Lundi 16 septembre 2019 | Dernière mise à jour 19:01

Costa Concordia Le bilan du naufrage s'alourdit à 11 morts

Le gigantesque paquebot de croisière, avec quelque 4230 personnes à bord, a heurté vendredi soir un récif près de l'île toscane de Giglio, avant de chavirer, basculant sur le côté.

Onze cadavres ont été retrouvés après le naufrage du «Costa Concordia».

Onze cadavres ont été retrouvés après le naufrage du «Costa Concordia». Image: Keystone

Assigné à résidence

Francesco Schettino, le capitaine du navire de croisière Concordia, qui a fait naufrage vendredi soir près d'une île italienne, a été assigné à résidence, a indiqué mardi aux médias italiens l'avocat du commandant Bruno Leporatti.

Francesco Schettino fait l'objet depuis samedi d'une enquête pour homicide multiple par imprudence, naufrage et abandon du navire, et avait été écroué samedi sur ordre du procureur en chef de Grosseto, Francesco Verusio, qui avait dit craindre «un risque de fuite et dissimulation de preuves».

Selon les médias, Francesco Schettino qui a été entendu pendant trois heures mardi à Grosseto par une juge des enquêtes préliminaires, devrait sortir dès mercredi matin de la prison de cette ville.

Le commandant a «donné ses explications» au juge des enquêtes préliminaires qui a décidé de l'assigner à résidence, concernant le retard mis à donner à l'alerte après la collision du navire avec un rocher, à moins de 500 mètres de la côte de l'île du Giglio (centre-ouest), a estimé Me Leporatti.

Dans l'après-midi, l'avocat avait aussi indiqué que son client niait catégoriquement avoir abandonné le navire avant l'évacuation des derniers passagers et affirmait avoir «sauvé des milliers de vie».

Pour leur part, les magistrats-enquêteurs du parquet avaient demandé son maintien en détention, estimant que l'interrogatoire de mardi n'avait «rien changé aux chefs d'imputation».

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Les plongeurs et secouristes, qui ont accéléré mardi leurs recherches sur l’épave du «Costa Concordia» quatre jours après son naufrage près de l’île italienne du Giglio, ont découvert cinq nouveaux cadavres. Le bilan provisoire de la catastrophe est ainsi porté à onze morts.

Les corps trouvés mardi se trouvaient à l’arrière, dans la partie immergée de la poupe du navire, a précisé un porte-parole de la municipalité du Giglio, en Toscane.

Les pertes humaines pourraient encore s’alourdir, les garde-côtes ayant fait état - avant la découverte des cinq corps - de 29 disparus, dont des touristes allemands, italiens, français et américains. La totalité des 69 ressortissants suisses qui étaient à bord ont pu être évacués.

Un touriste allemand considéré comme disparu s’étant manifesté, 23 personnes sont toujours portées manquantes. La totalité des 69 ressortissants suisses qui étaient à bord ont pu être évacués.

Trouver d’éventuels survivants dans l’épave paraît improbable. Selon un spécialiste de la protection civile, avec la température glaciale de l’eau, il est impossible de survivre très longtemps, même dans une poche d’air.

Les plongeurs utilisent désormais des micros-charges explosives. «Munis de plans du navire, ils se déplacent pour mettre les charges afin d’ouvrir des passages permettant de passer plus rapidement», explique le commandant Filippo Marini, porte-parole des garde-côtes.

Plainte collective

En Italie, plus de 70 passagers du «Costa Concordia» ont adhéré à une action collective contre Costa Crociere lancée par l’association italienne de défense des consommateurs Codacons. En France, un couple français a déposé une plainte contre le croisiériste italien.

La justice italienne a décidé d’assigner à résidence le capitaine du Costa Concordia, Francesco Schettino, en prison à Grosseto, au sud de la Toscane. Selon les médias, celui que le Corriere della Sera surnomme «l’homme le plus détesté d’Italie» devrait sortir mercredi matin de la prison de cette ville.

Le parquet de Grossetto avait auparavant réclamé le maintien en détention du commandant de bord, détenu depuis samedi pour homicide multiple par imprudence, naufrage et abandon de navire. Il est accusé par son employeur d’avoir lui-même dévié la trajectoire du bateau pour effectuer une parade, tous phares allumés à proximité de l’île.

Il est également soupçonné d’avoir tardé à donner l’alerte et à ordonner l’évacuation, déclenchant selon l’enquête des garde-côtes, une «mini-mutinerie» de l’équipage qui a démarré les opérations d’évacuation sans que le commandant ait formellement décrété «l’abandon du navire».

Dénégations du commandant

Le commandant a toutefois nié avoir quitté prématurément le bâtiment. «Il a dit aux magistrats-enquêteurs du parquet qu’il n’avait pas abandonné le navire et qu’il avait sauvé des milliers de vies», a déclaré son avocat, Bruno Leporatti.

Francesco Schettino a toutefois reconnu implicitement avoir quitté le bateau. «Il s’est retrouvé avec un rocher sur sa trajectoire de navigation. Le navire s’est inclinée à 90 degrés. Il a essayé de remonter à bord mais ce n’était pas possible, à moins de le faire en hélicoptère», a argué le défenseur du commandant.

Le «Corriere della Sera» a diffusé sur son site internet ce qu’il présente comme l’enregistrement de la conversation entre Francesco Schettino et la capitainerie du port de Livourne.

«Ecoutez Schettino, vous vous êtes peut-être sauvé vous même de la noyade mais je vais vous faire beaucoup de tort. Vous allez me le payer. Bon sang, retournez à bord!», ordonne l’officier de la capitainerie.

Crainte d’un «désastre écologique»

Outre la tragédie humaine, les autorités italiennes redoutent un «désastre écologique» si le carburant contenu dans le bateau se déversait dans la mer.

La société Smit Salvage, filiale du groupe de dragage et d’aménagement portuaire Royal Boskalis Westminster, a été chargée de pomper les quelque 2400 tonnes de carburant.

Une vingtaine d’employés de la société sont déjà à pied d’oeuvre sur l’île du Giglio. Le pompage du carburant devrait prendre «au moins trois semaines», a averti le directeur de Royal Boskalis.

Le ministre Clini a confirmé le risque que l’épave glisse vers les profondeurs. Cela peut arriver, a-t-il dit, sans abîmer les réservoirs, et le pompage serait alors possible en profondeur. Mais le vrai danger, a-t-il expliqué, est que les réservoirs se brisent.

Le Concordia, qui transportait 4229 personnes - quelque 3200 touristes et un millier de membres d’équipage -, a fait naufrage vendredi soir après avoir heurté un rocher près de l’île du Giglio. (AP/nxp)

Créé: 17.01.2012, 19h34

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.