Jeudi 9 juillet 2020 | Dernière mise à jour 18:10

Diplomatie Le Congrès américain soutient les Ouïghours en Chine

Avec le vote d'une loi en faveur des droits des musulmans ouïghours, les relations sino-américaines risquent de se tendre encore un peu plus.

Trump prépare une nouvelle vente d'armes à l'Arabie saoudite

L'administration du président Donald Trump veut à nouveau vendre des armes à l'Arabie saoudite, un an après un méga-contrat conclu malgré l'opposition du Congrès, a révélé mercredi un influent sénateur américain, qui s'y oppose. «L'administration tente actuellement de vendre des milliers de bombes de précision supplémentaires à l'ami du président, le prince héritier Mohammed ben Salmane», indique l'élu du New Jersey Bob Menendez dans une tribune publiée sur le site de CNN.

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Le Congrès américain a adopté mercredi une proposition de loi pour sanctionner des responsables chinois accusés de «l'internement de masse» des musulmans ouïghours. Ce vote intervient dans un climat explosif: l'administration de Donald Trump vient de conclure formellement que Hong Kong ne jouit plus de l'autonomie promise par la Chine, ce qui ouvre la voie à une remise en cause des avantages commerciaux accordés par les États-Unis à l'ex-colonie britannique.

La Chambre des représentants a voté le texte en faveur des droits des Ouïghours à l'écrasante majorité de 413 voix pour et seulement une contre. Le Sénat l'avait déjà approuvé à l'unanimité mi-mai. Reste à savoir si Donald Trump promulguera la loi dans la foulée. «Nous regardons ça de très près», avait seulement répondu mardi le président des États-Unis, laissant planer le suspense.

Il peut théoriquement y opposer son veto, mais le Congrès pourrait réunir la majorité qualifiée pour passer outre, tant le sujet dépasse, une fois n'est pas coutume, les clivages partisans à Washington. S'il signe le texte, la colère de la Chine est assurée. En décembre, lors d'un premier vote, elle avait promis d'en faire «payer le prix» aux États-Unis.

Interdictions de visa

La proposition de loi reprend des accusations déjà émises par l'administration Trump comme par d'autres pays occidentaux et les organisations internationales de défense des droits humains. À savoir que le gouvernement chinois a perpétré «des violations graves des droits humains» dans la province du Xinjiang, dans le nord-ouest du pays, en instaurant «la surveillance et l'internement de masse de plus d'un million de Ouïghours et membres des ethnies kazakhe ou kirghize ou d'autres minorités musulmanes».

«Les personnes détenues dans les camps d'internement» ont «décrit un endoctrinement politique forcé, torture, violences, privation de nourriture et négation des libertés religieuse, culturelle et linguistique», affirment les élus américains.

Ils demandent au gouvernement des États-Unis de désigner dans les 180 jours les responsables au sein des autorités chinoises, et de leur imposer des sanctions financières et des interdictions de visa. La Chine nie toute atteinte aux droits et tout internement dans cette région et évoque des «centres de formation professionnelle», destinés à éloigner la population de la tentation de l'islamisme et du terrorisme.

Hong Kong, autre front

Souvent silencieuse sur la question des droits humains dans le monde, l'administration Trump s'est en revanche rapidement saisie du sort des Ouïghours, au nom de la liberté de religion dont elle a fait sa priorité en la matière. Dénonçant «l'horrible campagne de répression», elle a multiplié les réquisitoires implacables contre la Chine, qu'elle considère comme son principal rival stratégique sur le long terme. Et elle a déjà annoncé des sanctions, toutefois limitées, contre certaines entités chinoises.

Mais le Congrès, réputé pour sa ligne dure à l'égard du géant asiatique, réclame des mesures punitives plus fermes pour ce qu'une commission parlementaire américaine a qualifié de «crimes contre l'humanité».

Le secrétaire d'État Mike Pompeo a officiellement conclu mercredi que Hong Kong ne jouit plus de l'autonomie promise par les autorités chinoises, en riposte à une loi sur la sécurité très controversée que le Parlement chinois veut imposer à l'ex-colonie britannique. Là aussi, des sénateurs américains appellent à aller plus loin et veulent adopter leurs propres sanctions contre des responsables chinois.

La Chine refuse une réunion à l'ONU

Les États-Unis ont demandé mercredi une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU sur une loi sécuritaire controversée voulue par Pékin pour Hong Kong, mais la Chine a refusé qu'elle se tienne, selon des diplomates.

«Les États-Unis sont profondément préoccupés par les actions du Parlement chinois qui sapent fondamentalement le haut degré d'autonomie et les libertés découlant de la Déclaration sino-britannique de 1984 enregistrée comme un traité par l'ONU», a souligné dans un communiqué la mission américaine auprès des Nations unies. «Il s'agit d'un problème mondial urgent qui a des implications pour la paix et la sécurité internationales», ajoute ce communiqué, indiquant que les États-Unis ont demandé en conséquence une visioconférence du Conseil de sécurité.

Mais «la Chine a refusé que cette réunion virtuelle se tienne», a précisé la mission américaine, critiquant un manque de «transparence et de responsabilité internationale pour ses actions». Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat auprès de la mission chinoise auprès de l'ONU. (ats/nxp)

Créé: 28.05.2020, 02h27

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