Mercredi 15 août 2018 | Dernière mise à jour 09:04

France La colonie inondée dans le Gard était sans autorisation

Deux responsables ont été placés en garde à vue vendredi au lendemain des violents orages. Un septuagénaire toujours porté disparu.

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Deux Allemands ont été placés en garde à vue vendredi dans le sud de la France après l'inondation d'une colonie de vacances installée sans autorisation sur un terrain dont leur association est propriétaire, où neuf enfants ont été légèrement blessés et un septuagénaire porté disparu.

Les deux personnes interrogées par les enquêteurs sont le président et le vice-président de Jugendförderung Saint-Antonius, une association allemande implantée dans la région.

L'enquête a été confiée à la gendarmerie pour «blessures involontaires, mise en danger de la vie d'autrui, travail dissimulé et exploitation d'un camping sans autorisation» en zone inondable, a précisé vendredi à l'AFP le procureur de Nîmes (sud), Eric Maurel. Un septuagénaire allemand est porté disparu depuis jeudi à la suite d'inondations provoquées par de violents orages dans le village de Saint-Julien-de-Peyrolas qui ont entraîné l'évacuation de plus de 180 personnes, dont les enfants de la colonie de vacances allemande.

Dévastées par un ruisseau

Neuf enfants de cette colonie du Planjole, dont les tentes, les caravanes et autres installations ont été dévastées par un ruisseau proche d'une rivière, l'Ardèche, et transformé en torrent jeudi, «ont été légèrement blessés» et tous les jeunes Allemands évacués de ce terrain «sont traumatisés psychologiquement», a souligné le procureur. Selon des sauveteurs, certains enfants ont été retrouvés «accrochés dans les arbres», l'eau, arrivée en vague brutale, étant montée au moins jusqu'à la taille d'un adulte. Jeudi, l'accès à la salle polyvalente de Saint-Julien-de-Peyrolas où étaient regroupés les jeunes Allemands avait été interdit à la presse. Certains d'entre eux étaient visibles à l'extérieur et semblaient très éprouvés, se serrant dans les bras les uns des autres en signe de réconfort, pleurant ou s'enroulant dans des couvertures de survie. Les membres de l'encadrement de la colonie semblaient extrêmement nerveux et refusaient de parler à la presse.

«Vives inquiétudes»

La colonie était devenue de fait un camping, sans autorisation des autorités locales, et «était installée en zone inondable», a déclaré le procureur.

Le maire de Saint-Julien-de-Peyrolas, René Fabrègue, «avait alerté les responsables de l'association. Il avait même saisi le tribunal administratif et dans les 48 heures avant le drame, les autorités municipales avaient alerté les responsables de l'association sur le danger à rester là en raison de la montée éventuelle des eaux», a ajouté le procureur. M. Maurel a fait part des «plus vives inquiétudes» des enquêteurs à propos du septuagénaire allemand disparu qui se trouvait sur ce terrain privé au moment du déferlement des eaux. «S'il était retrouvé décédé, l'enquête s'orienterait vers un homicide involontaire», a-t-il souligné.

Recherche toujours en cours

Les opérations de recherche de cet homme ont repris vendredi matin mobilisant gendarmes et pompiers, a déclaré la préfecture du Gard, soulignant que la colonie était sur «un terrain de camping non homologué par les services préfectoraux». Depuis 2017, la commune de Saint-Julien-de-Peyrolas est en litige avec Jugendförderung Saint-Antonius qu'elle accuse de ne pas respecter le plan d'urbanisme. Cette association y est installée depuis 2006 après avoir été présente dans le village voisin de Saint-Martin-d'Ardèche.

Proches également des rives de l'Ardèche et quasiment au même niveau que ce cours d'eau, les deux autres campings touchés jeudi étaient homologués et jouxtaient la colonie, a expliqué la préfecture à l'AFP.

Orages et fortes pluies se sont abattus jeudi sur le centre-est et le sud-est de la France, rendant nécessaire l'évacuation de 750 personnes dans le Gard dont au moins 184 campeurs à Saint-Julien-de-Peyrolas.

La situation météorologique dans cette région est redevenue calme vendredi mais les localités touchées doivent encore gérer des personnes évacuées et des opérations de réparation et de nettoyage après le passage de ces orages. (afp/Le Matin)

Créé: 10.08.2018, 17h17

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