Vendredi 23 août 2019 | Dernière mise à jour 19:38

Hong Kong Cinq mille manifestants font annuler tous les vols

L'aéroport de Hong Kong a été envahi lundi pour protester contre les violences policières. Tous les vols ont été annulés.

Trudeau appelle la Chine à la retenue

«Nous sommes extrêmement préoccupés par la situation à Hong Kong», a déclaré le Premier ministre canadien lors d'un point-presse. «Nous appelons à la paix, à l'ordre, au dialogue», ainsi qu'à une «réduction des tensions».

«Nous appelons la Chine à être très prudente et très respectueuse dans la façon dont elle agit avec les gens qui ont des inquiétudes légitimes à Hong Kong», a-t-il ajouté.

Quelque 300'000 ressortissants canadiens vivent à Hong Kong, ce qui en fait la principale communauté d'expatriés canadiens en Asie, selon le ministère des Affaires étrangères.

Washington exhorte «les parties à s'abstenir de toute violence»

Un haut responsable gouvernemental américain a exhorté lundi «les parties à s'abstenir de toute violence» à Hong Kong, tout en appelant au respect des «différentes opinions politiques».

«Il en va de l'intérêt des sociétés lorsque les différentes opinions politiques sont respectées et peuvent s'exprimer librement et pacifiquement. Les États-Unis exhortent toutes les parties à s'abstenir de toute violence», a déclaré sous couvert de l'anonymat ce haut responsable de l'administration de Donald Trump.

Le président américain est jusqu'à présent resté discret sur les troubles à Hong Kong, affirmant que Pékin n'avait «pas besoin de conseil», tout en reconnaissant que les manifestants étaient «en quête de démocratie».

Cathay Pacific menace de licencier ses employés

La compagnie hongkongaise Cathay Pacific, sous pression de la Chine, a averti lundi ses salariés qu'ils pourraient être licenciés s'ils «soutiennent ou participent aux manifestations illégales» à Hong Kong.

Pékin a réclamé que la compagnie fournisse les noms des personnels à bord de ces vols. Cathay a fait savoir qu'elle se plierait à ces nouvelles règles, appliquées à compter de dimanche.

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L'aéroport de Hong Kong a pris lundi la décision rarissime d'annuler tous ses vols après que des milliers de manifestants pro démocratie ont envahi le hall des arrivées. Pékin muscle de son côté son discours, disant voir dans leur mouvement «des signes de terrorisme».

Les autorités ont indiqué qu'elles œuvraient pour rouvrir l'aéroport d'ici mardi matin à 6h. Mais des centaines de protestataires restaient dans le hall d'arrivée en soirée, ne donnant aucun signe de vouloir quitter les lieux.

La fermeture du huitième aéroport international le plus fréquenté au monde (74 millions de passagers en 2018) a été annoncée au moment où le gouvernement central chinois disait voir «des signes de terrorisme» dans la contestation qui agite sa région semi-autonome.

Ces annonces, survenues à 10 minutes d'intervalle, marquent une nouvelle escalade dans la crise politique initiée début juin, la plus grave à Hong Kong depuis la rétrocession du territoire par Londres à la Chine en 1997.

«Les manifestants radicaux de Hong Kong ont à plusieurs reprises eu recours à des objets extrêmement dangereux afin d'attaquer des policiers, ce qui constitue déjà un crime grave et révèle de premiers signes de terrorisme», a accusé à Pékin le porte-parole du Bureau des affaires de Hong Kong et Macao, Yang Guang.

Blindés de transport de troupes

Comme pour ajouter à la guerre des nerfs déclenchée par la presse de Pékin, deux médias publics, le Quotidien du peuple et le Global Times, émanations directes du Parti communiste au pouvoir, ont diffusé des vidéos censées représenter des blindés de transport de troupes se dirigeant vers Shenzhen, aux portes de Hong Kong.

La vingtaine de véhicules de la police militaire «se préparent à des exercices de grande ampleur», a indiqué le «Global Times». Un peu plus tôt lundi, la compagnie hongkongaise Cathay Pacific a averti ses salariés qu'ils pourraient être licenciés s'ils soutenaient ou participaient aux manifestations «illégales» à Hong Kong.

«Honte à la police»

A l'aéroport, quelque 5000 manifestants, selon la police, étaient venus lundi poursuivre un quatrième jour de sit-in pacifique afin de sensibiliser les voyageurs à leur cause.

Certains brandissaient des pancartes où se lisait «Hong Kong n'est pas sûr» ou «Honte à la police». Ils accusent les policiers d'avoir recours à une violence disproportionnée dans le but de réprimer les rassemblements.

Les autorités aéroportuaires, mais non la police, avaient autorisé leur rassemblement dans les halls d'arrivée, a expliqué un responsable policier, avant de les accuser d'avoir bloqué les départs.

Dans les haut-parleurs de l'aéroport lundi après-midi, une voix invitait régulièrement les gens à quitter les lieux : «Tous les vols ont été annulés, s'il vous plaît veuillez sortir dès que possible».

«De plus en plus dangereux»

La mobilisation a vu ces dernières semaines se multiplier les affrontements entre policiers et manifestants. «Cela devient de plus en plus dangereux, mais si on ne continue pas (...) à ce stade, notre avenir sera de plus en plus effrayant et nous perdrons nos libertés», a confié une manifestante de 22 ans.

Les forces de l'ordre, au cours du dixième week-end de mobilisation, ont tiré des gaz lacrymogènes dans le métro et dans des rues commerçantes pleines de monde. Les protestataires répliquaient en leur lançant des briques et leur retournant des lacrymogènes.

Policiers infiltrés

Les militants pro démocratie ont également dénoncé l'infiltration dans leurs rangs de policiers qui revêtiraient des maillots noirs, signe de reconnaissance de leur mouvement.

Selon les autorités sanitaires, 45 personnes ont été blessées, dont deux grièvement. Parmi elles, une femme aurait peut-être perdu la vue. Des images la montrant allongée le visage baignant dans son sang sont rapidement devenues virales, et ont même été placardées sous le slogan «oeil pour oeil», appelant à de nouvelles manifestations.

A l'aéroport, de nombreux manifestants portaient des bandeaux sur les yeux en solidarité avec la blessée. Les autorités se défendent elles de tout usage excessif de la force. (afp/nxp)

Créé: 12.08.2019, 13h52

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