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Affaire Tapie Christine Lagarde à Nicolas Sarkozy: «Utilise-moi…»

La presse française révèle que, dans une lettre manuscrite, Christine Lagarde, alors ministre de l’Economie de l'ex-président français Nicolas Sarkozy, lui fait allégeance dans le cadre de l'affaire Tapie.

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Relayé dans la foulée par plusieurs médias français, Le Monde se fait l’écho ce lundi 17 juin d’une information pour le moins surprenante.

Lors de leurs perquisitions au domicile de Christine Lagarde dans le cadre de l’affaire Tapie, le 20 mars dernier, les enquêteurs ont, rapporte Le Monde, trouvé une lettre manuscrite, non datée, destinée à Nicolas Sarkozy. On ne sait pas pour l'instant si cette missive a été envoyée et, si oui, quand elle l'a été.

Dans cette lettre rédigée alors qu'elle était ministre de l'Economie, Christine Lagarde fait complètement allégeance à l’ancien président de la République. Elle demande au chef de l'Etat qu'il l'utilise «pendant le temps qui (lui) convient» et lui «demande pardon» pour avoir «pu échouer périodiquement».

Voici le texte de la lettre de Christine Lagarde à Nicolas Sarkozy

«Cher Nicolas, très brièvement et respectueusement,

1) Je suis à tes côtés pour te servir et servir tes projets pour la France.

2) J'ai fait de mon mieux et j'ai pu échouer périodiquement. Je t'en demande pardon.

3) Je n'ai pas d'ambitions politiques personnelles et je n'ai pas le désir de devenir une ambitieuse servile comme nombre de ceux qui t'entourent dont la loyauté est parfois récente et parfois peu durable.

4) Utilise-moi pendant le temps qui te convient et convient à ton action et à ton casting.

5) Si tu m'utilises, j'ai besoin de toi comme guide et comme soutien: sans guide, je risque d'être inefficace, sans soutien je risque d'être peu crédible. Avec mon immense admiration. Christine L.»

Arbitrage entre Bernard Tapie et Le Crédit Lyonnais pour la vente d'Adidas

Pour rappel, entendue par la justice dans le cadre de l’enquête sur l’arbitrage entre Bernard Tapie et Le Crédit Lyonnais sur la vente d’Adidas, l’actuelle directrice du FMI, auditionnée il y a trois semaines devant les magistrats de la Cour de justice de la République (CJR), a été placée sous le statut de témoin assisté.

Son ancien chef de cabinet Stéphane Richard, aujourd’hui patron d’Orange, a pour sa part été mis en examen (l’équivalent d’inculpé en droit suisse), poursuivi pour «escroquerie en bande organisée». Il a récemment affirmé que plusieurs réunions s'étaient tenues à l'Elysée pour mettre en place la procédure.

Lagarde prête à protéger Sarkozy à tout prix?

Aujourd’hui, des voix laissent entendre, y compris dans l’opposition de droite, que Christine Lagarde a essayé de protéger Nicolas Sarkozy depuis le début de l’enquête.

L’ancienne ministre de l’Economie a toujours nié avoir reçu des ordres de l’ancien président de la République pour régler l'affaire Tapie: «Je n’agissais pas sur instruction mais sur la base de mon appréciation.»

Nouveaux rebondissements à prévoir

La semaine dernière, le premier ministre Jean-Marc Ayraut a fait savoir son intention, au nom de l’actuel gouvernement de gauche, de contester en justice l’arbitrage qui a soldé le conflit entre l’homme d’affaire et la banque en 2008 en accordant à Bernard Tapie 403 millions d’euros.

Jean-Marc Ayrault a encore précisé que l’Etat français «a l’intention» d’engager un recours en révision contre l’arbitrage du litige. Une source proche de l’enquête a, par ailleurs, indiqué jeudi dernier que Stéphane Richard avait affirmé aux enquêteurs que Bernard Tapie était présent en 2007 à une réunion à l’Elysée destinée à mettre en place cette procédure plutôt que de s’en remettre à la justice.

Interrogé par la brigade financière durant 48 heures, l’ancien chef de cabinet de Christine Lagarde aurait ouvert une piste aux enquêteurs: l’arbitrage a été décidé directement à l’Elysée, sous la houlette de son secrétaire général Claude Guéant et du secrétaire général adjoint François Pérol.

L’étau se resserrerait donc autour de Claude Guéant et par voie de conséquence se rapprocherait de plus en plus de l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy en personne, car peu nombreux sont ceux qui doutent que le secrétaire général de l’Elysée ait pris cette initiative sans en référer à l’ancien chef d’Etat français.

Créé: 17.06.2013, 15h58

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