Lundi 23 septembre 2019 | Dernière mise à jour 20:00

France Grève à Paris: un vendredi pas si noir

Le risque de paralysie qui menaçait Paris en cette journée de grève des transports ne s'est pas réalisé. Plusieurs lignes sont moins bondées que d'habitude.

Beaucoup d'habitants de la région parisienne ont préféré ne pas prendre le métro à cause de la grève.

Beaucoup d'habitants de la région parisienne ont préféré ne pas prendre le métro à cause de la grève. Image: Keystone

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Sur la ligne 1 du métro, l'une des rares à fonctionner, une agent RATP s'étonne: «On s'attendait à voir beaucoup plus de monde.» La grève des transports parisiens, qui faisait craindre un vendredi noir, semble avoir poussé les voyageurs à trouver des solutions de repli.

«Apparemment les gens ont réussi à s'organiser autrement. Je pense aussi que beaucoup de monde a posé sa journée», estime cette salariée croisée gare de Lyon. «À 8h, il n'y avait personne. C'était vide», souligne une autre employée qui avait, elle, «galéré pour venir» prendre son poste.

Les lignes 1 et 14, automatisées, sont les seules à circuler normalement. La «saturation» redoutée par la RATP, sous l'effet de la fermeture des autres lignes, n'a finalement pas eu lieu.

Éviter les bousculades

Télétravail, jour de congé ou taxis: beaucoup de Franciliens ont préféré éviter les bousculades sur les quais, paradoxalement moins bondés qu'à l'accoutumée. «Ce n'est pas étonnant car beaucoup de collègues se sont arrangés pour ne pas venir. On avait par exemple une réunion aujourd'hui mais elle a été reportée à la semaine prochaine», rapporte Gwenn, 39 ans, contrôleur de gestion, croisée à la station Bastille.

Sac au dos, short et baskets aux pieds, Alexandre, 28 ans, et Geoffrey, 27 ans, arrivent gare de Lyon où ils ont réservé une voiture de location pour aller passer le week-end en Dordogne. «On est venus de Vitry-sur-Seine, on a essayé de prendre un taxi mais on nous demandait 35 euros au lieu de 12 euros. Donc on s'est débrouillé avec le RER C et la ligne 14», expliquent-ils. Ils se disent néanmoins solidaires des grévistes: «Ce n'est pas quelque chose qui nous met en colère.»

Une famille de touristes japonais hésite à franchir sans ticket les portiques du métro, ouverts pour l'occasion: «On était au courant de la grève. Nous allons à Lyon ce soir mais avant nous allons visiter le Louvre», dit le père, content que le musée reste desservi.

Trajets inhabituels

«Je suis arrivée ce matin vers 7 h 45 sur le quai, étonnée de voir si peu de monde. Mon train est arrivé une minute après et j'avais le choix des places, ce qui est rare en temps normal», a témoigné Bernadette, une francilienne qui prend le RER B tous les jours de la gare de Fontaine Michalon (Hauts-de-Seine) pour venir travailler dans le centre de Paris.

En revanche, à la gare du Nord, première d'Europe avec 700 000 voyageurs par jour (hors métro), les RER sont bondés d'usagers contraints de bricoler un trajet inhabituel. «Ça représente un énorme détour pour moi, et je ne pense pas être à l'heure», s'inquiète Mélissa, une étudiante de 21 ans, avant de se rassurer: «Je pense que beaucoup ne vont pas venir.» Sentiment partagé par Inès, une enseignante de 26 ans: «Je m'efforce de venir pour mes élèves, même si à mon avis ils ne seront pas nombreux.»

Colère chez les usagers

Sur la ligne 4, fermée comme annoncé à partir de 9h 30 à la fin de l'heure de pointe, c'est l'incompréhension et la colère chez beaucoup d'usagers qui haussent le ton. Un homme s'emporte: «Oui, je suis en colère, vous nous faites ch... avec vos retraites.» «Ce n'est pas à nous qu'il faut dire ça», lui répond un agent.

Plus tôt ce matin, à la sortie de la gare de l'Est, c'était «un peu la foire d'empoigne» selon une voyageuse, croisée dans la file d'attente des taxis, pris d'assaut.

Chanceuse, la voyageuse, qui se rend à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), trouve finalement un véhicule en moins de cinq minutes. Mais les chauffeurs, très sollicités, doivent faire preuve de pédagogie avec des usagers qui se pressent à leurs portières. Au volant de son taxi, Amar Maguella, 44 ans, attend un passager qui a déjà réservé sa course. «Les gens essayent de monter mais je ne peux pas prendre tout le monde», commente celui qui anticipe «une grosse journée». (afp/nxp)

Créé: 13.09.2019, 11h25

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