Lundi 22 octobre 2018 | Dernière mise à jour 04:15

Portrait Qui êtes-vous, Iman Ramadan?

Catholique d’origine bretonne et suisse convertie à l’islam à 18 ans, l’épouse de l’islamologue avait toujours fui les projecteurs. Elle vole désormais au secours de son mari.

«On n’a jamais voulu s’exposer. C’est un exercice très difficile pour moi», Iman Ramadan.

«On n’a jamais voulu s’exposer. C’est un exercice très difficile pour moi», Iman Ramadan. Image: DR

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La campagne de soutien à Tariq Ramadan «s’est accélérée mercredi 14 février» avec la mise en ligne d’une vidéo dans laquelle apparaît son épouse, Iman Ramadan, «jusque-là très discrète», écrivait hier «Le Monde». Sur la page Facebook «Free Tariq Ramadan Campain», Mme Ramadan a publié une seconde vidéo, lundi. La femme de l’islamologue genevois, accusé de viols, y apparaît de nouveau sobre, posée, contrôlant ses émotions. «Ma famille et moi condamnons fermement toute insulte, tout propos haineux, toute menace qui sont adressés aux présumées victimes», explique-t-elle.

Iman Ramadan dit avoir appris que tout contact avec son mari, incarcéré depuis le 2 février, lui a été officiellement refusé. Et répète que son état de santé n’est pas compatible avec l’emprisonnement.

Dans la première vidéo, elle soulignait: «On n’a jamais voulu s’exposer. C’est un exercice qui est très difficile pour moi. Je ne suis pas sûre que Tariq l’approuverait.» Exact: Iman Ramadan était aussi discrète que son mari médiatique. Pour le défendre, elle est littéralement passée de l’ombre à la lumière. Dans le passé, pas d’exposition, pas d’apparition publique, pas de prise de parole. Sauf une: une interview donnée à L’ Express de l’île Maurice, en 2003, à propos du port du voile.

Le couple, désormais établi à Londres, vivait alors à Genève avec leurs quatre enfants. «Ce n’est pas facile de porter un foulard en Suisse et de trouver un job. J’ai préféré le garder, mais j’en paie le prix», expliquait-elle. Et d’ajouter qu’avant sa conversion à l’islam, «pour une Européenne comme moi, c’était impensable de le porter». Et que sa mère, Suissesse, comme son père, Breton, ont eu «beaucoup de mal à l’accepter. Ça a été assez houleux.»

Rencontre à Genève

Le reste du parcours de Mme Ramadan se dessine à travers différents portraits de son mari. Ils se sont rencontrés à Genève – elle était la sœur d’un de ses amis. Ils se sont mariés en 1986. Il avait 24 ans, elle 18. Elle était catholique et se prénommait Isabelle. Elle s’est alors convertie à l’islam et est devenue Iman. Le couple a ensuite vécu près de deux ans en Égypte, au début des années 1990, puis est revenu à Genève.

Iman Ramadan a milité un temps pour un collectif des femmes musulmanes, depuis disparu. Puis est constamment restée loin des micros ou des caméras. À peine trouve-t-on sur Internet quelques traces de travaux effectués avec son époux – secrétariat, traductions.

Mais c’est fini. Iman Ramadan s’expose. Au risque d’apparaître comme celle qui n’a rien vu. Ou comme une femme bafouée – le JDD affirmait dimanche qu’une Suissesse l’aurait informée en 2009 des infidélités de son mari. Mais Iman Ramadan déclare «croire fondamentalement en l’innocence» de son époux. Et estime qu’elle doit s’engager via une communication qu’elle peut maîtriser: elle n’a pas donné d’interview. La Cour d’appel de Paris doit statuer aujourd’hui sur une demande de remise en liberté du théologien. Si elle lui est accordée, son épouse retournera probablement dans l’anonymat. Sinon, son combat ne fait que débuter. (Le Matin)

Créé: 22.02.2018, 06h48

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