Mercredi 23 octobre 2019 | Dernière mise à jour 14:21

Etats-Unis Cinquante ans après, refaire Woodstock serait impossible

Des organisateurs du festival légendaire d'août 1969 rêvaient d'organiser un «remake». Leurs efforts se sont avérés vains dans un pays désormais hanté par la peur des attentats et des fusillades.

Le festival de Woodstock souffle 50 bougies.
Vidéo: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Des centaines de milliers de personnes réunies pour écouter de la musique, faire l'amour, consommer acide et autres drogues: 50 ans après, l'image de Woodstock semble plus utopique que jamais dans un pays désormais hanté par la peur des attentats et des fusillades.

Des organisateurs du festival légendaire d'août 1969 rêvaient pourtant d'organiser un «remake» pour le 50e anniversaire. Leurs efforts se sont avérés vains, à l'ère des détecteurs de métaux, des chiens renifleurs de bombe et des fouilles systématiques de sacs.

«Trop de risques pour la sécurité»

«L'environnement d'aujourd'hui est très, très différent d'il y a 50 ans», souligne Stuart Cameron, chef de la police du comté de Suffolk, à l'est de New York, et spécialiste de la sécurité des festivals. «On n'autoriserait pas» de nos jours un événement comparable à Woodstock, dit-il. «Il y aurait trop de risques pour la sécurité».

Les comptes-rendus de l'époque sont parfois contradictoires, mais les trois jours du festival auraient fait deux morts en 1969: l'un écrasé par un tracteur de nettoyage, et un autre au moins décédé d'une overdose.

La sécurité par des hippies

Pour assurer la sécurité, les organisateurs avaient fait venir des membres d'une célèbre communauté hippie californienne: «The Hog Farm» (la ferme aux cochons).

Leurs méthodes reflétaient l'esprit du festival: certains veillaient, dans des tentes spécialement réservées, sur ceux qui avaient fait un mauvais trip à l'acide, d'autres étaient chargés de prier poliment les festivaliers de rester calmes.

Anniversaire avorté

Pour le 50e anniversaire, Michael Lang, l'un des organisateurs du Woodstock de 1969, avait invité quelque 80 groupes ou musiciens à venir jouer, du rappeur Jay-Z à Santana, espérant recréer l'événement.

Mais impossible de trouver un paysan prêt à les accueillir sur son terrain, après que le site de Watkins Glen, à 200 km à l'ouest du site original de Bethel, au nord de New York, eut décliné.

Les organisateurs se sont vu refuser l'un après l'autre les permis nécessaires, pour des raisons tenant au dispositif d'assistance médicale, à l'eau, à la nourriture ou au personnel de sécurité.

«Tout le monde aujourd'hui est beaucoup plus sensible aux questions de sécurité et de santé,» explique Stuart Cameron. «Quand les gens achètent de la nourriture à un événement, ils supposent qu'elle est bonne à consommer. Et, s'ils sont blessés, qu'il y aura une ambulance». «A l'époque, on ne supposait pas forcément tout ça».

«Plus jamais la même expérience»

Au-delà de la sécurité sanitaire, la multiplication des fusillades et attentats ces dernières années, notamment lors de concerts, a compliqué l'organisation de ce genre de rassemblements de masse.

En octobre 2017, 58 personnes sont mortes quand un homme lourdement armé a tiré sur une foule à Las Vegas lors d'un concert de musique country.

Quelques mois auparavant, 22 autres avaient péri en marge d'un concert d'Ariana Grande à Manchester, en Angleterre, dans un attentat à la bombe.

En novembre 2015, un commando djihadiste, avait tué 90 personnes qui assistaient à un concert du groupe Eagles of Death Metal dans la salle du Bataclan, à Paris.

Lourdement encadrés

Certes, plusieurs grands festivals musicaux prospèrent --comme Coachella, Glastonbury, Primavera Sound, Bonnaroo et Lollapalooza-- mais ils sont coûteux et toujours lourdement encadrés et protégés, loin de l'esprit «peace and love» de Woodstock.

«Autrefois, on s'inquiétait surtout des gens qui introduisaient alcool et drogues en douce, maintenant ce sont ceux qui apportent des armes de destruction massive pour tuer tout le monde», souligne Joseph Giacalone, détective retraité, qui travailla longtemps à sécuriser les célébrations du Nouvel An à Times Square à New York.

«C'est pas qu'il n'y avait pas de fusillades avant, mais elles étaient très espacées», poursuit-il, citant pour exemple la fusillade qui fit 14 morts à Austin, au Texas en 1966, et qui resta la plus sanglante pendant 18 ans.

Et l'ex-détective de lâcher: «La société a changé au cours des 20-30 dernières années (...) Les gens qui ont vécu les années 1960 ne connaîtront plus jamais la même expérience». (AFP/Le Matin)

Créé: 13.08.2019, 13h30


Sondage

Selon vous, faut-il conserver...




Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.