Lundi 19 novembre 2018 | Dernière mise à jour 00:10

Londres Les principaux suspects sont dans un «état stable»

Scotland Yard a procédé lundi à une dixième arrestation dans l'enquête sur le meurtre d'un militaire britannique à Londres.

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Un homme de 50 ans a été interpellé pour «complicité de meurtre», a indiqué la police dans un communiqué, précisant procéder à une perquisition dans un quartier du sud-est de Londres où l'arrestation a eu lieu. La police n'a pas précisé l'identité de la personne interpellée.

Il s'agit de la dixième arrestation dans l'enquête du soldat poignardé à coups de couteau et de hachoir en pleine rue: six personnes ont été relâchées, dont quatre sous caution; deux sont en garde à vue pour complicité de meurtre; et les deux principaux suspects, qui ont été blessés sur les lieux du crime par la police, sont toujours hospitalisés, selon Scotland Yard.

Leur «état de santé est stable» et ils «seront interrogés quand cela sera possible», a indiqué la police, qui ne précise pas la gravité de leurs blessures.

Manifestation d'extrême-droite

Ce drame a fait craindre une hausse des tensions communautaires au Royaume-Uni. L'agresseur a en effet revendiqué le meurtre en expliquant, dans une vidéo, avoir agi en représailles du fait que «des musulmans sont tués quotidiennement par des soldats britanniques».

En réaction à ce crime, un millier de partisans de la Ligue de défense anglaise (EDL, extrême-droite) ont manifesté lundi devant les bureaux du Premier ministre, ont constaté des journalistes. Ils scandaient: «Les meurtriers musulmans hors de nos rues».

«Ils ont eu leur Printemps arabe. Le temps est venu d'avoir le Printemps anglais», a déclaré le chef de l'EDL, Tommy Robinson. En fin d'après-midi, des partisans de l'EDL et des contre-manifestants se sont affrontés à coups de bouteilles de verre, obligeant des policiers à intervenir.

Recrudescence des incidents

De son côté, une organisation qui combat l'extrémisme religieux, Faith Matters, a affirmé avoir constaté, depuis le meurtre du militaire, une recrudescence des incidents visant les musulmans.

Dimanche soir, un incendie a éclaté dans un centre culturel musulman à Grimsby (est de l'Angleterre), sans faire de blessés selon la police qui a arrêté deux personnes. Des cocktails Molotov ont été jetés sur l'établissement, a affirmé le président de la mosquée, Diler Gharib.

Des fenêtres de la mosquée avaient déjà été endommagées jeudi et onze personnes arrêtées, selon la police. Aucun lien n'a été établi dans l'immédiat entre le meurtre du soldat et ces incidents.

Autres suspects

L'enquête sur le militaire tué, qui mobilise quelque 500 personnes, «se concentre sur la sécurité du public et l'identification d'autres personnes qui pourraient être impliquées» dans le meurtre, a déclaré le patron du contre-terrorisme à Scotland Yard, Stuart Osborne.

La police étudie notamment des images de vidéosurveillance et a de nouveau appelé toute personne ayant filmé ou pris des photos du drame de les leur remettre. Par ailleurs, un homme qui s'est présenté comme un ami du principal suspect et a affirmé que les services secrets britanniques le connaissaient était toujours interrogé lundi par la police.

Il est soupçonné d'avoir «ordonné ou préparé (...) des actes terroristes», mais selon une source proche de l'enquête, son arrestation, qui a eu lieu vendredi soir, n'est pas directement liée au meurtre du soldat.

(ats/nxp)

Créé: 27.05.2013, 19h31

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