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Colombie La présidentielle se déroule dans le calme

Le pays vit dimanche un scrutin présidentiel historique et crucial pour l'avenir de l'accord de paix avec les Farc.

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Colombie, un long retour vers la paix

Colombie, un long retour vers la paix Le gouvernement colombien fait la paix avec des guérilla: les Farc et l'ELN.

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La Colombie a voté dans le calme dimanche pour la première élection présidentielle depuis l'accord de paix avec la guérilla Farc, un scrutin inédit au cours duquel la droite dure se retrouve face à la gauche antisystème.

Dans un pays émergeant de plus d'un demi-siècle de conflit armé et où la droite règne depuis toujours, son champion Ivan Duque, un novice en politique, partait favori pour ce premier tour, suivi par Gustavo Petro, ancien maire de gauche de Bogota, détaché des partis traditionnels.

«Je veux un pays de légalité, de lutte contre la corruption, un pays qui respire la sécurité, la liberté d'entreprise», a déclaré Ivan Duque en votant à Bogota, Gustavo Petro appelant à «un présent et un avenir» sans haine, ni vengeance.

Cette présidentielle va peser sur l'avenir de l'accord de paix signé en 2016 avec la plus puissante rébellion des Amériques, un pacte qui a polarisé une société meurtrie par une guerre fratricide, la plus longue du continent.

L'accord de paix en danger?

Le président sortant Juan Manuel Santos, 66 ans, s'est réjoui de ces «élections les plus sûres» depuis des décennies, pour lesquelles quelque 36 millions d'électeurs étaient appelés à voter de 8h00 à 16h00 (13h00 à 21h00 GMT). En annonçant la clôture des urnes, le représentant de l'autorité électorale, Juan Carlos Galindo, a qualifié le déroulement de cette journée de «totalement normal».

Après deux mandats depuis 2010, ce chef d'Etat de centre droit ne peut se représenter. La consolidation de la paix, fragilisée par des retards dans l'application de l'accord, dépendra de son successeur. La droite dure, opposée à ce pacte et aux pourparlers entamés avec l'Armée de libération nationale (ELN), la dernière rébellion colombienne, entend reconquérir la présidence avec un candidat jeune. Ce dimanche, sinon au second tour le 17 juin.

Outre la révision de l'accord, qu'il juge laxiste envers les ex-guérilleros exemptés de prison s'ils admettent leurs crimes, Ivan Duque, 41 ans, promet d'éradiquer la drogue, la corruption et de relancer la 4e économie d'Amérique latine, en berne avec 1,8% de croissance.

Parmi les six candidats, cet avocat et économiste représente une coalition menée par le Centre démocratique (CD) du controversé, mais populaire ex-président Alvaro Uribe. Crédité de 37,6% à 41,5% des voix selon les sondages, il défend aussi les valeurs traditionnelles de la famille et vilipende le Venezuela voisin en faillite.

Une participation surprise?

Paula Rubio, 38 ans, a voté Ivan Duque pour «maintenir l'ordre dans le pays», a-t-elle expliqué à l'AFP. Son principal rival, Gustavo Petro (crédité de 24,2% à 29,5% des voix), du mouvement Colombie Humaine, est un ex-guérillero du M-19 dissout. A 58 ans, il séduit les foules avec un programme de réformes économiques favorable aux plus humbles, mais se voit reprocher ses accointances avec le défunt président vénézuélien Hugo Chavez.

Dans un pays allié des Etats-Unis, il défend l'accord avec l'ex-guérilla Farc et le dialogue avec l'ELN, qui a suspendu ses actions armées à l'occasion de l'élection, pour laquelle la sécurité a toutefois été renforcée par environ 150'000 militaires.

Premier producteur mondial de cocaïne, ce pays de 49 millions d'habitants reste confronté à la violence de groupes illégaux, qui se disputent le contrôle du trafic de drogue dans les anciens fiefs des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), converties en parti politique sous le même acronyme.

«Je vote pour Petro (...) qui a aidé les pauvres gens», a déclaré à l'AFP Gladys Cortés, 60 ans. Cette employée domestique ne votait «pas depuis longtemps» comme au moins la moitié des électeurs habituellement en Colombie. La participation sera peut-être une surprise ce dimanche.

La Farc appelle à la «réconciliation»

En tête des nations les plus inégalitaires du continent, la Colombie peine à émerger d'une guerre qui a impliqué une trentaine de rébellions, des paramilitaires et les forces de l'ordre, faisant plus de huit millions de victimes, entre morts, disparus et déplacés. «Sauf surprise et une grosse erreur des sondages, Petro et Duque iront au second tour, bien qu'il existe aussi la possibilité que Duque gagne au premier», estime Nicolas Liendo, un politologue de l'Université Sergio Arboleda.

Après avoir échoué en mars dans sa tentative de gagner plus que les 10 sièges parlementaires octroyés par l'accord de paix, la Farc a quant à elle renoncé à la présidentielle. Son chef Rodrigo Londoño, qui devait être candidat, mais a eu un infarctus, s'est dit ému dimanche à Bogota en votant pour «la première fois». Il a appelé à faire de «ce jour, un jour de réconciliation entre tous les Colombiens».

La droite dure s'était imposée aux législatives. S'il succède à Juan Manuel Santos le 7 août, Ivan Duque devrait donc compter sur le Congrès. Mais il bénéficie surtout de l'aura d'Alvaro Uribe, qui, après deux mandats (2002-2010), ne peut se représenter et a adoubé son jeune poulain, se défendant d'en faire sa marionnette. Dimanche, il a salué «son programme de sécurité» et «sa fermeté».

Vu le nombre d'indécis dans les sondages, il n'est pas à exclure qu'un outsider, tel l'ex-maire de Medellin Sergio Fajardo (Coalition Colombie, centre gauche) ou l'ancien vice-président German Vargas (Changement radical, centre droit), s'immisce dans le duel Duque-Petro. (afp/nxp)

Créé: 27.05.2018, 23h52

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