation de la période de transition après le divorce.

L'UE à 27, qui attendait Mme May de pied ferme à Bruxelles, n'a pas reçu de nouvelles propositions de la Première ministre qui auraient permis de relancer des négociations dans l'impasse. En conséquence, le calendrier à venir restait en suspens: le sommet extraordinaire évoqué au mois de novembre n'est pour l'instant pas planifié, a indiqué une source européenne à l'issue du sommet. «Malgré des négociations intensives, il n'y pas eu assez de progrès enregistrés», a résumé cette source à l'issue du dîner entre dirigeants.

«Je ne m'attendais pas à une percée, et il n'y a pas eu de percée» sur le sort de la frontière entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord, le point principal sur lequel les négociations échouent actuellement, a déclaré le chancelier autrichien Sebastian Kurz. Le jeune dirigeant, dont le pays occupe la présidence tournante de l'UE, s'est toutefois dit «optimiste» sur une solution «dans les prochaines semaines ou mois».

L'UE attendait de Mme May des propositions «concrètes» et «créatives», avait dit le président du Conseil européen Donald Tusk à la veille de la réunion. Elle ne les a pas obtenues. «Je n'ai pas constaté de nouveautés majeures», a dit le président du parlement européen Antonio Tajani, qui a assisté à l'intervention de la dirigeante britannique lors du sommet.

Bonne volonté

Theresa May a parlé une quinzaine de minutes devant ses pairs qui commencent à s'inquiéter face à la nécessité urgente de trouver un accord de divorce, prévu le 29 mars 2019, pour qu'il se déroule de façon ordonnée.

Selon M. Tajani, l'atmosphère a été malgré tout «beaucoup plus détendue» que lors d'une réunion un mois plus tôt à Salzbourg, en Autriche. Mme May a fait preuve de «bonne volonté» selon lui.

«Nous avons montré que nous pouvons trouver des accords difficiles ensemble et de façon constructive. Je reste confiante», a déclaré la Première ministre à ses collègues, selon son porte-parole. «La dernière étape demandera du courage, de la confiance et du leadership des deux côtés», a-t-elle ajouté. A son arrivée à Bruxelles, devant les journalistes, elle avait martelé qu'un accord était «réalisable».

«On a la volonté collective d'avancer mais nous n'y sommes pas encore», avait pour sa part estimé le président français Emmanuel Macron. Pour la chancelière allemande Angela Merkel, l'accord est prêt à «90%» mais «il y a encore du travail devant nous».

«Calme et patience» ont été les maîtres mots du négociateur en chef de l'UE Michel Barnier à son arrivée au sommet. «Nous avons besoin de temps, de plus de temps» pour arriver à un compromis à la fois sur les conditions du divorce et sur la future relation, a-t-il souligné.

L'UE s'inquiète de la position du gouvernement britannique, empêtré dans des disputes internes et sous la pression d'obtenir la ratification de l'accord par son Parlement. Ce sommet était initialement présenté comme un «moment de vérité». Mais les dernières discussions entre l'UE et Londres sont restées vaines, butant principalement sur la solution qui permettrait d'éviter le rétablissement d'une frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord, afin de sauvegarder les Accords de paix de 1998.

Rien qu'un travail «intense» ne peut surmonter, selon Theresa May. Afin de débloquer les négociations, l'une des options serait d'accepter de prolonger d'un an, soit jusqu'au 31 décembre 2021, la période de transition suivant le départ officiel, ont indiqué des sources diplomatiques à l'AFP. Selon Antonio Tajani, Mme May n'était pas fermée à cette idée. Une attitude confirmée par une source européenne.

Prolonger la période de transition permettrait de donner plus de temps pour négocier un accord commercial avec le Royaume-Uni et augmenter ainsi les chances d'éviter d'avoir à recourir au «filet de sécurité» («backstop») en Irlande.

Pas de solution miracle

«Ce n'est pas une solution en tant que telle. Ça ne va pas résoudre miraculeusement le problème» de la frontière, a cependant nuancé un diplomate européen. Londres propose de rester aligné sur les règles douanières de l'Union jusqu'à la signature d'un accord de libre-échange plus large, afin d'éviter le contrôle de marchandises aux frontières. L'UE suggère quant à elle de ne garder que l'Irlande du Nord dans l'union douanière.

Avec des négociations qui patinent et l'horloge qui tourne, le scénario d'une absence d'accord pèse de plus en plus sur les discussions. Donald Tusk l'avait jugé «plus probable que jamais» dans son invitation au sommet adressée aux 27.

«Nous avons ce soir demandé à la Commission de travailler avec encore plus de vigueur sur le scénario du no deal . Ce n'est pas que nous nous attendons à ce que cela arrive, mais nous devons être préparés», a commenté le Premier ministre néerlandais Mark Rutte à la sortie de la réunion. (afp/nxp)

Créé: 18.10.2018, 00h53

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