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Justice Femmes tabassées: 4 à 8 ans de prison pour quatre prévenus

Sur les cinq prévenus comparaissant pour l'agression de jeunes femmes à la sortie d'une discothèque genevoise en 2018, quatre ont été condamnés à la prison par le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains (F), mercredi soir.

Les faits avaient eu lieu en août 2018, à la sortie de la discothèque Le Petit Palace à Genève. (Photo d'archives)

Les faits avaient eu lieu en août 2018, à la sortie de la discothèque Le Petit Palace à Genève. (Photo d'archives) Image: Keystone

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Quatre hommes ont été condamnés mercredi soir à des peines allant de 4 à 8 ans de prison par le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains, en France, pour l'agression en 2018 de cinq jeunes femmes à la sortie d'une discothèque de Genève (Suisse). L'affaire avait suscité une forte émotion en Suisse.

À l'issue de trois heures et demie de délibéré, le tribunal a reconnu coupables quatre Français jugés dans cette affaire. Il n'a pas retenu la circonstance aggravante des violences avec arme, considérant qu'il n'y avait «pas suffisamment d'éléments qui permettaient d'établir avec certitude qu'une arme avait été utilisée» cette nuit-là.

Un premier agresseur de 22 ans a été condamné à 8 ans d'emprisonnement avec maintien en détention, et un deuxième de 22 ans également à 5 ans d'emprisonnement, également avec maintien en détention. Quatre ans d'emprisonnement ont été prononcés contre un troisième, âgé de 24 ans, avec maintien en détention. Enfin, un quatrième, âgé de 22 ans, a été condamné à 4 ans d'emprisonnement, sans mandat de dépôt. Un cinquième homme a été innocenté.

Le 8 août 2018, vers 5 h du matin, une altercation survenait à la sortie de l'établissement de nuit Le Petit Palace à Genève, alors que celui-ci venait de fermer. Un homme avait insulté une première femme, la traitant de «grosse», celle-ci répondant par d'autres insultes. En retour, elle recevait des coups de pied et de poing, au ventre et dans la tête.

L'individu était rejoint selon les enquêteurs par quatre autres hommes, alors que quatre autres femmes assistant à la scène intervenaient en défense de la jeune femme. L'une d'elles, jetée au sol et rouée de coups, avait dû subir une opération du cerveau en urgence, son pronostic vital étant alors engagé.

«Satisfaire le tout-Genève»

Le jugement est plus clément que les réquisitions du ministère du public, qui avait réclamé 5 à 13 ans de prison. Au cours de son réquisitoire, le procureur Etienne Moreau avait reconnu que pouvait «se poser la question de savoir si l'on saura exactement ce qu'il s'est passé». «C'est un dossier de témoignages», avait-il rappelé.

«On parle de scène de guerre, de violence inouïe», dénonçait le procureur. Pour lui, «le résultat des violences n'est pas contesté; il n'est pas contestable» et expliquait la sévérité des réquisitions.

Pour les parties civiles, Me Saskia Ditisheim avait dénoncé un «déferlement de violences sexistes». «Ce ne sont pas seulement les témoins qui ont été sidérés. Tout Genève a été sidéré!», relevait-elle, en référence à l'important écho médiatique rencontré par l'affaire.

La défense avait plaidé la relaxe, arguant du manque de preuve. Me Fadila Tabani-Surmont avait souligné «l'outrance» du réquisitoire, Me Leïla Benamor son «manque d'honnêteté intellectuelle».

«Satisfaire le tout-Genève, parce que tout Genève en a parlé, ça n'est pas la loi et ça n'est certainement pas la justice», avait plaidé Me Julien Charle. «Les témoignages ne sont pas concordants», avait souligné Me Laurent Bizien. (afp/nxp)

Créé: 21.05.2020, 02h23

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