Vendredi 14 décembre 2018 | Dernière mise à jour 08:12

France Le chômage propose à une aveugle de conduire des trains

Sophie Gleize est presque aveugle: elle souffre d'une déficience visuelle à plus de 80%. Or elle a reçu une offre d'emploi «complètement débile».

La Française a un chien guide pour se déplacer. Elle cherche un travail mais n'est pas vraiment aidée dans ses démarches...

La Française a un chien guide pour se déplacer. Elle cherche un travail mais n'est pas vraiment aidée dans ses démarches... Image: prétexte, iStock

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C’est tellement énorme que Sophie Gleize ne peut qu’ironiser: «tout ça est ridicule plus que grave», commente-t-elle dans «Le Parisien». Cette femme de Saint-Maur, dans la région parisienne, souffre d’une maladie génétique rare, la rétinite pigmentaire. Qui a entraîné une déficience visuelle à plus de 80%. Et elle cherche du travail. Or Pôle emploi lui a proposé un poste de conducteur de train…

«Tout arrive sur la boîte mail de mon fils, puisque je ne peux pas lire les courriers», explique-t-elle au quotidien français. «J’étais surprise et déçue quand il m’a lu cette proposition complètement débile. Ça montre à quel point quand on est handicapée et qu’on veut travailler, rien n’est adapté à notre spécificité.»

Un précédent pas vraiment glorieux

C’est seulement la seconde annonce qu’elle reçoit en deux ans. Et la première n’était pas beaucoup mieux ciblée. «Comme je suis éducatrice canine, Pôle emploi m’a proposé un poste d’agent de sécurité avec un chien. Comment voulez-vous que je fasse en n’y voyant rien?», lâche-t-elle.

Mère de deux garçons de 17 et 25 ans, Sophie Gleize entend bien travailler malgré son handicap. «Quand j’ai obtenu mon chien guide, ça m’a donné envie de devenir éducatrice canine, raconte-t-elle. Même cette formation, je me la suis payée seule!»

Une «erreur ubuesque»

Par l’exemple de proposition d’embauche absurde qu’elle a reçu elle entend surtout dénoncer tous les obstacles avant de pouvoir se réinsérer. «Quand vous avez plus de 50 ans que vous êtes une femme et en plus handicapée, on vous dit de vous contenter des 900 euros mensuels d’allocation adulte handicapé, mais ce n’est pas une vie ça. Je ne veux pas être à la charge de la société», raconte-t-elle au «Parisien». «J’ai déjà mon combat contre la maladie à mener, j’aimerais que pour les démarches on m’aide vraiment.»

Du côté de Pôle emploi Ile-de-France, on explique qu’il s’agissait «d’un envoi groupé, qui tient compte d’une partie des critères de recherches des demandeurs d’emploi mais pas de tous» Mais on a reconnu une «erreur» et le côté «ubuesque» de cette proposition. (Le Matin)

Créé: 29.11.2018, 08h20

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