Jeudi 15 novembre 2018 | Dernière mise à jour 03:57

Presse belge Albert II, «un roi qui nous parle les yeux dans les yeux»

Au lendemain de l’annonce de l’abdication du roi Albert II, la presse belge jette un regard plutôt flatteur sur ses vingt ans de règne. Et attend de voir ce dont sera capable Philippe, son fils aîné qui va lui succéder.

Albert II annonce qu'il va abdiquer

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Dans son éditorial en Une du Soir, Béatrice Delvaux évoque une «décision d’une grande modernité à l’instar de celles prises récemment par la reine Beatrix ou le pape Benoît XVI. Après vingt ans de règne et à 80 ans, le roi prend une décision sage, responsable et annoncée qui plus est avec cette grande simplicité qui lui est coutumière. Le roi part aussi avec le sentiment légitime du devoir accompli».

Et l'éditorialiste du Soir d'évoquer la compassion et la chaleur apportées par le roi Albert II aux Belges dans les moments tragiques vécus par le pays ainsi que son «sens aigu des responsabilités dans des crises politiques d'une profonde gravité », soulignant le rôle fondamental joué par le roi dans les négociations de 2010-2011 pour la mise en place d’un nouveau gouvernement.

Béatrice Delvaux estime que «la décision du roi, prise quasiment un an avant l’élection, dans un moment "calme" est sage et responsable, vu l’âge et la santé du souverain ».

Un souverain «humble et sincère»

Dans La Libre Belgique, Vincent Slits souligne que le roi a «pris ses responsabilités avec humilité, sincérité et respect envers les institutions et ses concitoyens. Avec le sentiment du devoir accompli aussi, celui d’avoir accompagné la transformation d’un pays, si souvent condamné mais en fin de compte toujours debout».

L'éditorialiste de La Libre Belgique rend également hommage à Albert II qui aura «au-delà des moments de crise où il a parfaitement joué son rôle, incarné un règne fort, courageux et chaleureux. Un roi soucieux tout au long de ces vingt années de préserver le bien-être de ses compatriotes et de défendre ce ”vivre ensemble” entre Wallons, Bruxelles et Flamands. Un roi qui a accompagné l’évolution institutionnelle de notre pays dans le strict respect de ses prérogatives constitutionnelles».

Pas un roi comme les autres

Pour La Dernière Heure, «il n’était pas un roi comme les autres. Albert II fut plus un homme qu’un souverain, en témoignent les nombreuses réactions des politiciens ou des différentes personnes qui l’ont côtoyé », souligne son rédacteur en chef Ralph Vankrinkelveldt.

«Simplicité, empathie sont les qualificatifs qui lui colleront à la peau. Et humour restera le trait de caractère le plus marquant de ce grand homme, ce grand démocrate», poursuit l’auteur de l’éditorial de La Dernière Heure, avant d’oser cette mise en garde à l’égard de son successeur: «On sait qu’un roi règne mais ne gouverne pas! A lui de marquer d’une emprunte indélébile les premiers mois, sinon certains seront menaçants. Il est impossible de plaire à tout le monde!»

Un homme «marqué par l'émotion»

Les journaux du groupe Sudpresse voient pour leur part, en Albert II un homme «marqué par l'émotion, dont les mains tremblent, qui nous parle les yeux dans les yeux, avec un ton profondément humain».

Dans les colonnes de L’Avenir, Thierry Dupièreux demande à ses compatriotes de faire preuve d’indulgence envers son fils et successeur Philippe, «un prince qui va devenir roi t qui va devoir tuer quelques a priori et craintes à son égard».

Presse flamande plus critique

De nombreux connaisseurs des institutions belges voient également dans cette passation de pouvoir une occasion de limiter la fonction du souverain à une fonction protocolaire. Davantage critique face à la royauté, la presse flamande insiste sur cet aspect: «C 'est aussi la seule version de la monarchie héréditaire qui subsiste intellectuellement dans une société moderne et un pays compliqué comme la Belgique», commente notamment Bart Sturtewagen dans De Standaard.

En ce qui concerne le futur roi Philippe, plusieurs éditorialistes flamands déclarent qu'il faut maintenant attendre et voir venir. «Le futur roi Philippe va-t-il prendre pour modèle le 'roi-prêtre' Baudouin, ou son père souriant, un homme avec des faiblesses humaines», s'interroge Yves Desmet dans le quotidien De Morgen.

Eric Doncker du journal Het Belang van Limburg, comme de nombreux autres commentateurs, dirige son regard plus loin et voit dans la formation du nouveau gouvernement l'an prochain le test décisif pour le nouveau souverain. Pour Luc Van Der Kelen du Het Laatste Nieuws, «tout souverain doit suivre sa voie, le prince Philippe également. 'La fonction crée le roi' ». (nxp)

Créé: 04.07.2013, 10h51

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.