Lundi 6 avril 2020 | Dernière mise à jour 14:02

Genève Coronavirus en Chine: réunion de l'OMS prolongée

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) pourrait décréter une «urgence de santé publique de portée internationale» en réponse à l'irruption du nouveau coronavirus en Chine.

Trains et avions suspendus à Wuhan

Les autorités chinoises vont suspendre jeudi les trains et avions au départ de Wuhan, la ville où est apparu un nouveau virus mortel ressemblant au SRAS, dont les habitants ne pourront sortir sans une raison particulière, ont annoncé les médias d'Etat.

La décision, qui prendra effet à 10h (03h en Suisse), vise à «contenir efficacement le rythme de la propagation de l'épidémie» et protéger les vies, a expliqué le centre de commandemement mis en place contre le virus à Wuhan, selon la chaîne de télévision publique CCTV.

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Le directeur de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé mercredi ne pas vouloir décider dans l'immédiat si le nouveau virus chinois constituait une urgence internationale, prolongeant d'un jour les discussions du comité d'urgence.

«La décision de déclarer ou non une urgence de santé publique de portée internationale est une décision que je prends très au sérieux et que je ne suis prêt à prendre qu'en tenant dûment compte des preuves disponibles», a déclaré à la presse le directeur de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus à Genève où était réuni le comité d'urgence. Les experts n'étant pas parvenus à se mettre d'accord sur la question, le directeur de l'OMS a décidé de poursuivre la réunion jeudi à 11H00 GMT (12h00 en Suisse).

A Washington, un porte-parole du Département d'État a souligné les «signes encourageants qui montrent que le gouvernement chinois a compris la gravité de ce problème». Tedros Adhanom Ghebreyesus a salué les mesures «très, très fortes» prises par la Chine, estimant qu'elles allaient «diminuer» les risques de propagation hors de ses frontières.

Le nouveau coronavirus apparu en Chine a fait à ce jour 17 morts et contaminé des centaines de personnes, selon un dernier bilan dont l'annonce mercredi relance les craintes de propagation. Un précédent bilan faisait état de 9 morts.

Le nombre total de personnes contaminées s'élève à 444 dans la province de Hubei, épicentre de l'épidémie, ont précisé des responsables de cette province du centre de la Chine au cours d'une conférence presse télévisée.

Cas en dehors de Chine

Le virus de la famille du Sras, apparu le mois dernier dans la ville de Wuhan, a gagné plusieurs pays d'Asie et même les États-Unis, où un premier cas a été recensé.

Hong Kong a signalé mercredi son premier cas suspect, un homme de 39 ans arrivé en train de Wuhan. Mais le résultat définif des tests médicaux ne sera connu que jeudi. Le président chinois Xi Jinping a assuré par téléphone à son homologue français Emmanuel Macron que la Chine avait adopté «des mesures de prévention et de contrôle strictes», selon des propos rapportés par l'agence Chine nouvelle.

«La Chine est disposée à travailler avec la communauté internationale pour répondre efficacement à l'épidémie et maintenir la sécurité sanitaire dans le monde», a-t-il promis.

Lors d'une conférence de presse à Pékin, le vice-ministre de la commission nationale de la Santé, Li Bin, a souligné que le virus, qui se transmet par les voies respiratoires, «pourrait muter et se propager plus facilement».

Des centaines de millions de Chinois voyagent à travers le pays pour se retrouver en famille à l'occasion des congés du Nouvel an lunaire, qui débutent vendredi. Après avoir largement semblé ignorer l'épidémie apparue le mois dernier, les Chinois paraissaient prendre conscience du risque dans les grandes villes du pays, où beaucoup d'habitants revêtaient des masques respiratoires.

Masque obligatoire à Wuhan

A Wuhan, les autorités ont rendu le port du masque obligatoire dans les lieux publics, selon «Le Quotidien du peuple». Dans une pharmacie de Pékin, une employée était obligée d'expliquer aux clients qu'elle n'avait plus de masques ni de produits désinfectants à vendre.

Le ministère chinois de l'Industrie a annoncé faire tout son possible pour en augmenter la production, selon l'agence Chine Nouvelle.

Près de la moitié des provinces du pays sont touchées, y compris des mégapoles comme Shanghai et Pékin. Relayant un appel du président Xi Jinping à «enrayer» l'épidémie, Li Bin a annoncé des mesures de prévention telles que ventilation et désinfection dans les aéroports, les gares et les centres commerciaux. Des détecteurs de température corporelle pourront également être installés dans les sites très fréquentés, a-t-il annoncé.

Ventilation, désinfection

Des matches de qualification au tournoi féminin de football des JO de Tokyo-2020, initialement programmés en février à Wuhan, ont été délocalisés dans l'est du pays, a annoncé la Confédération asiatique de football (AFC).

Nombre de pays ayant des liaisons aériennes directes ou indirectes avec Wuhan, la ville à l'épicentre de la maladie, ont renforcé les contrôles des passagers à l'arrivée, puisant dans leur expérience de l'épidémie du Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2002-2003.

Des contrôles ont été mis en oeuvre dans cinq aéroports des États-Unis, ainsi qu'au Royaume-Uni et en Italie où arrivent des vols en provenance de Wuhan. Après le Japon, la Corée du Sud, la Thaïlande et Taïwan, les États-Unis ont annoncé mardi un premier cas de maladie.

Il s'agit d'un homme d'une trentaine d'années, originaire de Wuhan et résidant près de Seattle, dans le nord-ouest des États-Unis. Arrivé le 15 janvier sans fièvre à l'aéroport de Seattle, il a lui-même contacté dimanche les services de santé locaux après avoir constaté des symptômes.

Des soupçons

L'OMS n'a jusqu'ici utilisé le terme d'urgence internationale que pour de rares cas d'épidémies nécessitant une réaction mondiale vigoureuse, dont la grippe porcine H1N1 en 2009, le virus Zika en 2016 et la fièvre Ebola, qui a ravagé une partie de l'Afrique de l'Ouest de 2014 à 2016 et la RDC depuis 2018.

Le virus a été repéré en décembre à Wuhan, mégapole de 11 millions d'habitants, dans un marché de gros de fruits de mer et de poissons. On ignore encore son origine exacte ou la période d'incubation. Des ventes illégales d'animaux sauvages avaient lieu dans ce marché, a déclaré le directeur du Centre national de contrôle et de prévention des maladies, Gao Fu, sans pouvoir affirmer avec certitude si du gibier était à l'origine de l'épidémie.

La souche incriminée est un nouveau type de coronavirus, une famille comptant un grand nombre de virus. Ils peuvent provoquer des maladies bénignes chez l'homme (comme un rhume) mais aussi d'autres plus graves comme le Sras. L'OMS avait à l'époque vivement critiqué Pékin pour avoir tardé à donner l'alerte et tenté de dissimuler l'ampleur de l'épidémie. (afp/nxp)

Créé: 22.01.2020, 10h13

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