Mardi 11 décembre 2018 | Dernière mise à jour 09:25

Turquie Erdogan remet les clés du gouvernement à Davutoglu

Recep Tayyip Erdogan a confié mercredi la tête du parti islamo-conservateur au pouvoir à son dauphin désigné Ahmet Davutoglu, qui lui succédera jeudi à la tête du gouvernement.

Recep Tayyip Erdogan a confié mercredi la tête du parti islamo-conservateur au pouvoir à Ahmet Davutoglu

Recep Tayyip Erdogan a confié mercredi la tête du parti islamo-conservateur au pouvoir à Ahmet Davutoglu Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Ahmet Davutoglu, le successeur de Recep Tayyip Erdogan, a reçu mercredi 27 août les clés du gouvernement turc.

Le président turc élu a proclamé l'avènement d'une Turquie nouvelle et a promis la poursuite des réformes entreprises sous l'impulsion de l'AKP.

Lors d'un congrès extraordinaire, l'homme fort du pays depuis onze ans, qui doit être investi jeudi chef de l’État, et son successeur ont assuré leur transition en douceur, devant quelque 40'000 partisans réunis dans une salle d'Ankara.

Seul candidat, Ahmet Davutoglu a été formellement élu président du Parti de la justice et du développement (AKP) à l'unanimité de ses 1382 délégués et doit désormais être nommé jeudi Premier ministre sitôt le nouveau président en fonction.

Recep Tayyip Erdogan a rendu les clés du parti qu'il a lancé en assurant qu'il ne serait jamais celui «d'un seul homme» et que Ahmet Davutoglu ne serait pas sa marionnette. Le président élu a conclu son dernier discours de chef de l'AKP sur une note d'émotion, accueillie par les larmes de nombreux militants.

«Le temps de dire au revoir est arrivé. Vous savez combien il est difficile pour moi de partir», a confié Recep Tayyip Erdogan. «Mais je vais rester en contact avec vous, peut-être moins fréquemment qu'avant», a-t-il promis.

Dérive dénoncée

A la tête du gouvernement depuis 2003, Recep Tayyip Erdogan, 60 ans, a été élu haut la main président de la République le 10 août en recueillant 52% des voix dès le premier tour d'un scrutin disputé pour la première fois au suffrage universel direct.

Recep Tayyip Erdogan va faire à coup sûr basculer le pays dans un régime semi-présidentiel. Pas question pour lui de se couler dans les fonctions essentiellement protocolaires de la présidence.

Il a déjà exprimé le souhait d'exercer deux mandats, ce qui le mènera en 2023, année du centième anniversaire de la république kémaliste, une date symbolique pour celui qui fait souvent référence dans ses discours à l'Empire ottoman.

A plusieurs reprises, il a confirmé sa volonté de garder les rênes du pouvoir en modifiant la Constitution pour renforcer les prérogatives de sa fonction.

Cet objectif, dénoncé par l'opposition comme une nouvelle preuve de la dérive «autoritaire» et «islamiste» de Recep Tayyip Erdogan, passe par une large victoire de l'AKP aux législatives de 2015. La majorité des deux tiers (367 sièges sur 550) est nécessaire pour amender la loi fondamentale. L'AKP n'en dispose «que» de 313 actuellement.

Ennemis de l’État

Sitôt confirmé dans ses fonctions de chef de l'AKP, Ahmet Davutoglu a fait de ce scrutin et de la réforme de la loi fondamentale sa «priorité».

Dans un discours aux accents très militants et aux références historiques et religieuses, le futur chef du gouvernement a promis de poursuivre l’œuvre de «restauration» du pays engagée il y a onze ans et a renouvelé sa totale allégeance à Recep Tayyip Erdogan.

Il a repris à son compte les combats de son prédécesseur. Il a promis de poursuivre son combat contre les «ennemis de l’État», allusion au mouvement islamique de Fethullah Gülen honni par le régime, et qualifié de «complot» la fronde antigouvernementale de juin 2013.

Âgé de 55 ans, Ahmet Davutoglu, un musulman intransigeant, est depuis 2003 l'un des plus proches collaborateurs de Recep Tayyip Erdogan. (ats/nxp)

Créé: 27.08.2014, 18h35

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters