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Primaire démocrate Même combatif, Biden échoue à convaincre

Le candidat démocrate en tête des sondages s'est davantage défendu face à ses rivaux jeudi soir mais a échoué à dissiper les doutes.

Joe Biden en campagne au Texas le 13 septembre 2019.

Joe Biden en campagne au Texas le 13 septembre 2019. Image: Keystone

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Le favori de la primaire démocrate Joe Biden a été crédité d'une solide performance lors d'un débat télévisé face à ses rivaux, mais des questions persistent vendredi sur sa capacité à croiser le fer avec Donald Trump en 2020.

Face à ses deux rivaux bien plus à gauche dans le trio de tête --les sénateurs progressistes Bernie Sanders et Elizabeth Warren-- l'ancien vice-président de Barack Obama a tenu à se présenter en candidat plus réaliste, mais soucieux de répondre aux préoccupations de la classe moyenne et des ouvriers.

«J'ai trouvé que la nuit dernière était une bonne nuit», a déclaré Joe Biden vendredi lors d'une réunion privée pour lever des fonds à Houston, au Texas. Mais après les applaudissements de l'assemblée, il a lui même admis qu'il aurait «pu mieux faire». «Je ferai mieux, si Dieu le veut», a-t-il promis.

Parti à l'offensive, s'arrogeant le micro plus fermement que lors des précédents débats, ce vétéran de la politique a en effet perdu du souffle plus tard, patinant sur certaines réponses et faisant une référence datée à un «tourne-disque» qui a provoqué des réactions hilares.

Son état de forme interroge

Et malgré les appels au rassemblement pour battre Donald Trump, ses rivaux n'ont pas épargné Joe Biden, 76 ans, dont l'état de forme interroge après un été marqué par plusieurs faux pas.

En sous-entendant que le septuagénaire devenait sénile, le petit candidat Julian Castro a provoqué les huées d'une partie du public. Mais sa voix n'est pas restée isolée. Pourtant chantre du rassemblement, le sénateur Cory Booker lui a asséné un autre coup, sur CNN jeudi soir: «Beaucoup s'inquiètent de la capacité de Joe Biden à marquer l'essai sans trébucher».

Fermement campé en tête des sondages pour la primaire démocrate (26,8% selon RealClearPolitics), Joe Biden reste très populaire chez les Noirs et dans les bassins ouvriers qui avaient fait basculer l'élection présidentielle en faveur de Donald Trump en 2016.

Pour beaucoup d'électeurs démocrates qui ont pour priorité d'empêcher le milliardaire de décrocher un second mandat, le modéré Biden apparaît donc comme le candidat sûr. «Je me demande si les fragilités de Biden, que l'on voit régulièrement, ne risquent pas au final d'entamer l'avantage dont il bénéficie actuellement en tant que candidat perçu par la plupart comme la meilleure option contre Trump», note toutefois Kyle Kondik, politologue à l'université de Virginie. «Mais si cela devait l'affecter, il faudra peut-être des mois avant que cela ne lui nuise dans les sondages», explique-t-il à l'AFP. Il reste encore près de cinq mois de campagne avant les premiers scrutins de la primaire, dans l'Iowa.

Warren tient le cap

Se trouvant pour la première fois sur le même plateau de débat que Joe Biden, l'étoile montante de la primaire démocrate Elizabeth Warren n'a pas attaqué ses rivaux. Bête noire de Wall Street, la progressiste a tenu le cap de sa campagne centrée sur des propositions détaillées, appuyées sur de fortes anecdotes personnelles. Désormais fermement ancrée dans le trio de tête, «elle se comporte en favorite et (...) de ce fait a moins intérêt à entrer dans la mêlée», analyse Kyle Kondik.

L'ancienne professeure de Harvard, 70 ans, dispute depuis des semaines la deuxième place au sénateur indépendant Bernie Sanders, 78 ans (tous deux sont autour de 17%). Ces deux «amis» ont encore une fois présenté un front uni jeudi soir, qui pourrait toutefois se craqueler à l'approche des scrutins.

Seuls dix candidats avaient été sélectionnés pour ce troisième débat démocrate, sur les 20 encore en lice. Sur la santé, le racisme, le commerce, la politique extérieure ou les armes, les petits candidats ont pu se faire entendre, comme l'ex-élu Beto O'Rourke qui plaide pour l'interdiction des fusils d'assaut avec passion depuis les fusillades meurtrières au Texas cet été, son Etat d'origine. Ou le jeune maire centriste Pete Buttigieg, qui a livré un récit poignant sur sa décision de révéler son homosexualité. Le prochain débat se tiendra le 15 octobre.

Face à l'âpre bataille des démocrates, Donald Trump met en garde contre les dangers, selon lui, de leurs politiques «radicales» et se gausse des rumeurs sur les capacités de Joe Biden.

(afp/nxp)

Créé: 14.09.2019, 00h46

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