Jeudi 22 août 2019 | Dernière mise à jour 14:03

Niger 28 soldats tués près de la frontière malienne

Vingt-huit militaires nigériens sont morts mardi dans une attaque survenue dans la région de Tillabéri.

(Image d'illustration) Les militaires sont tombés dans une embuscade tendue par des hommes armés.

(Image d'illustration) Les militaires sont tombés dans une embuscade tendue par des hommes armés. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Vingt-huit soldats nigériens ont été tués mardi près de la frontière malienne dans la région de Tillabéri (ouest du Niger), près du village de Tongo Tongo où quatre soldats américains et cinq militaires nigériens étaient tombés dans une embuscade en 2017.

«Le 14 mai vers 08H00 locales (07H00 GMT) dans la zone nord de Mangaïzé (région de Tillabéri), une colonne militaire de Forces armées nigériennes (FAN) en mouvement a été prise à partie par des terroristes lourdement armés dans une attaque complexe à base d'engin explosifs improvisés. Le bilan s'établit comme suit, côté ami: dix-sept tués, six blessés, onze portés disparus, deux véhicules calcinés», selon un communiqué du ministère nigérien de la Défense lu à la radio mercredi soir.

Dans la soirée, une source sécuritaire a affirmé à l'AFP: «Nous avons la confirmation que les corps sans vie des onze soldats portés disparus ont été retrouvés, ce qui porte le bilan à 28 morts».

Renforts

«Des renforts ont été déployées dans le secteur pour poursuivre et neutraliser les assaillants qui se sont exfiltrés vers le Nord (frontière malienne, ndlr). Des opérations de ratissage se poursuivent dans la zone avec l'appui des partenaires», conclut le texte du comuniqué de la Défense.

La France, très active dans la région dans le cadre de l'opération anti-jihadiste Barkhane, a indiqué ne pas «avoir été associée» aux opérations. Les Etats-Unis disposent également d'une base au Niger.

Auparavant, une source sécuritaire avait indiqué que «l'embuscade» était l'oeuvre d'un «groupe terroriste composé de centaines d'hommes lourdement armés venus du Nord», situant l'attaque en soirée et non dans la matinée. «Un véhicule (des militaires nigériens) a d'abord sauté sur un engin explosif, et puis une fusillade s'est déclenchée», selon une autre source sécuritaire. «La patrouille traquait les terroristes qui ont attaqué lundi la prison de haute sécurité de Koutoukalé», à 50 km au nord de Niamey, et ont tué un soldat nigérien, selon cette même source.

Selon le site nigérien Actuniger, qui fait état d'un bilan de 29 tués, une patrouille constituée de 52 soldats nigériens «est tombée dans une embuscade d'individus lourdement armés mardi à Baley Beri, près de Tongo Tongo» et «les combats d'une rare violence» ont «duré plus de deux heures». «Vingt-deux soldats ont pu rejoindre la base de Ouallam à bord de trois véhicules», indique le site sur la base de «sources locales et sécuritaires».

L'attaque de 2017 revendiquée par l'Etat islamique

Le gouvernement a décrété un deuil national de trois jours à compter de jeudi, selon un communiqué lu à la télévision.

Le 4 octobre 2017, quatre soldats américains et cinq militaires nigériens avaient été tués par des djihadistes venus à bord d'une dizaine de véhicules et d'une vingtaine de motos à hauteur de Tongo Tongo, situé à environ 80 km au nord-ouest de Ouallam (une centaine de km de Niamey) et à une vingtaine de km de la frontière avec le Mali.

Le Pentagone avait expliqué que le but de l'opération américano-nigérienne était de capturer un chef djihadiste, , Doundoun Cheffou, soupçonné d'être impliqué dans l'enlèvement de l'humanitaire américain Jeffery Woodke.

L'attaque contre les soldats américains et nigériens avait été revendiquée par l'«Etat islamique dans le Grand Sahara» (EIGS). Depuis 2018, l'ONU s'inquiète de la persistance de l'insécurité dans la région de Tillabéri, théâtre de nombreuses incursions de groupes djihadistes et de violences intercommunautaires.

Menace constante

L'armée nigérienne s'est déployée massivement fin 2018 dans la région pour chasser les combattants islamistes venus du Mali et du Burkina Faso. Lundi, les forces de sécurité avaient perdu un homme en repoussant une «attaque terroriste contre la prison de haute sécurité de Koutoukalé», l'établissement pénitentiaire le mieux gardé du Niger, où sont détenus de nombreux djihadistes . Les assaillants, qui avaient notamment utilisé une voiture de Médecins sans frontières (MSF) volée dans un camp de réfugiés à la frontière malienne, avaient fui vers cette même frontière du Nord.

Pays pauvre du Sahel, le Niger vit en permanence sous la menace d'attaques des groupes djihadistes sahéliens dans l'Ouest et le Nord ainsi que de celles de Boko Haram dans le Sud-Est. Les forces de sécurité sont perpétuellement sur le qui-vive. (afp/nxp)

Créé: 15.05.2019, 16h55

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.