Mercredi 13 décembre 2017 | Dernière mise à jour 13:52

Patrimoine culturel Les frais d'entretien des monuments ruinent l'Italie

Quatrième destination touristique mondiale, l'Italie a toujours été fière de de ses monuments historiques. A court d'argent, le gouvernement a lancé un appel d'offres au secteur privé pour sponsoriser leur restauration.

A Rome à la mi-janvier, des fragments de tuf se sont détachés pour la énième fois du Colisée, monument-symbole mais bien mal en point.

A Rome à la mi-janvier, des fragments de tuf se sont détachés pour la énième fois du Colisée, monument-symbole mais bien mal en point. Image: ARCHIVES/AFP

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Effondrements au Colisée de Rome et à Pompéi, coupes claires dans les budgets des théâtres et opéras, cinéma en crise ! L'Italie, qui croule sous les frais d'entretien de son énorme patrimoine, en est réduite à solliciter le secteur privé ou encore l'Union européenne.

Quatrième destination touristique mondiale après la France, les Etats-Unis et l'Espagne, l'Italie a toujours été fière de son patrimoine culturel, enrichi par des siècles d'histoire, de l'ère romaine au baroque en passant par la Renaissance. Mais aujourd'hui la péninsule, étranglée par le poids de sa dette colossale et des plans d'austérité à la chaîne, fait eau de toutes parts.

A Rome à la mi-janvier, des fragments de tuf se sont détachés pour la énième fois du Colisée, monument-symbole mais bien mal en point. Cerné par la circulation et noirci par la pollution, le plus grand amphithéâtre romain reçoit bon an mal an six millions de visiteurs.

A court d'argent, le gouvernement a lancé un appel d'offres au secteur privé pour sponsoriser la restauration de ce site exceptionnel. Et c'est le roi italien de la chaussure, le patron du groupe Tod's Diego Della Valle, qui a remporté la mise en promettant d'investir 25 millions d'euros (30 millions de francs).

Mais ce dernier a menacé le 12 janvier de se retirer du projet après l'ouverture d'une enquête sur des irrégularités présumées. L'affaire est donc encore loin d'être bouclée, alors que la restauration, étalée sur 3 ans, est censée avoir débuté en mars !

Outre le Colisée, «tout le patrimoine italien a besoin d'attentions», a averti pour sa part l'association nationale des archéologues italiens en réclamant des «ressources adéquates».

Pompéi tombe en ruines

Près de Naples, où le célèbre site archéologique de Pompéi est classé au patrimoine mondial de l'Humanité par l'Unesco depuis 1997, celui-ci a été en deux ans le théâtre d'une série d'effondrements, dont le dernier en date a endommagé la maison de Loreius Tiburtinus, l'une des plus belles de la ville.

En attendant une solution de type «Colisée», Rome a décroché une aide de 105 millions d'euros (125 millions de francs) de l'UE dans le cadre d'un plan d'entretien et restauration programmé sur au moins quatre ans. Cette situation gravissime risque encore d'empirer, vu que l'Etat italien ne consacre que 0,21% de son budget à la culture, contre 1% par exemple en France, alors que la botte assure abriter la moitié du patrimoine culturel mondial.

Les 1,8 milliard d'euros (2,1 milliards de francs) de budget annuel ne servent du coup qu'à colmater les brèches, ne laissant aux arts vivants que la part du pauvre. En 2011, La Scala et le Piccolo Teatro de Milan, deux institutions prestigieuses de niveau international, se sont retrouvés avec 17 millions d'euros en moins.

Théâtre et cinéma

L'administrateur français de La Scala, Stéphane Lissner, a appelé le gouvernement de Mario Monti à «ne pas sacrifier» la culture à la rigueur budgétaire, en soulignant que le pourcentage consacré à la culture par le gouvernement est déjà «un des plus bas en Europe».

Côté cinéma, c'est aussi la débandade: l'association professionnelle d'auteurs pour le cinéma et la télévision «100autori» a exprimé le 13 janvier sa «grave préoccupation pour les nouvelles réductions de budget et les annulations de projets».

Le tableau dressé n'est pas très réjouissant: «Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas, on ne sait pas comment faire de l'argent avec notre culture nationale», constatait amèrement l'écrivain Umberto Eco dans une lettre au gouvernement publiée l'an dernier. (ats/nxp)

Créé: 08.04.2012, 09h47


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