Jeudi 5 décembre 2019 | Dernière mise à jour 20:39

États-Unis Pour les démocrates, Trump a fait pire que Nixon

Une première série d'auditions publiques s'est conclue jeudi au Congrès dans l'enquête en destitution contre Donald Trump.

Destitution de Trump en marche.

Destitution: l'enquête contre Trump

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«Au-delà» du Watergate: l'élu démocrate en charge de l'enquête en destitution contre Donald Trump a conclu jeudi une série d'auditions publiques en assurant que les faits reprochés au locataire de la Maison Blanche étaient «bien plus graves» que ceux commis par l'ancien président Richard Nixon.

Au cours des huit derniers jours, douze témoins entendus au Congrès ont livré de nombreux éléments à charge pour le président américain, sans ébranler - du moins en apparence - les élus républicains.

A l'issue de ce marathon, Adam Schiff a fait monter la pression sur Donald Trump en le comparant au seul président de l'histoire des États-Unis à avoir démissionné, en 1974, pour s'éviter une destitution certaine. «Ce que nous avons ici (...) va bien au-delà de ce que Nixon a fait», a-t-il lancé en référence au scandale d'espionnage politique dit du Watergate.

«Ce que nous avons ici est bien plus grave qu'un cambriolage de troisième rang d'un QG de campagne démocrate, nous parlons (...) du gel d'une aide militaire à un allié en guerre: cela va bien au-delà de ce que Nixon a fait», a lancé Adam Schiff en clôturant une série d'auditions marathon au Congrès.

Quarante-cinq ans plus tard, Donald Trump est à son tour menacé par une enquête en destitution parce qu'il a demandé à l'Ukraine d'enquêter sur le démocrate Joe Biden, qui pourrait être son adversaire lors de la présidentielle de 2020. Les démocrates accusent le président républicain d'avoir abusé de sa fonction pour faire pression sur Kiev, notamment en gelant une aide militaire de près de 400 millions de dollars votée par le Congrès.

Donald Trump nie toute pression, assure que son appel était «parfait» et se dit victime d'une «chasse aux sorcières» sans précédent. Aucun autre témoin n'est programmé à cette heure et il est probable que la Chambre des représentants, aux mains des démocrates, passe rapidement au vote sur une mise en accusation («impeachment») du président. Il restera ensuite au Sénat, contrôlé par les républicains, de le juger.

Hogan Gidley, porte-parole de la Maison Blanche a appelé jeudi à mettre fin «à ces audiences bidons illégitimes». Si elles se poursuivent, «le président Trump veut avoir un procès au Sénat, parce que c'est clairement la seule chambre où il peut s'attendre à l'équité et au respect scrupuleux de la loi en vertu de la Constitution», a-t-il précisé.

«Mal tourné»

Les témoins qui se sont succédé à la Chambre des représentants n'ont pas été épargnés par l'aigreur des débats. Vendredi dernier, le président a décoché des flèches contre l'ex-ambassadrice à Kiev, Marie Yovanovitch, au moment même où elle témoignait. Partout où elle «est passée, les choses ont mal tourné», comme «en Somalie», a-t-il tweeté.

Avec plus ou moins de force ou de prudence, les diplomates, hauts responsables ou conseillers auditionnés ont résisté à ces attaques et dressé par petites touches un tableau accablant pour le président. Ils ont d'abord décrit comment il avait écarté sans raison Marie Yovanovitch et imposé en mai son avocat personnel Rudy Giuliani aux diplomates en charge du dossier ukrainien.

Cela faisait des mois que l'ancien maire de New York multipliait les contacts à Kiev et les interviews télévisées pour réclamer une enquête sur Joe Biden et les affaires de son fils Hunter en Ukraine. Une fois Rudy Giuliani à la manoeuvre, un «donnant-donnant» a été proposé aux Ukrainiens, a déclaré mercredi l'ambassadeur auprès de l'Union européenne Gordon Sondland: si leur président voulait être invité à la Maison Blanche, il devait annoncer publiquement des enquêtes sur «Burisma», le groupe gazier qui a longtemps employé Hunter Biden.

Gordon Sondland, un riche homme d'affaires et donateur républicain, a ajouté «avoir acquis la conviction» que l'aide militaire avait également servi de levier. Il a toutefois reconnu que le président Trump, avec qui il discutait régulièrement, ne lui en avait «jamais» parlé «directement». Les républicains se sont emparés de cette déclaration pour dénoncer un dossier «sans preuve matérielle».

«Fiction russe»

Entendue en dernier, une conseillère de la Maison Blanche a indirectement critiqué jeudi le président qui, outre Joe Biden, a demandé à l'Ukraine d'enquêter sur une prétendue ingérence ukrainienne dans l'élection présidentielle de 2016 au profit des démocrates. «C'est une fiction qui a été créée et propagée par les services de sécurité russes», a souligné Fiona Hill, haute responsable au sein du Conseil de sécurité nationale.

«S'il vous plaît, ne propagez pas pour des raisons politiques des mensonges qui servent clairement les intérêts russes», a-t-elle lancé aux élus, en leur rappelant que les services de renseignement américains avaient conclu que Moscou s'était ingéré dans la campagne de 2016, et non l'Ukraine. (afp/nxp)

Créé: 21.11.2019, 21h08

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