Mardi 14 juillet 2020 | Dernière mise à jour 09:07

Pologne Condamnés à la prison pour s'être dénudés à Auschwitz

Pour s'être mis à nu et tué un mouton devant l'ancien camp d'extermination en mars 2017, deux manifestants ont écopé d'une peine de prison.

En mars 2017, les membres du groupe s'étaient dénudés et attachés entre eux à l'entrée de l'ancien camp de concentration.

En mars 2017, les membres du groupe s'étaient dénudés et attachés entre eux à l'entrée de l'ancien camp de concentration. Image: Twitter/@chiIIum

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Deux membres du groupe «Love Macht Frei» qui s'étaient dénudés il y a un an devant l'entrée du camp d'extermination nazi d'Auschwitz ont été condamnés mercredi à la prison par un tribunal local pour offense à ce «lieu de mémoire de l'humanité».

Tous les deux Bélaruses installés en Pologne et identifiés comme Adam B. et Mikita V., ils ont écopé respectivement d'un an et demi de prison et un an et deux mois. Dix autres manifestants, âgés de 20 à 27 ans, dont un citoyen allemand, s'en sortent avec des amendes ou des peines de travaux d'utilité publique. Ils doivent également verser au Musée d'Auschwitz chacun 330 euros à titre de compensations.

En mars 2017, les membres du groupe s'étaient dénudés et attachés entre eux. Ils avaient également suspendu une banderole avec l'inscription «love» en haut du portail de l'ancien camp nazi portant la notoire inscription «Arbeit Macht Frei» («Le travail rend libre» en allemand) ainsi que tué un mouton.

Après l'annonce du verdict Mikita V. a déclaré que le tribunal les a condamnés «injustement, pour une action artistique». Pour avoir infligé la souffrance au mouton, ils ont été privés du droit de posséder un animal pendant dix ans et doivent verser environ 500 euros chacun à une association de protection d'animaux. Dans un communiqué publié l'an dernier, le groupe avait affirmé que le mouton tué représentait une «victime de la guerre à qui la vie avait été enlevée définitivement».

Le procureur Mariusz Slomka, qui avait requis des peines supérieures à celles prononcées, a souligné dans son réquisitoire qu'«Auschwitz était un lieu de mémoire de l'humanité, le symbole du martyre, un cimetière pour des milliers d'êtres humains». «Nous devons envoyer un signal clair (...) que des actes de ce genre ne peuvent jamais se reproduire», a-t-il déclaré.

Mikita V. et Adam B. ont expliqué qu'ils avaient agi pour une bonne cause, que leur protestation était un acte pacifiste, un cri contre la guerre. Ils ont cependant regretté d'avoir fait souffrir un animal.

«Ces personnes ont profané un lieu parmi les plus tragiques dans le monde, (...) tentant d'en user avec impudence pour promouvoir des idées vaseuses qui n'ont jamais été vraiment précisées, et en blessant des millions de gens dont les proches avaient péri», a commenté Piotr Cywinski, le directeur du musée d'Auschwitz. (afp/Le Matin)

Créé: 18.01.2018, 10h28

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