Mardi 18 juin 2019 | Dernière mise à jour 06:04

Suède Assange fixé lundi sur son éventuelle détention

Le fondateur de WikiLeaks, actuellement incarcéré à Londres, est poursuivi par la justice suédoise pour un viol présumé commis en 2010.

Julian Assange est poursuivi pour un viol présumé commis en Suède en 2010. (Photo d'archives)

Julian Assange est poursuivi pour un viol présumé commis en Suède en 2010. (Photo d'archives) Image: AFP

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La justice suédoise se prononce lundi sur un éventuel placement en détention «par défaut» du fondateur de WikiLeaks Julian Assange, poursuivi pour un viol présumé commis en Suède en 2010 et détenu à Londres, prélude à l'émission d'un mandat d'arrêt européen. L'audience est prévue à 10H00 locales (08H00 GMT) au tribunal d'Uppsala (est), avant une décision annoncée dans la foulée.

La décision des juges sera une étape importante puisque si le placement en détention est accepté, le parquet a indiqué son intention d'émettre un mandat d'arrêt européen afin d'obtenir le transfèrement en Suède de Julian Assange depuis le Royaume-Uni, où il est actuellement écroué. Mi-mai, la procureure en charge de l'instruction Eva-Marie Persson avait annoncé la réouverture de l'enquête pour viol contre Julian Assange, 47 ans, après son arrestation à Londres le 11 avril.

Une semaine plus tard, le parquet avait demandé son placement en détention en son absence - une procédure légale en Suède - «en raison de soupçons de viol». L'interpellation de Julian Assange en Grande-Bretagne, suivi de la réouverture de l'enquête en Suède, avait ravivé l'espoir de la plaignante et de son avocate de voir le fondateur de WikiLeaks remis au pays scandinave, en vue d'un procès avant la prescription échéant en août 2020.

Agée d'une trentaine d'années à l'époque des faits, la plaignante accuse l'Australien d'avoir engagé un rapport sexuel pendant qu'elle dormait et sans préservatif, alors qu'elle lui avait refusé tout rapport non protégé à plusieurs reprises. De son côté, Assange a toujours nié les faits, et soutient qu'elle était consentante et avait accepté de ne pas utiliser de préservatif. Il était aussi visé par une plainte pour agression sexuelle à la même époque, mais celle-ci a été frappée par la prescription en 2015.

«Torture psychologique»

La réouverture de l'enquête suédoise visant l'Australien relance ainsi un feuilleton judiciaire qui dure depuis près d'une décennie durant laquelle Julian Assange et ses soutiens n'auront eu de cesse de dénoncer une manoeuvre destinée à le faire extrader vers les Etats-Unis.

Les Etats-Unis reprochent à l'Australien d'avoir mis en danger certaines de leurs sources lors de la publication en 2010 par WikiLeaks de 250.000 câbles diplomatiques et d'environ 500'000 documents confidentiels portant sur les activités de l'armée américaine en Irak et en Afghanistan. lls l'accusent également d'avoir «comploté» avec l'ex-analyste militaire Chelsea Manning, à l'origine de cette fuite sans précédent.

La justice américaine a inculpé Julian Assange le 23 mai en vertu des lois anti-espionnage. C'est officiellement pour éviter l'extradition aux Etats-Unis que l'Australien s'était réfugié en 2012 à l'ambassade d'Equateur à Londres. En son absence, et faute de pouvoir faire avancer l'enquête, la justice suédoise avait abandonné les poursuites en mai 2017.

Mais à la suite d'une demande d'extradition formulée par les Etats-Unis, Julian Assange a été remis le 11 avril aux autorités britanniques qui l'ont immédiatement emprisonné puis condamné à une peine de 50 semaines de prison le 1er mai pour violation des conditions de sa liberté provisoire.

Selon Mme Persson, «dans l'éventualité d'un conflit entre le mandat d'arrêt européen et une demande d'extradition de la part des Etats-Unis, les autorités britanniques décideront sur l'ordre de priorité. L'issue de ce processus est impossible à prévoir». L'audience d'extradition réclamée par les Etats-Unis devait se tenir jeudi dernier, mais a été ajournée à la semaine du 12 juin - les avocats de Julian Assange ayant fait valoir qu'il était en mauvaise santé.

Un rapporteur de l'ONU a affirmé vendredi que Julian Assange présentait «tous les symptômes (de) torture psychologique» à laquelle il a été exposé «pendant plusieurs années». Le rapporteur a estimé que s'il venait à être extradé aux Etats-Unis, il «serait exposé à un risque réel de violations graves de ses droits humains, y compris de sa liberté d'expression et d'expression». (afp/nxp)

Créé: 03.06.2019, 04h27

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