Dimanche 22 avril 2018 | Dernière mise à jour 21:50

Irak Prison à perpétuité pour une djihadiste française

Une femme de 29 ans a écopé de la prison à vie pour son appartenance au groupe Etat islamique.

Djamila B. a affirmé devant la cour que son mari l'avait dupée.

Djamila B. a affirmé devant la cour que son mari l'avait dupée. Image: AFP

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La djihadiste française Djamila B. a été condamnée mardi à la prison à perpétuité pour appartenance au groupe Etat islamique (EI) par la Cour pénale centrale de Bagdad devant laquelle elle a plaidé avoir été dupée par son mari.

«Quand je l'ai épousé, il était chanteur de rap, c'est en arrivant en Turquie que j'ai découvert que mon mari était un djihadiste, », a affirmé en arabe cette Française d'origine algérienne de 29 ans à la cour.

Une fois en Turquie, «où nous devions seulement passer une semaine de vacances», «mon mari a été contacté par un homme nommé al-Qourtoubi», a-t-elle encore raconté. «Je les entendus parler de départ vers la Syrie et l'Irak», a-t-elle dit et aussitôt, ils «m'ont enfermée dans une cave avec mes enfants» Abdallah et Khadija, a-t-elle encore raconté. «Mon mari m'avait dit 'je ne veux plus t'entendre' et il m'a forcé à rester dans cette cave».

«Avant sa mort, je pesais 122 kilos»

Abdallah, dont elle n'a pas donné l'âge, a ensuite «été tué dans un bombardement», au cours de la longue et meurtrière contre-offensive des forces irakiennes pour repousser les djihadistes après leur percée fulgurante de 2014, a-t-elle dit. «Avant sa mort, je pesais 122 kilos, aujourd'hui, à cause de ma tristesse, je n'en pèse plus que 47».

Avant de commencer à l'interroger, le juge a demandé à la jeune femme qui s'est présentée en arabe comme «mère au foyer née en 1989» si elle était assistée d'un avocat.

Il plaide pour la clémence

Brandissant une lettre qu'elle a présentée comme celle «d'un avocat français nommé Martin Pradel transmise par (sa) mère», la jeune femme a indiqué ne pas savoir si son défenseur avait pu faire le déplacement.

A trois reprises, les huissiers de la cour ont appelé l'avocat français par son nom. Faute de réponse, le juge a assigné un avocat commis d'office qui a plaidé pour la clémence, arguant que Djamila B. avait été forcée par son mari de rejoindre l'EI.

A la question du juge: «As-tu rejoint l'EI avec ton mari Mohammed N. et tes deux enfants?», la jeune femme qui a comparu dans un box grillagé en bois vêtue d'une tunique rose et d'un foulard marron, a répondu qu'elle l'avait fait contre son gré.

«Obligée» de rejoindre l'EI

«C'est mon mari qui m'a obligée», a-t-elle dit et redit. «Pendant les dix mois que j'ai passés en Irak, je n'ai pas vu mon mari qui passait son temps hors de la maison», a-t-elle poursuivi. «Il a été tué près de Mossoul, alors nos voisins nous ont emmenés à Tal Afar, et là-bas la femme de mon voisin et moi-même nous nous sommes rendues aux peshmergas», les combattants kurdes qui tenaient alors de larges pans du nord de la province de Ninive, où se trouvent Mossoul et Tal Afar.

Là, elle a été retenue dans le camp Tel Keif, avec d'autres femmes et enfants de djihadistes . En pleurs, elle a ajouté: «C'est comme si j'avais passé deux ans en prison: dix mois chez l'EI puis plus d'un an en prison».

Des précédents

Régulièrement, des ressortissantes étrangères sont condamnées à la perpétuité ou à la peine capitale en Irak pour avoir rejoint l'EI.

Lors de la même audience, deux Russes, tenant chacune un nourrisson dans les bras, vêtues d'une veste rose sur une robe noire et coiffées d'un foulard de la même couleur, ont également écopé d'une peine de réclusion à perpétuité.

Depuis une dizaine de jours, au moins huit femmes ont été condamnées à la perpétuité, tandis que huit autres, des Turques et des Azerbaïdjanaises, ont reçu la peine capitale, selon une source judiciaire.

Au cours des derniers mois, plusieurs dizaines de ressortissantes turques ont été condamnées à la peine de mort en vertu de la loi anti-terroriste irakienne. Une Allemande a également été condamnée à la peine capitale.

Autre cas

Dans un verdict tranchant radicalement avec la sévérité habituellement observée, une autre Française, Melina B., 27 ans, avait été condamnée en février à sept mois de prison. Cette clémence s'explique par le fait qu'elle n'était pas jugée au titre de la loi sur le terrorisme, mais sur l'accusation de séjour illégal en Irak.

La loi antiterroriste irakienne permet d'inculper des personnes qui ne sont pas impliquées dans des actions violentes mais sont soupçonnées d'avoir aidé l'EI et prévoit la peine capitale pour appartenance au groupe djihadiste, même pour des non-combattants. Environ 20'000 personnes ont été arrêtées au cours de la contre-offensive irakienne. (ats/nxp)

Créé: 17.04.2018, 12h32


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