Lundi 18 novembre 2019 | Dernière mise à jour 01:49

Commission européenne Le casse-tête d'Ursula von der Leyen

La nouvelle présidente de la Commission européenne va devoir constituer son équipe avec beaucoup de finesse, en respectant la parité homme-femme.

Ursula von der Leyen.

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Ursula von der Leyen, élue mardi à la tête de la Commission européenne, doit constituer son équipe d'ici à novembre, avec un commissaire par État membre et autant d'hommes que de femmes. Ce casse-tête, qui va lui demander beaucoup de doigté, doit être soumis à l'approbation des eurodéputés en octobre.

Voici les paramètres dont elle devra tenir compte:

Brexit

Le Royaume-Uni doit officiellement quitter l'UE le 31 octobre. Si tel est le cas, il n'aura pas de représentant dans la nouvelle équipe qui doit entrer en fonction le 1er novembre. La commission serait par conséquent composée de 27 personnes (Mme von der Leyen comprise), un par État et non plus 28.

Or, en raison de la situation incertaine au Royaume-Uni, il n'est pas exclu que le divorce soit de nouveau retardé (après un premier report le 31 mars dernier). Dans ce cas, Londres aurait l'obligation de nommer un commissaire.

Parité

Première femme à la tête de la Commission européenne, Mme von der Leyen veut un collège de commissaires avec «50% de femmes et 50% d'hommes». Or, ce sont les États membres qui proposent leurs commissaires.

En théorie, Mme von der Leyen pourrait retoquer certains candidats hommes si elle se retrouvait avec trop peu de femmes (ou l'inverse), mais il n'est pas certain que les gouvernements nationaux soient prêts à lui fournir de nouveaux noms.

Elle a souhaité que les États lui proposent deux noms - un homme, une femme - mais pour l'instant elle n'a pas été écoutée. Son prédécesseur, Jean-Claude Juncker, avait formulé la même exigence en 2014. Il est parvenu à faire changer quelques candidatures, mais sans obtenir la parité. Son équipe ne comptait que 9 femmes.

Trois commissaires déjà imposés

Le Néerlandais social-démocrate Frans Timmermans et la Danoise libérale Margrethe Vestager sont déjà assurés de faire partie de la nouvelle commission.

Ces deux candidats à la présidence de la commission - M. Timmermans pour les socialistes, Mme Vestager pour les libéraux - font partie du paquet négocié par les chefs d'État et de gouvernement de l'UE lors d'un sommet marathon à Bruxelles au début juillet.

Mme von der Leyen entend en faire les deux vice-présidents de la Commission européenne, le rang le plus élevé. À ces deux noms s'ajoute celui du socialiste espagnol Josep Borell, choisi par les dirigeants de l'UE lors du même sommet comme chef de la diplomatie de l'UE.

Lutte pour les portefeuilles clés

La question de la répartition des postes pourrait se révéler explosive, certains portefeuilles étant plus convoités que d'autres, en raison de leur prestige et du pouvoir qu'ils confèrent.

La France a fait savoir qu'elle visait le commerce ou l'environnement. Or, ce dernier est également convoité par les Pays-Bas. L'Italie lorgne quant à elle sur l'emploi, l'industrie, le commerce et la concurrence.

Europe de l'Est

Les services de la présidence polonaise se sont vantés d'avoir contribué à l'élection de Mme von der Leyen grâce au soutien de 26 eurodéputés du parti eurosceptique polonais PIS.

Varsovie pourrait donc espérer un renvoi d'ascenseur. Mme von der Leyen a de son côté insisté sur le fait que l'une de ses priorités était de surmonter les divisions entre l'est et l'ouest de l'Europe. Elle a déclaré vouloir donner des «portefeuilles importants» à des commissaires venus de l'Est.

Verts

Les Verts ont refusé de soutenir Mme von der Leyen. Mais, étant donné le bon score des écologistes aux élections européennes, ils pourraient se voir attribuer au moins un commissaire. Problème: ils ne dirigent aucun gouvernement et ne sont au pouvoir que dans quatre pays.

Or, pour le Danemark, Mme Vestager est déjà nommée. Au Luxembourg, le poste devrait aller à un social-démocrate, Nicolas Schmit, tout comme en Finlande, avec Jutta Urpilainen. Reste la Suède, et peut-être la Belgique, si un gouvernement est formé d'ici là.

Personnalités pressenties

Outre les noms cités plus haut, un certain nombre de pays ont déjà fait connaître leur candidat. Il s'agit de la Bulgare Mariya Gabriel (droite-PPE), l'Estonienne libérale Kadri Simson, l'Irlandais Phil Hogan (PPE), le Hongrois Laszlo Trocsanyi (PPE), le Lituanien Valdis Dombrovskis (PPE), l'Autrichien Johannes Hahn (PPE), le Slovaque social-démocrate Maros Sefcovic, le Grec Margaritis Schinas (PPE).

Quant à l'Italie, la Ligue comptait au départ envoyer Giancarlo Giorgetti, mais elle n'a pas voté en faveur de Mme von der Leyen. Il lui est donc plus difficile de revendiquer un poste, d'autant plus que le Mouvement 5 étoiles lui a, lui, apporté son soutien. (ats/nxp)

Créé: 23.07.2019, 07h49

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