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Etats-Unis Epstein: les théories du complot font rage

Alors que l'autopsie de Jeffrey Epstein, retrouvé mort dans sa cellule après un apparent suicide, s'est déroulée dimanche, les spéculations se multiplient.

Jeffrey Epstein a été retrouvé mort dans sa cellule samedi 10 août 2019.
Vidéo: AFP

«Graves irrégularités»

Le ministre américain de la Justice William Barr a indiqué lundi avoir été informé «de graves irrégularités» à la prison fédérale où a été retrouvé mort samedi matin le financier Jeffrey Epstein, apparemment d'un suicide.

M. Barr s'est dit «consterné» et «franchement en colère» en apprenant les carences «pour sécuriser de manière adéquate» cette prison.

Plusieurs médias avaient indiqué dimanche que le financier, parmi les détenus les plus en vue du pays, avait été laissé seul dans sa cellule alors qu'ils étaient censés être deux, et que les rondes prévues toutes les 30 minutes n'avaient pas été respectées.

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Théories du complot, interrogations et spéculations font rage aux Etats-Unis après la mort en prison du riche financier et membre de la jet set Jeffrey Epstein, dans l'attente des résultats de l'autopsie pratiquée dimanche.

Les causes de la mort de ce sexagénaire, incarcéré depuis juillet pour de multiples agressions sexuelles présumées sur mineures, qualifiée samedi d'«apparent suicide» par l'administration pénitentiaire, restent à confirmer.

La médecin légiste en chef de New York Barbara Sampson, a indiqué dimanche soir, après avoir procédé à l'autopsie, avoir besoin de «plus d'informations» avant de pouvoir rendre ses conclusions. Elle n'a donné aucun autre détail. La mort de Jeffrey Epstein dans sa cellule de la prison fédérale de Manhattan, où il a été retrouvé sans vie samedi vers 06H30 du matin, a suscité une forte indignation.

Procédures pas respectées

De nombreuses personnalités politiques ont exigé des explications de l'administration pénitentiaire et du ministère de la Justice. La prison où se trouvait Epstein, le Metropolitan Correctional Center, est réputée l'une des plus sûres du pays. C'est là que fut enfermé jusqu'en juillet le narcotrafiquant mexicain Joaquin Guzman «El Chapo», auteur de deux évasions spectaculaires au Mexique.

Le ministre américain de la Justice William Barr s'est dit lui-même dès samedi effaré, et a annoncé l'ouverture de deux enquêtes, l'une du FBI, l'autre des services de son ministère, sur les circonstances de la mort du détenu.

Sans attendre leurs résultats, des responsables pénitentiaires anonymes ont indiqué dimanche à certains médias que les procédures prévues pour la surveillance de Jeffrey Epstein n'avaient pas été respectées: des rondes, prévues toutes les 30 minutes, n'avaient pas eu lieu, il était seul dans sa cellule alors que la règle veut qu'ils soient deux. De plus, les gardes en charge de sa surveillance faisaient tous deux des heures supplémentaires. Ces informations sont survenues alors que se propageaient un peu partout des théories du complot, rejetant l'idée d'un suicide.

Longtemps proche des cercles du pouvoir, Jeffrey Epstein, 66 ans, était accusé d'avoir fait venir, pendant plusieurs années, des dizaines de jeunes adolescentes dans ses luxueuses résidences, notamment à New York et en Floride, les forçant à des «massages» qui tournaient presque toujours aux rapports sexuels forcés.

Thèses complotistes

Beaucoup sur les réseaux sociaux, sous le mot-clé «#EpsteinMurder» voulaient croire au meurtre de cet homme qui avait invité de nombreux puissants dans ses jets privés ou à ses soirées - dont Donald Trump, Bill Clinton ou le prince Andrew, fils de la reine Elizabeth II. Certains d'entre eux risquaient de se retrouver, sinon dans le viseur de la justice, au moins dans l'embarras à l'approche de son procès.

Donald Trump a lui-même encouragé les théories les plus folles, en retweetant samedi soir une vidéo publiée par le comédien Terrence Williams, affirmant qu'Epstein «avait des informations sur (l'ex-président) Bill Clinton» et en sous-entendant que cela serait lié à sa mort.

Un retweet dénoncé dimanche par plusieurs candidats démocrates à la présidentielle 2020, dont le Texan Beto O'Rourke et le sénateur du New Jersey Cory Booker. «Ce que (Trump) fait est dangereux: il donne vie non seulement à des théories du complot mais il fait aussi monter la colère et pire contre certaines personnes», a ainsi estimé Cory Booker.

Pour alimenter l'idée d'un complot, beaucoup mettaient en avant les quelque 2000 pages de documents judiciaires rendues publiques vendredi, détaillant les accusations contre Epstein émanant d'une certaine Virginia Giuffre, dans une action intentée au civil. Dans ces documents, elle citait plusieurs hommes politiques avec lesquels elle aurait été forcée par Epstein d'avoir des relations sexuelles. Tous ont démenti.

Surveillance anti-suicide

Beaucoup s'interrogeaient par ailleurs sur les raisons pour lesquelles Jeffrey Epstein ne bénéficiait plus - depuis le 29 juillet, selon plusieurs médias - d'une surveillance renforcée anti-suicide, alors qu'il avait apparemment fait une première tentative le 23 juillet. Il avait alors été retrouvé allongé dans sa cellule avec des marques au cou, même si ses blessures s'étaient avérées sans gravité.

«Les pédophiles inculpés de crimes fédéraux ont un haut risque de suicide» et «demandent une attention particulière», a ainsi tweeté l'ex-ministre adjoint de la Justice Rod Rosenstein. Certains commentateurs n'excluaient pas non plus que Jeffrey Epstein ait pu, grâce à son argent, bénéficier d'aide au sein de l'établissement.

Des spécialistes du système judiciaire ont néanmoins fait valoir que les suicides étaient un problème grandissant, mais mal documenté, dans les prisons américaines. Au milieu de ce tourbillon de spéculations, plusieurs victimes présumées d'Epstein ont déploré qu'elles ne verraient jamais Epstein répondre de ses crimes.

Plusieurs d'entre elles s'apprêteraient néanmoins à attaquer très vite au civil les héritiers du financier, dont la fortune était estimée à plus de 500 millions de dollars, selon certains médias. (afp/nxp)

Créé: 12.08.2019, 09h35

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