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Espagne Des nonnes se mobilisent après un viol

Un jugement, disculpant de «viol» cinq Espagnols ayant abusé d'une jeune femme, entraîne une vague de protestations dans toute l'Espagne, jusque dans un couvent de sœurs carmélites.

Les nonnes

Les nonnes "déchaussées" de Fontarrabie au Pays basque espagnol ont pris la "parole" via Facebook pour défendre la victime de ce qu'elles estiment être un viol. (photo Facebook) Image: Keystone

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Depuis le monastère de Fontarrabie au Pays basque espagnol, «toute la communauté» de 16 sœurs de l'ordre des Moniales déchaussées a décidé de réagir au jugement, en postant un texte sur Facebook, expliqué samedi une porte-parole de ces religieuses catholiques, soeur Mariluz, jointe par téléphone.

«C'est ce que pense toute la communauté et nous l'avons écrit parce que nous voulions qu'il y ait une voix dans l'Eglise qui critique ce jugement», a-t-elle dit.

Le viol pas retenu

Cinq hommes âgés de 27 à 29 ans, qui se surnommaient eux-mêmes «la meute», ont été condamnés jeudi à Pampelune (nord) à neuf ans de prison pour «abus sexuel» en groupe sur une femme de 18 ans pendant les fêtes de la San Fermin de l'été 2016, aggravé d'«abus de faiblesse».

Les juges du tribunal de Navarre n'ont pas retenu la notion de «viol», pour lequel le Code pénal espagnol stipule qu'il doit y avoir eu «intimidation» ou «violence».

Se justifier d'une attitude passive...

Le texte des religieuses reprend le slogan «ma sœur, moi je te crois», massivement clamé par des Espagnoles et Espagnols indignés que la justice n'ait pas retenu la notion de «viol» contre les cinq hommes qui avaient filmé leurs actes et que la jeune fille ait dû se justifier d'avoir eu une attitude passive face à eux.

Le message des carmélites a d'autant plus fait sensation qu'elles prennent non seulement la défense des victimes de viol mais plus généralement de toutes les femmes qui vivent d'une tout autre façon qu'elles.

Vivre librement

«Nous vivons cloîtrées, nous portons un habit qui nous arrive quasiment aux chevilles, nous ne sortons pas le soir (sauf urgences), nous n'allons pas à des fêtes, nous ne buvons pas d'alcool et avons fait vœu de chasteté», commencent par résumer les sœurs.

«Et parce que c'est un choix libre, nous défendrons par tous les moyens à notre disposition (...) le droit de toutes les femmes à faire LIBREMENT le contraire, sans qu'elles soient pour cela jugées, violés, menacées, assassinées ou humiliées», concluent les moniales.

Le parquet et la région de Navarre avaient annoncé vendredi qu'ils feraient appel du jugement, tandis que le gouvernement étudiera l'éventualité d'une réforme du Code pénal. (ats/nxp)

Créé: 28.04.2018, 15h55

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