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France Emplois fictifs: le trésorier du FN mis en examen

Les juges d'instruction soupçonnent le trésorier du parti géré par Marine Le Pen de complicité de détournements de fonds publics.

Wallerand de Saint Just est ici à droite de Marine Le Pen.

Wallerand de Saint Just est ici à droite de Marine Le Pen. Image: AFP

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Dans le cadre de l'affaire des emplois présumés fictifs de l'ex-FN au Parlement européen, Wallerand de Saint Just, trésorier du Rassemblement national, a confirmé une information du magazine «Challenges»: il a été mis en examen fin octobre pour «complicité de détournements de fonds publics».

Jusque là, il ne faisait pas partie de la quinzaine de personnes déjà poursuivies dans cette enquête. Il avait cependant été placé en garde à vue le 14 septembre 2017. Mais il en était ressorti libre et sans poursuites après une dizaine d'heures d'interrogatoire par les policiers de l'Office anticorruption (Oclciff) à Nanterre.

Il avait reconnu de possibles «erreurs» au regard d'une réglementation européenne «très rigide». Il avait toutefois contesté «toute volonté de captation des fonds publics», selon son audition dont a eu connaissance l'AFP.

Depuis fin 2016, les juges Claire Thépaut et Renaud Van Ruymbeke enquêtent sur un possible «système» organisé «de manière concertée et délibérée» par le parti et sa présidente Marine Le Pen. Celui-ci devait permettre de financer des salaires de ses permanents en détournant les fonds de l'Union européenne destinés à l'emploi d'assistants parlementaires.

Parmi les indices, les enquêteurs ont saisi une lettre cruciale de M. de Saint Just. «Dans les années à venir et dans tous les cas de figure, nous ne nous en sortirons que si nous faisons des économies importantes grâce au Parlement européen», écrivait le trésorier le 16 juin 2014, quelques semaines après la percée du parti au Parlement où il était passé de 3 à 24 députés.

17 députés ciblés

L'enquête cible 17 députés et une quarantaine de collaborateurs parlementaires pour un préjudice évalué par le Parlement européen à 6,8 millions d'euros entre 2009 et 2017.

L'information judiciaire cumule à ce stade une quinzaine de mises en examen connues, pour «abus de confiance», complicité ou recel de ce délit dont le Front national comme personne morale, la présidente Marine Le Pen et son compagnon Louis Aliot.

Les magistrats ont commencé cet automne à alourdir toutes les mises en examen, confortés par une jurisprudence récente de la Cour de cassation qui autorise les poursuites pour «détournements de fonds publics» contre des parlementaires. (ats/nxp)

Créé: 10.01.2019, 15h57

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