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Paris Viol à la police: la touriste pensait être «en sécurité»

Une touriste canadienne a raconté au tribunal à Paris son viol par deux agents de police au 36 Quai des Orfèvres. Glaçant.

Les faits racontés par la touriste canadienne sont sordides.

Les faits racontés par la touriste canadienne sont sordides. Image: AFP

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La touriste canadienne Emily Spanton, qui accuse de viol deux policiers en procès à Paris, a expliqué mercredi s'être rendue dans les locaux de la police en pensant y être «en sécurité». «Quand les agents de police m'ont proposé d'aller (dans leurs locaux, ndlr), je me suis dit que j'y serais en sécurité», a raconté la Canadienne de 39 ans, qui a donné, dans sa première prise de parole devant la cour d'assises de Paris, sa version de la nuit du 22 au 23 avril 2014.

Les deux policiers, qu'elle venait de rencontrer dans un pub, lui ont expliqué que le «36», surnom des locaux parisiens de la police au 36, quai des Orfèvres, était un lieu célèbre, où des films avaient été tournés.

Le «36» était vide

«J'étais ivre, je savais que je n'étais pas en mesure de retrouver mon hôtel. Je me suis dit qu'au moins, dans un commissariat, je ne pourrais pas boire à nouveau et que je rentrerais une fois sobre», a poursuivi l'accusatrice, une grande femme aux cheveux courts, vêtue d'un pantalon noir et d'un long tee-shirt sombre.

Elle pensait qu'il y aurait beaucoup de monde dans ce qu'elle appelle un «commissariat». Mais le «36», quand elle y est arrivée à 00H40, était quasiment vide. Elle a marché en titubant, grimpé les escaliers jusqu'au bureau 461.

«Tout se passait bien, je regardais des photos. Les policiers m'ont servi un Scotch. Je n'en avais pas vraiment envie, mais j'ai accepté de boire une gorgée par politesse», se souvient-elle, la voix étranglée par les sanglots. Elle a assuré que «tout le monde flirtait» ce soir-là au pub, mais qu'elle n'avait pas l'intention d'aller plus loin.

Fellation et viols

Les accusés l'auraient forcée à boire son verre, puis elle se serait retrouvée à genoux. L'un d'eux lui aurait mis son pénis dans la bouche. «On m'a poussée sur la table. Quelqu'un est entré à l'intérieur de moi. Puis quelqu'un d'autre. Quand ça a été fini, j'ai ramassé mes affaires, mais je n'ai pas réussi à ouvrir la porte. On m'a tirée dans un autre bureau et tous les événements se sont répétés», a-t-elle raconté.

«Pour moi, il y avait trois agresseurs», a-t-elle dit à la cour. Parmi eux, se trouvent selon elle les deux accusés, dont elle a confondu les noms à l'audience.

Ceux-ci reconnaissent une fellation consentie pour l'un et des caresses sexuelles consenties pour l'autre, mais nient tout viol. Ces policiers, qui comparaissent libres, encourent 20 ans de réclusion. (afp/nxp)

Créé: 16.01.2019, 14h34

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