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Contestation Les Anonymous français descendent dans la rue

Manifs dans plusieurs villes, interview à la télévision: la branche française des Anonymous a décidé ce week-end de se montrer, mais toujours à visage masqué.

Des manifestations ont aussi eu lieu en Belgique.

Des manifestations ont aussi eu lieu en Belgique. Image: Reuters

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Paris, mais aussi à Lille, Bordeaux ou Toulouse, plusieurs dizaines d'entre eux sont descendus dans la rue samedi, beaucoup arborant la tenue emblème: costume-cravate noirs surmonté d'un masque noir et blanc avec petite moustache surplombant un sourire ironique. Dans la capitale, plusieurs centaines ont défilé entre Bastille et République.

Contre la scientologie

Une quarantaine s'est aussi réunie devant le siège de l'Eglise de Scientologie, première cible de ce mouvement né aux Etats-Unis en 2008, quand cette secte avait tenté d'interdire sur le net une vidéo à usage interne où Tom Cruise tenait des propos compromettants sur son organisation. L'Eglise de Ron Hubbard «reste encore aujourd'hui notre objectif principal», expliquait samedi sur Canal+ «The Vicious man» (Le Vicieux), surnom d'un Anonymous français qui se confiait -ganté, masqué, cagoulé- dans l'émission «Salut les Terriens».

Démocratie et téléchargement

Le gouvernement tunisien de Ben Ali, celui de Moubarak en Egypte ou de Kadhafi en Libye ont fait les frais des cyber-attaques des Anonymous, tout comme récemment le FBI et le ministère américain de la Justice, en représailles à la fermeture du site d'hébergement de fichiers Megaupload.com.

En revanche, Anonymous décline toute responsabilité dans l'offensive, fin 2010, contre le ministère français des Finances et de l'Elysée. «C'est pas nous, on l'aurait revendiqué», a assuré «The Vicious Man». A chaque fois, leur méthode est la même: une «attaque par déni de service», qui consiste à perturber le fonctionnement d'un site en le saturant de connexions. «Les sites internet ne sont pas détruits, ils sont tout simplement bloqués. Cela nous permet de faire une manifestation de grande ampleur où que l'on soit et beaucoup plus médiatisée qu'une manifestation dans la rue», explique Vicious.

Fonctionnement démocratique

Les cibles sont déterminées collégialement, sur des forums de discussion anonyme. «On n'a pas de chef, cela permet de protéger le réseau. Chacun donne son idée, essaye de faire réagir les autres et si une idée se détache du lot, les gens décident de la mettre en pratique», ajoute-t-il. «On ne connaît pas plus de trois personnes, cela nous permet de cloisonner le réseau si l'une des personnes est arrêtée», dit Vicious, selon qui ils seraient «150 impliqués dans le réseau parisien».

Car ces geeks à conscience politique risquent gros, témoin l'arrestation de plusieurs aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, ou la mise en examen jeudi de l'un d'eux en France, soupçonné d'avoir participé au blocage du site internet d'EDF en avril et juin 2011, ce qu'il nie. Aussi, l'appel à manifester de samedi avait été posté discrètement sur internet. «Peuple de France, ceci est un appel à la mobilisation d'un peuple pour défendre la liberté d'internet, le 28 janvier 2012 dans toutes les grandes villes de France contre la loi Acta», disait une voix féminine.

Cette fois-ci, c'est en effet l'Union européenne qui a suscite la colère de ces cracks de l'informatique: 22 pays, dont la France ont signé jeudi cet Accord Commercial anti-contrefaçon, qui vise les marchandises mais aussi le téléchargement illégal sur internet, ce qu'Anonymous juge liberticide. «Levez-vous à nos côtés car aujourd'hui ce sont les libertés du monde entier qui sont compromises..., incitait la voix. Vous êtes anonymous, vous êtes une légion. Vous ne pardonnez pas, vous n'oubliez pas. Ils vous craignent

Créé: 29.01.2012, 16h17

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