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Ukraine Poutine rappelle ses troupes, mais l'OTAN est sceptique

Vladimir Poutine a ordonné aux forces russes qui ont participé à des manoeuvres près de la frontière ukrainienne de regagner leurs bases d'attache. L'OTAN n'a toutefois constaté aucun mouvement de retrait.

L'armée ukrainienne mène depuis la mi-avril une opération militaire contre les insurgés armés pro-russes.

L'armée ukrainienne mène depuis la mi-avril une opération militaire contre les insurgés armés pro-russes. Image: Keystone

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En images, les événements en Ukraine (mai-septembre 2014)

En images, les événements en Ukraine (mai-septembre 2014) La crise qui fait vaciller l'Ukraine depuis plusieurs mois a connu un tournant majeur avec la signature d'un cessez-le feu.

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«Malheureusement, je dois dire que nous n'avons pas constaté du tout que les Russes ont débuté un retrait de leurs forces de la frontière ukrainienne», a déclaré le secrétaire général de l'organisation Anders Fogh Rasmussen à Bruxelles.

Le département américain de la Défense a fait le même constat. La présence de soldats russes dans les régions frontalières de l'Ukraine, estimée à 40'000 militaires par l'OTAN, a accentué la tension dans la région.

Le 7 mai, Vladimir Poutine avait déjà annoncé un tel retrait, sans qu'aucun mouvement de troupes n'ait ensuite été observé. «C'est la troisième déclaration de Poutine» annonçant une telle décision «mais nous n'avons toujours pas vu de retrait», a souligné M. Rasmussen.

«Je le regrette, car ce serait le signe d'une désescalade et si un jour nous voyons les signes d'un retrait, je serai le premier à m'en réjouir», a-t-il assuré. M. Rasmussen a exhorté Moscou à adopter «une attitude plus constructive» en dialoguant avec Kiev.

Baisse de l'activité militaire

Sur le terrain, les gardes-frontière ukrainiens ont néanmoins constaté une baisse de l'activité du côté russe. «Avant, on voyait dix avions ou plus longer la frontière en vingt-quatre heures et des véhicules militaires approcher. Actuellement, il n'y a rien de tout cela», selon leur porte-parole Oleh Slobodyan.

Parallèlement au retrait annoncé de ses soldats, Moscou a appelé Kiev à «mettre fin immédiatement à l'opération répressive et aux violences» et à retirer ses troupes. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov estime par ailleurs nécessaire de réétablir les relations entre Moscou et l'OTAN à l'aune du conflit en Ukraine.

«Ces relations doivent être repensées en profondeur et, ensemble avec nos partenaires de l'Union européenne et de l'OTAN, nous essayons de comprendre où nous en sommes, où nos évaluations coïncident et où elles divergent», a soutenu M. Lavrov.

Affrontements sporadiques

Dans l'est de l'Ukraine, des affrontements sporadiques se poursuivent entre insurgés armés et soldats ukrainiens dans les régions séparatistes de Lougansk et de Donetsk.

Le ministère ukrainien de la Défense a annoncé lundi le décès d'un soldat dans une attaque au mortier par les insurgés près de Slaviansk. La ville, l'un des bastions de l'insurrection, est encerclée par les troupes de l'armée régulière.

Les violences, qui ont fait près de 130 tués depuis le 13 avril et le début de l'opération «antiterroriste», pourraient empêcher le bon fonctionnement du scrutin présidentiel de dimanche dans l'est du territoire.

Un président légitime

Selon un décompte de l'AFP à partir des données de la Commission électorale, deux millions d'électeurs risquent d'être privés de vote ou de devoir faire des heures de route pour voter dans une région sous le contrôle de Kiev.

«Dans certaines localités (de l'Est), il sera difficile d'organiser l'élection», a reconnu le Premier ministre Arseni Iatseniouk. «Elles sont très peu nombreuses et cela n'aura pas d'influence sur le déroulement du scrutin. L'élection aura lieu et nous aurons un président légitime», a-t-il souligné.

Le ministre de l'Intérieur Arsen Avakov a précisé que des «groupes spéciaux» seraient chargés d'assurer la sécurité du scrutin dans l'Est.

Campagne électorale

Les principaux candidats à la présidentielle poursuivent leur campagne, mais aucun, hormis l'ancienne Première ministre Ioulia Timochenko, ne s'est rendu à Donetsk.

La peur de voir Moscou envahir le pays et le débat complexe sur l'identité ukrainienne, entre les habitants de l'Ouest, proches de la Pologne et taxés de nationalistes, et ceux de l'Est qui regardent vers Moscou, ont été au coeur de la campagne électorale. (ats/nxp)

Créé: 19.05.2014, 19h33

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