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Crise des migrants La Croatie lève son blocage à la frontière avec la Serbie

Plus tôt dans la journée, le premier ministre hongrois, Viktor Orban, a annoncé qu'il souhaitait fermer la frontière avec la Croatie.

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Crise migratoire: les réfugiés tentent leur chance dans les Balkans   (oct.2015-avr.2016)

Crise migratoire: les réfugiés tentent leur chance dans les Balkans (oct.2015-avr.2016) Des milliers de réfugiés fuyant les conflits sanglants au Moyen-Orient traversent les Balkans cherchant abri dans l'Union européenne.

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La Croatie a accepté vendredi de lâcher du lest concernant le blocage de sa frontière avec la Serbie. De son côté, la Hongrie reste déterminée à fermer bientôt sa porte aux migrants venant de Croatie.

Face à l'ampleur de la crise entre ces deux pays, la pire depuis le conflit des années 1990, Bruxelles a sommé vendredi Zagreb d'apporter «d'urgence des éclaircissements». Le Premier ministre croate Zoran Milanovic a dans la foulée annoncé prévoir une levée «aujourd'hui ou demain» du blocage de la frontière, soulignant toutefois qu'une telle mesure pourrait être rétablie «à tout moment».

Devenue un pays de transit majeur dans les Balkans depuis la fermeture par Budapest de la frontière serbo-hongroise, la Croatie a fermé cette semaine sa frontière aux camions serbes afin de protester contre le flux de migrants arrivant justement de Serbie.

Federica Mogherini intervient

«Tout ce que nous demandons à Belgrade, c'est de faire cesser un flux aussi intense de migrants», avait déclaré plus tôt Zoran Milanovic. Signe d'une inquiétude tangible, la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a téléphone vendredi aux Premiers ministres des deux pays pour tenter d'apaiser la situation.

Dans la journée, à Belgrade, le commissaire à l'Elargissement de l'Union européenne, Johannes Hahn a souligné que l'Europe avait besoin de «stabilité» dans les Balkans pour faire face à la crise migratoire. «La seule chose qui peut être faite, c'est de lever le blocage», a-t-il déclaré après un entretien avec le Premier ministre serbe Aleksandar Vucic.

Près de 60'000 réfugiés en dix jours

Deux jours après un sommet européen exceptionnel sur cette crise, le flux de réfugiés cherchant à gagner l'ouest de l'Europe via les Balkans reste important. Zagreb a indiqué vendredi avoir comptabilisé 8500 nouvelles arrivées de migrants jeudi, ce qui porte à 55'000 le nombre de personnes qui ont transité par la Croatie depuis la fermeture de la frontière serbo-hongroise le 15 septembre.

La quasi-totalité des migrants passent ensuite en Hongrie, avant de rejoindre la frontière autrichienne, et de là l'Allemagne.

Tenant d'une ligne dure, le Premier ministre hongrois Viktor Orban a d'ores et déjà fait installer des barbelés sur 41 km de sa frontière avec la Croatie. Alors que la Hongrie a mis en place un corridor de fait pour le transit des migrants entre les frontières croate et autrichienne, elle a annoncé vendredi vouloir fermer bientôt hermétiquement la frontière croate aux réfugiés.

«La mise en place d'une protection de la frontière avec la Serbie a rempli nos objectifs. Il est de notre devoir d'en faire autant à la frontière avec la Croatie», a déclaré M. Orban à Vienne, où il a rencontré le chancelier autrichien Werner Faymann. «Le flux de migrants ne va pas faiblir (...), nous voulons empêcher que les gens passent», a-t-il insisté.

Ban Ki-moon sollicité

Il a encore précisé qu'il entendait recueillir l'appui d'un maximum de partenaires internationaux avant de mettre en oeuvre cette mesure. M. Orban a dit qu'il voulait rencontrer la semaine prochaine le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon à New York en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.

Préventivement, le Monténégro a mis en marche des préparatifs pour faire face à une possible ouverture d'une nouvelle route des migrants par son territoire en provenance de la Grèce, la Serbie et du Kosovo, a -t-on indiqué vendredi de source officielle.

Fissures au sein de l'UE

Un nombre croissant de dirigeants estiment aujourd'hui, plus ou moins ouvertement, que la Hongrie remplit son rôle en défendant la frontière de la zone Schengen.

Après le patron de la CSU (droite bavaroise) mercredi, le vice-chancelier conservateur autrichien Reinhold Mitterlehner a aussi manifesté son soutien au dirigeant hongrois. «Viktor Orban n'a pas tellement tort quand il estime que l'UE doit lui dire ce qu'elle attend vraiment de lui. Doit-il protéger la frontière de l'UE ? Ou les accords de Dublin sont-ils caducs ? Viktor Orban est le premier exposé» au flux migratoire, a-t-il déclaré au quotidien Die Presse. (ats/nxp)

Créé: 25.09.2015, 13h29

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