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Elections en Italie La gauche entrouvre la porte au protestataire Grillo

L'Italie se trouvait mardi dans une impasse politique inquiétante, comme l'a reconnu le chef du centre gauche Pier Luigi Bersani qui a entrouvert la porte au mouvement protestataire de l'ex-comique Beppe Grillo.

Sur son blog, Beppe Grillo a dénoncé l'hypothèse de «grand ramassis de politicards».

Sur son blog, Beppe Grillo a dénoncé l'hypothèse de «grand ramassis de politicards». Image: AFP

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Les leaders d'un scrutin à l'italienne

Les leaders d'un scrutin à l'italienne Pier Luigi Bersani, un ex- communiste teinté de libéralisme, Beppe Grillo et son mouvement 5 Etoiles (M5S), Silvio Berlusconi le Cavaliere et Mario Monti, l'austère technocrate.

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Dans l'après-midi, le candidat de la gauche au poste de Premier ministre s'est exprimé pour la première fois depuis l'annonce des résultats et a amorcé un geste d'ouverture envers le Mouvement 5 Etoiles, qui s'est adjugé à la surprise générale un quart des suffrages au parlement.

Pier Luigi Bersani a évoqué des thèmes chers à cette formation, comme la réforme des institutions, les coupes dans les coûts de la politique, la moralité et la défense des plus défavorisés, appelant Beppe Grillo à dire «ce qu'il veut pour le pays».

La gauche soumettra ses propositions au Parlement, «où chacun devra assumer ses propres responsabilités», a averti Pier Luigi Bersani.

Possible soutien

Pour l'instant, le Mouvement 5 Etoiles ne souhaite s'allier avec aucune autre formation mais envisagera au cas par cas de voter des réformes, a fait savoir de son côté Beppe Grillo.

«Nous allons voir, réforme par réforme, loi par loi. S'il y a des propositions qui sont compatibles avec notre programme, nous allons les évaluer», a-t-il dit en ajoutant: «maintenant ce n'est pas le moment de parler d'alliances».

Ces diverses déclarations laissent penser à un possible soutien au vote de lois présentées par un gouvernement de gauche, sans un accord formel de coalition avec le centre gauche, qui dispose d'une solide majorité à la Chambre.

Additionnés à ceux de la gauche, les 54 sénateurs de Beppe Grillo permettraient d'avoir une majorité au Sénat.

L'expert politique Stefano Folli a cependant jugé «extrêmement vague» la proposition de Bersani, qui risquerait d'aboutir «à un gouvernement minoritaire exposé à tous les vents au parlement et aux mains de Beppe Grillo».

Un véritable casse-tête donc. «Nous sommes conscients du caractère dramatique de la situation et des risques encourus par le pays», a reconnu Pier Luigi Bersani.

«Message d'inquiétude»

Les marchés financiers ont réagi très négativement à cette impasse sur le futur gouvernement de la troisième économie de la zone euro: la Bourse de Milan a connu une journée noire, s'effondrant de près de 5% à la clôture.

L'Europe était aussi dans les affres: la Commission européenne a assuré avoir entendu le «message d'inquiétude» envoyé par les citoyens italiens, tout en demandant à Rome d'«honorer ses engagements» budgétaires et de réformes.

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a souhaité mardi soir que l'Italie se dote d'un «gouvernement stable», tout en se disant «pas franchement réjoui» par le résultat des élections.

Auparavant, la chancelière Angela Merkel s'était voulue plus rassurante: «L'Italie trouvera sa voie», avait-elle confié à son entourage.

Le grand perdant du scrutin est celui qui faisait figure de «chouchou» du reste de l'Europe: Mario Monti a recueilli seulement 10% des suffrages. Son entourage a dit miser sur une possible «grande coalition» pour gouverner l'Italie.Il faudrait pour cela une alliance entre le PD de Pier Luigi Bersani, le Peuple de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi et le centre de Mario Monti.

Remontée spectaculaire

Sur son blog, Beppe Grillo a dénoncé cette hypothèse de «grand ramassis de politicards».

Le Cavaliere, qui a réalisé une remontée spectaculaire en deux mois et demi de campagne, a semblé prêt à envisager un mariage de raison provisoire avec le PD - «il faut prendre le temps de la réflexion». Pier Luigi Bersani n'a pas paru convaincu, refusant par avance «les ballets diplomatiques».

Pour le directeur de la revue politique Micromega, Paolo Flores d'Arcais, la gauche a «la possibilité de faire un accord avec Grillo en lui donnant la présidence d'une des chambres et de proposer un gouvernement avec beaucoup de techniciens» qui appliquerait un programme «commun aux aspirations traditionnelles de la gauche».

Mauro Calabresi, directeur du quotidien La Stampa, ne voit pas d'autre solution que de «trouver des convergences entre les partis traditionnels et les nouveaux parlementaires Cinq Etoiles. Ils doivent être traités comme une ressource, pas comme des ennemis».

Le sort politique de l'Italie est en fait entre les mains du président Giorgio Napolitano qui pourrait juger une telle situation trop instable et lui préférer la mise en place d'un nouveau gouvernement technique de transition avant de nouvelles élections.

En visite à Munich (sud de l'Allemagne), Giorgio Napolitano a souligné la nécessité de «lancer sur un sentier constructif la formation du nouveau gouvernement». «Je suis sûr que nous y réussirons dans l'intérêt commun», a-t-il ajouté. (afp/nxp)

Créé: 26.02.2013, 23h08


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