Dimanche 16 juin 2019 | Dernière mise à jour 15:15

Législatives grecques La droite conservatrice remporte le scrutin

Nouvelle Démocratie (ND), qui soutient l'ancrage à la zone euro, a remporté les législatives aux dépens de la gauche radicale de Syriza. Elle entend former un gouvernement de coalition au plus vite.

Sitôt connues les premières projections, l'euro a bondi sur les marchés des changes, atteignant son plus haut niveau en trois semaines contre le dollar.

Sitôt connues les premières projections, l'euro a bondi sur les marchés des changes, atteignant son plus haut niveau en trois semaines contre le dollar. Image: AFP

Réactions

La chancelière allemande Angela Merkel a estimé dimanche soir que la Grèce allait respecter ses engagements européens en matière de réformes, après la victoire du parti de droite Nouvelle Démocratie aux élections législatives.

La chancelière Angela Merkel a téléphoné à Antonis Samaras, le président de Nouvelle Démocratie et «l'a félicité pour son bon résultat aux élections». Elle a déclaré qu'«elle partait du principe que la Grèce allait respecter ses engagements européens», selon un communiqué diffusé par le service de presse du gouvernement.

Le président de l'Union européenne Herman Van Rompuy a affirmé qu'il espérait que le résultat des élections en Grèce permettrait la formation d'un gouvernement «rapidement», et a promis le soutien de l'Union à Athènes.

«Comme l'ont dit le président (Barack) Obama et d'autres leaders mondiaux, nous pensons qu'il est de notre intérêt à tous que la Grèce reste dans la zone euro tout en respectant ses engagements sur les réformes,» a pour sa part salué le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney.

Le FMI prêt à discuter

Le Fonds monétaire international (FMI) s'est dit dimanche prêt «à discuter avec le nouveau gouvernement» issu des élections législatives en Grèce pour tenter de redresser l'économie du pays.

«Nous prenons acte des résultats des élections en Grèce et nous tenons prêts à discuter avec le nouveau gouvernement sur une voie qui aide la Grèce à atteindre son objectif de restaurer la stabilité financière, la croissance économique et l'emploi», a indiqué un porte-parole de l'institution dans un communiqué succinct.

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Le chef de file de ND Antonis Samaras s'est déclaré «soulagé pour la Grèce et l'Europe» par le résultat du vote de dimanche après dépouillement de 57% des voix exprimées, alors que son principal adversaire Alexis Tsipras, le jeune dirigeant de Syriza, a téléphoné dans la soirée à son adversaire pour reconnaître sa défaite.

«J'ai téléphoné à M. Samaras pour le féliciter, il peut former un gouvernement», a déclaré M. Tsipras, crédité de la 2e place avec 26,4% des voix contre 30,2% pour ND.

«Nous serons présents en tant qu'opposition, nous représentons la majorité du peuple contre le mémorandum», le plan de rigueur UE-FMI, a-t-il dit, alors que M. Samaras venait de l'appeler à rallier un gouvernement «d'union nationale».

Le parti Syriza a tout de même poursuivi sa très forte poussée en augmentant son score du 6 mai dernier (16,8%).

Six semaines après les premières élections législatives, qui n'avaient produit aucune majorité stable en Grèce, ND et le Pasok (socialiste), qui soutient aussi l'austérité en échange d'une aide financière de l'Union européenne, du FMI et de la Banque centrale européenne, auraient une majorité absolue de 164 sièges.

Le parti néo-nazi Aube Dorée se tasse légèrement avec 6,5% des voix et 16 sièges au lieu de 21 lors du premier scrutin, où il avait fait son entrée au parlement pour la première fois de l'histoire moderne du pays.

Revers communiste

D'après la dernière projection officielle du ministère grec de l'Intérieur, ND obtiendrait au total 130 sièges devant la Coalition de la gauche radicale avec 70 sièges et le Pasok 34 sièges.

Surprise, le parti communiste grec KKE, dernier parti stalinien d'Europe qui bénéficiait jusqu'ici d'une base très stable, a perdu la moitié de ses électeurs avec 4,5% des voix (12 sièges) contre 8,48% (26 sièges) le 6 mai.

Le mode de scrutin en Grèce réserve une prime de 50 élus au parti vainqueur des élections. La Constitution donne maintenant une dizaine de jours aux partis pour s'entendre, faute de quoi un retour aux urnes se profilerait.

Gouvernement dès lundi

«Je suis soulagé pour la Grèce et pour l'Europe. Nous formerons un gouvernement dès que possible», a déclaré M. Samaras à Reuters en quittant son QG sous les cris de joie de ses partisans.

Le dirigeant du Pasok (12,6%), Evangelos Venizelos, a estimé pour sa part que la Grèce avait besoin d'avoir un gouvernement dès demain lundi et a appelé l'ensemble des principaux partis grecs, dont aussi Syriza, à rejoindre ce gouvernement. Du coup, le petit parti pro euro de gauche démocratique (Dimar), qui a remporté 6,2% des voix (17 sièges), va se retrouver au coeur du jeu des alliances.

Sitôt connues les premières projections, l'euro a bondi sur les marchés des changes, atteignant son plus haut niveau en trois semaines contre le dollar, à environ 1,2730 dollar dans les premières transactions en Asie contre 1,2655 dollar vendredi à New York.

Berlin lâche du lest

M. Samaras, qui a estimé que les Grecs avaient voté pour le maintien de leur pays dans la zone euro, a dit vouloir travailler avec ses partenaires européens sur des mesures de croissance.

Le ministre français de l'Economie, Pierre Moscovici, a rapidement annoncé dimanche soir un communiqué de la zone euro sur la Grèce et dit espérer qu'Athènes respectera ses engagements.

Le ministre allemand des affaires étrangères, Guido Westerwelle, tout en excluant toute renégociation des programmes d'austérité, a quant à lui laissé entendre que la zone euro pourrait accorder des concessions à Athènes sur les délais de réalisation de ses objectifs de réduction du déficit budgétaire, tout en estimant qu'il «ne peut pas y avoir de changements substantiels aux engagements».

Athènes reste calme

Les rues d'Athènes sont restées calmes durant le vote, bien que deux inconnus aient lancé une grenade, qui n 'a pas explosé, devant le bâtiment abritant la chaîne de télévision grecque Skai. Beaucoup d'Athéniens ont déserté la capitale pour voter dans leurs localités d'origine, en province. (afp/nxp)

Créé: 17.06.2012, 22h30

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