Mardi 7 juillet 2020 | Dernière mise à jour 13:54

Coronavirus Royaume-Uni: Boris Johnson en difficulté

Le premier ministre britannique a décidé de garder son conseiller Dominic Cummings. Ce dernier est accusé d'avoir violé le confinement.

Le premier ministre Boris Johnson a défendu sa position lors d'une conférence de presse, dimanche 24 mai.

Le premier ministre Boris Johnson a défendu sa position lors d'une conférence de presse, dimanche 24 mai. Image: AFP

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Boris Johnson se trouve en difficulté après avoir choisi de garder son conseiller spécial Dominic Cummings. Ce dernier est accusé d'avoir violé le confinement. Cette polémique tombe mal pour le Premier ministre britannique.

Boris Johnson réunit son gouvernement lundi en milieu de journée. Ils doivent plancher sur la réouverture de certains commerces qui ne sont pas estimés essentiels et qui sont fermés depuis l'instauration des mesures de protection contre le coronavirus le 23 mars.

Malgré la déferlante d'appels, y compris en provenance des rangs de la majorité conservatrice, pour exiger le départ du puissant et controversé conseiller, le chef du gouvernement a soutenu mordicus Dominic Cummings. Il a agi de «façon responsable, légale et avec honnêteté», a déclaré Boris Johnson dimanche au cours de la conférence de presse quotidienne de Downing Street.

M. Cummings, 48 ans, le cerveau de la campagne du référendum de 2016 qui a abouti au Brexit, est au cœur d'une tempête politique. Deux journaux ont révélé vendredi soir qu'il s'était rendu fin mars avec sa femme et leur fils chez ses parents à Durham, à 400 km au nord-est de Londres, alors qu'il craignait d'être atteint du Covid-19.

Affaibli politiquement

Selon «Downing Street», Dominic Cummings avait besoin d'aide pour la garde de son fils, car sa femme était malade. Sa famille a séjourné dans un bâtiment séparé de la propriété. Sur le site web du NewStatesman, les parents de Dominic Cummings ont expliqué la venue de leur fils par la mort de son oncle.

L'intervention de Boris Johnson, loin d'avoir clos la polémique, l'a affaibli politiquement, y compris au sein de ses propres troupes. «C'est un cas classique du faites ce que je dis, pas ce que je fais», a ainsi estimé l'ancien ministre conservateur Paul Maynard, «ça semble complètement indéfendable, sa position est intenable».

Le député de la majorité Simon Hoare juge quant à lui dans le Daily Mail que «tout reste d'espoir que tout cela s'estompe en 24 heures est perdu». «C'était un test pour le Premier ministre et il a échoué», a réagi le chef de l'opposition travailliste Keir Starmer. Il a dénoncé «une insulte aux sacrifices faits par le peuple britannique».

Les critiques surgissent de toutes parts, bien au-delà même du spectre politique. Selon l'un des scientifiques chargés de conseiller le gouvernement, le Pr Stephen Reicheir, Boris Johnson a «laminé tous les conseils reçus sur la manière d'assurer la confiance et l'adhésion» des Britanniques aux consignes nécessaires pour lutter contre la propagation du virus.

Des responsables de l'Eglise ont eux aussi abondé dans le même sens: «la question à présent est celle-ci: est-ce que l'on accepte que l'on nous mente et que le Premier ministre nous prenne pour des poires?», a tweeté l'évêque de Leeds, Nick Baines.

Hypocrite

Lundi matin, des vidéos diffusées sur internet montrent Dominic Cummings en train de se faire apostropher près de son domicile et traiter d'«hypocrite». Cette affaire ajoute encore un poids sur les épaules de Boris Johnson, vivement critiqué pour sa gestion de la crise et la mise en place tardive du confinement. Elle pourrait même prendre un tour judiciaire, soulignent le «Guardian» et le «Daily Mirror», à l'origine des révélations.

Selon ces deux journaux, un retraité convaincu d'avoir vu Dominic Cummings le 12 avril à Barnard Castle, à une cinquantaine de kilomètres de Durham, a porté plainte pour de possibles infractions aux lois sur la santé. Ils affirment que Dominic Cummings a également été aperçu à Durham le 19 avril, cinq jours après son retour à Londres pour se remettre au travail après sa guérison.

Boris Johnson a estimé que nombre des allégations relayées dans la presse étaient «manifestement fausses», sans entrer dans le détail. (ats/Le Matin)

Créé: 25.05.2020, 14h03

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