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France Accusé de viols, il dénonce un «complot» d'extrême droite

Dix mois après le report de son procès, le maire de Draveil Georges Tron revient mardi devant les assises pour répondre des accusations de viols en réunion.

Georges Tron nie en bloc, s'estimant victime d'un «complot» de ses adversaires d'extrême droite.

Georges Tron nie en bloc, s'estimant victime d'un «complot» de ses adversaires d'extrême droite. Image: AFP

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En décembre 2017, l'affaire devait être jugée sur neuf jours par la cour d'assises de Seine-Saint-Denis. Elle avait été renvoyée au soir du quatrième: d'incident en incident, les débats avaient pris du retard et le président de la cour avait fini par reporter le procès après avoir été désavoué par la défense de Georges Tron.

Le conseil de l'accusé, Eric Dupond-Moretti, avait révélé en pleine audience une conversation privée au cours de laquelle le magistrat avait confié à des avocats qu'il aurait préféré «que ce soit une femme qui préside».

Le procès s'était ouvert quelques semaines après l'onde de choc mondiale née des accusations contre Harry Weinstein, suivie d'une vague de libération de la parole des femmes. Un contexte qui avait accentué la fébrilité des débats, ponctués d'invectives.

L'élu et son ex-adjointe à la Culture Brigitte Gruel, tous les deux âgés de 61 ans, sont accusés de viols et agressions sexuelles par deux anciennes employées de vingt ans leurs cadettes.

Si l'affaire avait mis en lumière la passion de Georges Tron pour la réflexologie plantaire, les accusatrices Virginie Ettel et Eva Loubrieu dénoncent bien plus que des massages de pied impromptus. Cette pratique était selon elles le prélude à des attouchements et des pénétrations digitales entre 2007 et 2010, lors de scènes de triolisme auxquelles elles disent avoir été incapables de s'opposer, tétanisées face à leurs employeurs.

Les deux accusés nient en bloc, Georges Tron s'estimant victime d'un «complot» de ses adversaires d'extrême droite.

Le nouveau procès repartira de zéro mardi, avec une durée sensiblement allongée afin d'entendre cinquante-cinq témoins et huit experts. A l'exception d'un nouveau président, Philippe Coirre, et d'un changement d'avocat sur le banc des parties civiles, les protagonistes seront les mêmes. Y compris l'avocat général Frédéric Bernardo qui avait «surpris» la défense du maire de Draveil en assumant un oeil neuf sur le dossier, alors que le ministère public s'est toujours opposé au renvoi devant les assises de l'élu et de son ex-adjointe.

Sept ans après

La tenue d'un procès avait finalement été décidée en 2014 par la cour d'appel de Paris, à contre-courant du non-lieu prononcé un an plus tôt par des juges d'instruction.

Les débats auront lieu plus de sept ans après le début de l'affaire, qui avait éclaté en mai 2011, peu après l'arrestation à New York de l'ex-patron du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn, accusé de viol par une femme de chambre.

Georges Tron avait démissionné de ses fonctions de secrétaire d'Etat à la Fonction publique (2010-2011), mais pas de la mairie de Draveil (30.000 habitants) à la tête de laquelle il a été réélu en 2014. Ancien député (1993-2010, 2011-2012), il est par ailleurs toujours conseiller départemental de l'Essonne.

A quelques jours du procès, les avocats se sont exprimés a minima auprès de l'AFP, donnant l'impression de calmer le jeu après les passes d'armes de l'an dernier. Virginie Ettel «espère» que ce procès rallongé «va permettre plus de sérénité dans les débats», a commenté son conseil Vincent Ollivier. Le nouvel avocat d'Eva Loubrieu, Loïc Guérin, n'a pas souhaité s'exprimer.

Du côté de la défense, Me Frank Natali répète que Brigitte Gruel «conteste formellement les accusations portées à son encontre et réaffirmera son innocence et défendra son honneur devant les assises».

Avocat de Georges Tron au côté d'Eric Dupond-Moretti, Antoine Vey souligne que le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) - qu'ils avaient saisi - a adressé une mise en demeure à France Télévisions pour avoir diffusé en plein procès un reportage d'Envoyé spécial donnant la parole à Virginie Ettel. Reportage qualifié de «déséquilibré» par le gendarme de l'audiovisuel. «Nous n'entendons donc pas instrumentaliser de la sorte la presse et vicier le processus judiciaire», affirme-t-il.

Le procès doit durer jusqu'au 16 novembre. (afp/nxp)

Créé: 21.10.2018, 10h20

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