Jeudi 14 décembre 2017 | Dernière mise à jour 19:43

Grèce Erdogan soulève de vieux différends à Athènes

Le président turc a profité jeudi d'une visite historique en Grèce pour ranimer la discussion sur les différends gréco-turcs.

Recep Tayyip Erdogan: «Je ne suis pas professeur de droit, mais je connais le droit de la politique, et dans ce domaine le terme de révision des Traités existe.»

Recep Tayyip Erdogan: «Je ne suis pas professeur de droit, mais je connais le droit de la politique, et dans ce domaine le terme de révision des Traités existe.» Image: AFP

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Venu à Athènes pour la première visite en 65 ans d'un chef d'Etat turc, et avec la volonté affichée par les deux pays d'améliorer leurs relations, Recep Tayyip Erdogan a consacré une partie de sa rencontre avec le président Prokopis Pavlopoulos à formuler des doléances.

Alors notamment que la Turquie a conclu en mars 2016 avec l'UE un pacte qui a eu l'effet de considérablement limiter le nombre d'arrivées de réfugiés en Grèce depuis les côtes turques, Recep Tayyip Erdogan s'est plaint que «les promesses de l'Union européenne ne soient pas encore réalisées en matière (d'aide) économique (...) alors que nous respectons nos engagements» en ce qui concerne le pacte.

Recep Tayyip Erdogan a aussi réitéré la demande d'une «mise à jour» du traité de Lausanne, signé par plusieurs pays en 1923 et définissant des frontières en Europe et au Moyen Orient. «Dans le traité il y a des questions en suspens et des choses non compréhensibles, il a été signé il y a 94 ans, non seulement par la Grèce et la Turquie, mais par 11 pays, et il faut une mise à jour», a insisté Recep Tayyip Erdogan.

«Je ne suis pas professeur de droit»

Prokopis Pavlopoulos, l'un des meilleurs juristes grecs, ancien professeur à la Faculté de droit d'Athènes, a rejeté poliment mais fermement toute modification : «le traité n'est pas négociable, il n'a besoin ni de révision ni de mise à jour», a-t-il répondu. Il a souligné que les traités peuvent être «interprétés et non pas révisés, selon le droit».

«Je ne suis pas professeur de droit, mais je connais le droit de la politique, et dans ce domaine le terme de révision des Traités existe», a rétorqué Recep Tayyip Erdogan.

Il a enchaîné en déplorant que les droits de la minorité musulmane dans le nord-ouest de la Grèce, forte de 120'000 personnes, «ne soient pas respectés en vertu du traité de Lausanne». En particulier, Athènes continue de nommer les muftis, dirigeants religieux de cette minorité, et «ne laisse pas la minorité le faire», a regretté le président turc.

Recherche d'un dialogue

Ayant déjà visité la Grèce à deux reprises lorsqu'il était Premier ministre, en 2004 et 2010, M. Erdogan doit se rendre vendredi dans cette région de Thrace. Après plusieurs décennies de rapports houleux qui ont même failli dégénérer en affrontements en 1996, la Grèce et la Turquie ont entamé un dégel, initié en 1999 par l'aide d'Athènes à la Turquie après un séisme ayant dévasté Istanbul, mais ces différends demeurent.

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras, qui poursuivait des discussions avec Recep Tayyip Erdogan jeudi après-midi, lui a adressé des paroles de bienvenue apaisantes.

«La visite du président turc intervient à un moment où nous faisons face à des défis dans notre région, la crise en Syrie (...) la tension entre la Turquie et l'UE, il faut construire un dialogue», a dit M. Tsipras. (ats/nxp)

Créé: 07.12.2017, 17h40


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