Mercredi 17 juillet 2019 | Dernière mise à jour 04:48

«Minable» Ayrault défend ses propos contre Depardieu

Le Premier ministre français s’est lancé dans la délicate exégèse de ses attaques contre l’acteur alors que la droite lui reprochait ses «insultes» et que François Hollande a refusé lui de blâmer le comédien.

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Gérard Depardieu s'exile en Belgique

Gérard Depardieu s'exile en Belgique Accusé d'exil fiscal en Belgique, l'acteur Gérard Depardieu a annoncé dimanche 16 décembre qu'il rendait passeport français.

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La lettre ouverte que Gérard Depardieu a envoyée dimanche à Jean-Marc Ayrault faisait suffisamment de remous pour que le Premier ministre français prenne le temps, en marge d’un déplacement à Clermont-Ferrand, de faire une mise au point sur ce fameux mot de "minable" qui a fait sortir de ses gonds le très sanguin Depardieu.

"Je ne demande pas à être approuvé, je pourrais au moins être respecté !", avait lancé dans sa lettre l’acteur au Premier ministre qui avait trouvé mercredi dernier l’exil fiscal de l’acteur "assez minable".

"Minable, vous avez dit +minable+ ? Comme c’est minable !", ironisait l’interprète d’Obélix, référence à une réplique culte de Louis Jouvet dans "Drôle de drame" ("Bizarre... Vous avez dit bizarre ?...").

«Côté minable»

"Je n’ai pas traité de minable M. Depardieu", a répliqué M. Ayrault à Clermont-Ferrand, "j’ai dit que ça avait un côté minable effectivement" d’établir sa résidence en Belgique pour payer moins d’impôts. "J’ai dit aussi que Gérard Depardieu était un grand artiste, aimé par les Français à ce titre. Dans cette même intervention, j’ai parlé de solidarité citoyenne et de patriotisme.

Payer ses impôts lorsque des efforts doivent être faits, c’est l’affaire de tous les Français", a ajouté le Premier ministre. Il lançait cette tentative d’apaisement au moment même où l’opposition de droite profitait de l’affaire pour conduire une attaque en règle contre le gouvernement.

Hollande ne blâme pas

De son côté, le président François Hollande a tancé implicitement lundi les membres du gouvernement, à commencer par Jean-Marc Ayrault, en affirmant: "Plutôt que de blâmer, je veux saluer ceux qui acceptent de payer leurs impôts en France".

"Moi, plutôt que de blâmer tel ou tel, je veux saluer le mérite de ceux qui ont certes beaucoup, mais qui acceptent de payer leurs impôts en France, de produire en France, de faire travailler en France et de servir leur pays", a déclaré le chef de l’Etat, lors de la visite d’une entreprise innovante.

La droite fustige

Le président François Hollande est "en train de mettre notre pays par terre" par un "matraquage fiscal", a dénoncé le président proclamé mais contesté de l’UMP (droite), Jean-François Copé, accusant le gouvernement de "piétiner les talents, les artistes, les créateurs, les chercheurs, les entrepreneurs".

Comme la veille, le chef des députés UMP, Christian Jacob, qui avait accusé M. Ayrault d’être tombé "dans l’insulte, dans l’invective", l’ancienne ministre Rachida Dati s’est dite "choquée" que le gouvernement soit "dans l’injure". "Jean-Marc Ayrault devrait s’interroger sur les causes du départ de Gérard Depardieu. Est-ce qu’il est normal qu’un gouvernement vous écoeure de votre pays ?", assénait-elle sur Radio Classique/Public Sénat.

People au secours de Depardieu

Le sénateur socialiste David Assouline a fini par trouver "scandaleux" que la droite "justifie et encourage l’exil fiscal". Quelques personnalités sont quand même venues au secours de Depardieu : "Est-ce-que vous avez interrogé quelqu’un lorsque (l’acteur) Alain Delon est parti, quand (le tennisman) Guy Forget est parti, quand toutes ces stars sont parties ?", s’est indigné Louis Nicollin, président du Montpellier Hérault Football Club, et ami de l’acteur.

Le réalisateur Claude Lelouch a dénoncé un "lynchage honteux" même si le départ de Depardieu "peut être considéré comme une insulte à la misère". L’acteur a "pris un risque énorme avec son capital principal qui est son public", a-t-il ajouté, soulignant son "courage". Depardieu pourra vérifier sa popularité avec la sortie le 26 décembre de "L’homme qui rit", tiré du roman de Victor Hugo, dans lequel il campe un forain accueillant dans sa modeste roulotte deux orphelins rejetés par tous, un film sur l’incompatibilité de deux mondes : celui des riches et celui des pauvres. (afp/nxp)

Créé: 17.12.2012, 18h43

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