Samedi 30 mai 2020 | Dernière mise à jour 20:51

Sri Lanka Craintes d'un «bain de sang» après des tensions

Le chef de gouvernement Ranil Wickremesinghe s'oppose à sa destitution et refuse de quitter sa résidence officielle à Colombo.

L'ex-homme fort de l'île, Mahinda Rajapakse, essaie de revenir au pouvoir.

L'ex-homme fort de l'île, Mahinda Rajapakse, essaie de revenir au pouvoir. Image: Keystone

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La crise politique au Sri Lanka est susceptible de dégénérer en «bain de sang». Le Parlement n'a pas été consulté dans la confrontation au sommet de l'État, s'est inquiété lundi le président de cette assemblée après le limogeage contesté du Premier ministre.

Le président Maithripala Sirisena a démis vendredi de ses fonctions le chef de gouvernement Ranil Wickremesinghe, à la surprise générale, et nommé à sa place l'ex-homme fort de l'île, Mahinda Rajapakse. Ce dernier avait dirigé le Sri Lanka d'une poigne de fer entre 2005 et 2015 et mis un terme à la guerre civile avec la rébellion tamoule au prix d'une brutale offensive.

Limogeage «illégal»

Dénonçant son renvoi comme inconstitutionnel, Ranil Wickremesinghe se maintient cependant au pouvoir et refuse de quitter sa résidence officielle à Colombo, malgré les menaces d'en être évacué manu militari. Il réclame une session d'urgence du Parlement pour prouver qu'il y détient toujours la majorité. Mais le président a suspendu l'assemblée jusqu'au 16 novembre.

«Je suis toujours le Premier ministre qui commande la majorité», a réaffirmé lundi M. Wickremesinghe devant la presse, dénonçant la «vacance» du pouvoir entraînée par cette crise. Le chef de gouvernement limogé n'est pas sorti de son domicile de fonction depuis vendredi, entouré d'un millier de partisans et de moines chantant des hymnes bouddhistes.

Le camp de Ranil Wickremesinghe est le premier au Parlement avec 107 sièges sur 225, quand celui de MM. Sirisena et Rajapkse n'en compte en cumulé que 96. Il leur faudrait, pour gouverner, obtenir la défection de parlementaires du côté du Premier ministre démis.

Rajapakse au travail

Mahinda Rajapakse a prêté serment devant le président et s'est attelé à la composition de son gouvernement. Des partisans de ce proche de Pékin ont été nommés dimanche à la tête des deux chaînes de télévision publiques et d'un journal.

Dans un communiqué lundi, M. Rajapakse a accusé son rival de «vendre des biens et entreprises précieux de l'État à des sociétés étrangères», ajoutant: «j'étais conscient qu'en cette époque de péril national, le peuple attendait notre direction et notre protection».

Il affiche comme priorité la convocation «dès que possible» d'élections législatives, normalement pas prévues avant août 2020.

«Nous devrions résoudre (cette crise) à travers le Parlement, mais si nous la portons dans la rue, il y aura un énorme bain de sang», a déclaré à des journalistes le président du Parlement Karu Jayasuriya après une visite au haut clergé bouddhiste à Kandy (centre).

Washington a appelé dimanche M. Sirisena à «reconvoquer immédiatement le Parlement». Puissance régionale et influent voisin, l'Inde pousse également en ce sens, selon des sources diplomatiques indiennes contactées par l'AFP.

Ministre arrêté

Les confrontations ont fait un mort dimanche, un homme de 34 ans tué par balles lorsque qu'un garde du corps du ministre du Pétrole, soutien de M. Wickremesinghe, a tiré sur une foule hostile tentant de prendre le responsable en otage. Accusé d'avoir ordonné à son service de protection d'ouvrir le feu, le ministre Arjuna Ranatunga a été arrêté lundi.

A Colombo, la tension régnait. Les congés ont été annulés dans la police. Plusieurs législateurs proches de M. Wickremesinghe ont menacé de troubles dans les rues si le Parlement n'était pas réuni derechef. (ats/nxp)

Créé: 29.10.2018, 14h42

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