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France «Touche pas à ma pute!»

Des hommes opposés à une proposition de loi socialiste visant à sanctionner les clients des prostituées en France, parmi lesquels l'écrivain Frédéric Beigbeder, ont lancé une pétition sous le titre provocateur «touche pas à ma pute!».

Image: AFP / DR

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«Nous considérons que chacun a le droit de vendre librement ses charmes - et même d'aimer ça. Et nous refusons que des députés édictent des normes sur nos désirs et nos plaisirs», argumente le texte qui sera publié dans le numéro de novembre du mensuel Causeur.

La proposition de loi déposée par les parlementaires socialistes et qui doit être examinée fin novembre prévoit notamment la création d'une amende de 1.500 euros sanctionnant le recours à la prostitution, doublée en cas de récidive.Parmi les premiers signataires de la pétition, dont «certains sont allés, vont, ou iront aux «putes», figurent notamment Frédéric Beigbeder, prix Renaudot 2009 avec «Un roman français», Nicolas Bedos ou encore Basile de Koch, mari de l'ex-égérie des opposants au mariage gay Frigide Barjot. «Homos ou hétéros, libertins ou monogames, fidèles ou volages, nous sommes des hommes. Cela ne fait pas de nous les frustrés, pervers ou psychopathes décrits par les partisans d'une répression déguisée en combat féministe. Qu'il nous arrive ou pas de payer pour des relations charnelles, nous ne saurions sous aucun prétexte nous passer du consentement de nos partenaires», plaident-ils. «Nous ne défendons pas la prostitution, nous défendons la liberté. Et quand le Parlement se mêle d'édicter des normes sur la sexualité, notre liberté à tous est menacée», a justifié la directrice de la rédaction de Causeur Elisabeth Lévy.

Les signataires ont baptisé leur texte «manifeste des 343 salauds», en référence au manifeste pour la légalisation de l'avortement signé par 343 personnalités féminines -actrices, artistes, intellectuelles - en 1971, lorsque l'avortement était encore passible de la prison, devenues sous la plume ironique de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo «les 343 salopes». «Les 343 salopes réclamaient en leur temps de pouvoir disposer librement de leur corps. Les 343 salauds réclament le droit de disposer du corps des autres. Je crois que cela n'appelle aucun autre commentaire», a réagi mercredi la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem.

Un argument déjà défendu mardi par l'une des signataires de l'appel de 1971, Anne Zelensky, dans une tribune publiée par Le Monde.«Ce qui me chiffonne, c'est cet appel à la liberté», écrit Mme Zalenski, qui demande «comment peut-on revendiquer comme liberté ce qui en fait la bafoue». (afp/Le Matin)

Créé: 31.10.2013, 15h58


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