Lundi 17 juin 2019 | Dernière mise à jour 15:59

Travail des enfants Deux ONG fustigent LafargeHolcim

Pain pour le Prochain et Action de Carême estiment que le groupe franco-suisse «abandonne ses victimes» et lui demandent de prendre ses responsabilités concernant le travail des enfants.

Une enquête avait révélé qu'environ 150 enfants ont oeuvré jusqu'en septembre 2016 dans des carrières en Ouganda qui fournissaient à la filiale de LafargeHolcim de la pouzzolane.

Une enquête avait révélé qu'environ 150 enfants ont oeuvré jusqu'en septembre 2016 dans des carrières en Ouganda qui fournissaient à la filiale de LafargeHolcim de la pouzzolane.

Chiffre d'affaires en hausse

LafargeHolcim a étoffé ses ventes au premier trimestre 2018, malgré une rentabilité en repli. Le géant zurichois, premier cimentier mondial, a généré un chiffre d'affaires en progrès de 3,1% sur un an à 5,83 milliards de francs.

Les ventes ont été portées par l'augmentation des volumes de ciment au 1er trimestre, et s'entendent sur une base comparable. «La poursuite de la croissance du chiffre d'affaires est encourageante et confirme les perspectives favorables dont bénéficient nos activités», estime mardi le directeur de LafargeHolcim, Jan Jenisch, cité dans un communiqué.

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Deux ans après la découverte de travail des enfants en Ouganda, LafargeHolcim n'a encore rien fait pour aider les victimes, ont déploré mardi les oeuvres d'entraide, en marge de l'assemblée générale du groupe franco-suisse à Dübendorf (ZH). Une enquête avait révélé qu'environ 150 enfants ont oeuvré jusqu'en septembre 2016 dans des carrières qui fournissaient à la filiale de la pouzzolane, une roche volcanique destinée à la fabrication de ciment.

Beaucoup d'entre eux ont abandonné l'école. Et la plupart des enfants ont signalé avoir subi des blessures au niveau des jambes, des mains et des pieds. Ils ont également indiqué que leur activité dans les carrières a eu un impact négatif sur leur santé et leur développement physique.

En janvier 2017, la filiale incriminée, Hima cement limited, a annoncé qu'elle n'achèterait plus qu'auprès de carrières mécanisées employant de la main-d'oeuvre adulte. Mais elle a nié avoir eu recours au travail des enfants dans sa chaîne d'approvisionnement. Tout comme l'a toujours fait LafargeHolcim.

La filiale ougandaise du groupe appartenait au français Lafarge avant qu'il fusionne avec le Saint-Gallois Holcim en 2015. En janvier 2017, LafargeHolcim a également mené une enquête interne qui a conclu qu'il n'y avait aucune trace indiquant que des enfants aient oeuvré pour Hima cement limited ou un de ses fournisseurs.

De nouvelles accusations

Les organisations non gouvernementales (ONG) déplorent que ce rapport n'ait jamais été rendu public. Action de carême et Pain pour le prochain exigent du cimentier qu'il collabore avec ses fournisseurs pour mettre en oeuvre des programmes qui permettent aux enfants qui travaillent dans les mines de retourner à l'école ou de recevoir une formation professionnelle, afin de générer une autre source de revenus.

Les oeuvres d'entraide ont aussi dévoilé de nouvelles vidéos où des enfants déclarent à nouveau travailler pour Hima cement limited et que LafargeHolcim n'a rien fait pour les aider. Elles déplorent que les anciens enfants mineurs se trouvent sans aide, ni perspectives professionnelles.

Les ONG estiment que les mesures volontaires - non contraignantes - à l'encontre des multinationales ne suffisent pas pour qu'elles prennent leurs responsabilités. Selon elles, le devoir de diligence des entreprises doit être réglementé par la loi.

Critiques rejetées

Interrogé par l'ats, LafargeHolcim a démenti avoir fait appel à nouveau au travail des enfants. Face à la critique de ne pas prendre ses responsabilités, le groupe rappelle qu'il a financé l'installation de sanitaires dans 50 ménages, via le programme SOS villages d'enfants. Cent nouveaux ménages seront équipés prochainement.

LafargeHolcim, qui est mis en cause pour avoir financé des groupes djihadistes en Syrie - dont le groupe État islamique (EI) -, a adopté de nouvelles mesures avec l'arrivée de son nouveau patron Jan Jenish. Un programme pour le respect des droits humains sera introduit dans tous les pays où le groupe est présent d'ici à 2020. (ats/nxp)

Créé: 08.05.2018, 08h41

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