Lundi 6 avril 2020 | Dernière mise à jour 14:02

Présidentielle L'Algérie vote sous tension

Le scrutin devant élire le successeur du président déchu Abdelaziz Bouteflika en Algérie, massivement rejeté par le peuple, s'est ouvert ce jeudi matin.

Galerie photo

L'Algérie a un nouveau président

L'Algérie a un nouveau président Les Algériens ont élu Abdelmadjid Tebboune comme successeur à Bouteflika. Mais le scrutin est contesté dans la rue.

Deux centres saccagés en Kabylie

Deux centres de vote ont été saccagés jeudi à Béjaïa, grande ville de la région algérienne frondeuse de Kabylie (nord), par des opposants à l'élection présidentielle qui a débuté dans la matinée, ont rapporté des habitants.

Ces opposants au scrutin, perçu par le mouvement de contestation qui agite l'Algérie depuis février comme une manoeuvre du régime pour se régénérer, «ont saccagé des urnes et détruit une partie des listes électorales», ont rapporté des témoins.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Après pratiquement dix mois d'une contestation populaire massive ayant emporté le président Abdelaziz Bouteflika, les Algériens votent jeudi pour élire son successeur.

Cette élection présidentielle est toutefois perçue comme une manoeuvre de survie du régime.

Les quelque 61'000 bureaux ont ouvert comme prévu à 8h (locales et suisses) à travers le pays, selon l'agence de presse officielle APS. À Bab el Oued, une centaine d'électeurs, dont de nombreux jeunes, se pressait déjà, contre toute attente, devant le principal bureau de vote de ce quartier populaire d'Alger, a constaté l'AFP.

Le «Hirak», mouvement antirégime né le 22 février qui a obtenu la démission de M. Bouteflika en avril, n'a montré aucun signe d'essoufflement. Il reste farouchement opposé à ce scrutin que le pouvoir, aux mains de l'armée, veut organiser coûte que coûte, malgré un contexte tendu.

«Mascarade électorale»

Le mouvement dénonce une «mascarade électorale», exige plus que jamais la fin du «système» au pouvoir depuis l'indépendance en 1962 et le départ de tous ceux qui ont soutenu ou participé aux vingt ans de présidence de Abdelaziz Bouteflika. Les cinq candidats sont tous considérés par la contestation comme des enfants de ce «système».

Vendredi, la dernière manifestation hebdomadaire avant l'élection a rassemblé une foule monstre, montrant l'étendue du rejet. Et, à moins de 24 heures du scrutin, des milliers de manifestants ont encore affiché mercredi leur détermination à Alger aux cris de «Pas de vote!» Ils ont forcé un important dispositif de police qui n'a pu les disperser qu'en chargeant violemment.

Les bureaux de vote doivent fermer à 19h, mais aucun chiffre ne devrait être disponible immédiatement. Lors des précédents scrutins, le taux de participation avait été annoncé tard dans la soirée, et les résultats le lendemain. En fonction du résultat, un second tour pourrait avoir lieu dans les prochaines semaines.

Bureaux quasi vides

Faute de sondages en Algérie, il est difficile de prévoir quelle part des 24 millions d'électeurs iront voter, dans un pays où la participation était ces dernières années traditionnellement faible. Mais la plupart des observateurs s'attendent à une très forte abstention, alors que le pouvoir répète que la participation sera «massive».

Les bureaux de vote des consulats algériens de l'étranger, où le scrutin a commencé samedi, ont donné une indication: des bureaux quasi vides, devant lesquels des manifestants conspuent les rares citoyens venus voter.

«Aucun des cinq candidats ne peut espérer être considéré comme légitime» par les contestataires et «le vote sera boycotté à une large échelle», prévoit Anthony Skinner, directeur Moyen-Orient et Afrique du Nord de la société d'analyses de risques Verisk Maplecroft.

Appel au calme

Mercredi, des personnalités proches du «Hirak» ont rappelé le contexte de «vives tensions» autour du scrutin et lancé un appel au calme. Dans un texte, ils ont appelé les autorités «à renoncer aux discours provocateurs, à l'usage du langage de la menace et à cesser d'accuser de trahison tout citoyen porteur d'opinion contraire à celle du pouvoir». Ils ont rendu ce dernier «responsable de tout dérapage éventuel dans les jours à venir».

Ces personnalités ont aussi exhorté les contestataires à «demeurer pacifiques» en refusant de «répondre aux provocations» et en veillant à «ne pas empêcher l'exercice par d'autres citoyens de leur droit à s'exprimer librement».

Contre le «système»

La campagne électorale a été compliquée pour les cinq candidats (Abdelaziz Belaïd, Ali Benflis, Abdelkader Bengrina, Azzedine Mihoubi et Abdelmajid Tebboune), qui ont été régulièrement accueillis par des manifestants hostiles et ont peiné à remplir les salles.

Le «Hirak» les accuse de cautionner le «système» en se présentant, et relève leur passé au sein de l'appareil Bouteflika. Tous ont soutenu cette présidence, voire y ont participé: MM. Tebboune et Benflis furent premiers ministres et M. Mihoubi ministre. (ats/nxp)

Créé: 12.12.2019, 08h39

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.