Lundi 17 février 2020 | Dernière mise à jour 06:04

France En «gilet jaune», Lassalle fait suspendre l'Assemblée

Le député non-inscrit Jean Lassalle a provoqué mercredi une rare suspension de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée en arborant un «gilet jaune».

Jean Lassalle a d'abord refusé d'ôter son gilet, avant de s'exécuter suite à un rappel au règlement.

Jean Lassalle a d'abord refusé d'ôter son gilet, avant de s'exécuter suite à un rappel au règlement. Image: Handout / Assemblée Nationale / AFP

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«Retirez ce gilet [...] allez manifester hors de cet hémicycle!», a lancé le président de l'Assemblée Richard Ferrand (LREM) à plusieurs reprises à l'élu des Pyrénées-Atlantiques, imperturbable.

Les huissiers, qui s'étaient approchés de Jean Lassalle, en haut des travées, n'ont pas obtenu immédiatement qu'il retire le gilet, symbole de la mobilisation contre la hausse des taxes sur les carburants. Après un moment de flottement, la séance a été brièvement suspendue, un fait peu fréquent lors des «QAG».

Rappel au réglement

L'incident s'est produit alors que le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner répondait à une question de Jean-Michel Fauvergue (LREM) sur la mobilisation des «gilets jaunes». «Les conditions d'organisation de ces multiples manifestations (...) mettent en risque d'abord celles et ceux qui manifestent, celles et ceux qui veulent circuler, et mettent aussi en risque, non pas les comportements cirquiesques ...», a dit le ministre avant d'être interrompu.

M. Ferrand a alors lancé à M. Lassalle: «Je vous rappelle au règlement... M. Lassalle, veuillez immédiatement retirer ce gilet.... parfait M. Lassalle, ce rappel au règlement sera évidemment inscrit au procès-verbal et vous en subirez les conséquences», en l'occurrence une sanction financière. A la suspension, l'ex-candidat à la présidentielle a retiré son gilet et l'a remisé dans sa sacoche.

Provocation et cynisme

Les élus RN et les Insoumis ont peu après quitté l'hémicycle, Marine Le Pen s'insurgeant dans les couloirs de l'Assemblée des propos «indignes» du ministre et de son «cynisme» vis-à-vis du mouvement des «gilets jaunes». «Castaner à été nommé garde du corps du président de la République. Il a remplacé Benalla», a-t-elle asséné. «Castaner est dans la provocation depuis trois jours, c'est lui qui fait monter l'ambiance», a ajouté le député insoumis Eric Coquerel.

A la reprise, le ministre de l'Intérieur a repris la parole: «M. Lassalle sait par expérience que si le ridicule ne tue pas, je pense aux deux personnes qui sont mortes depuis samedi, je pense aux 584 blessés, je pense aux 110 policiers et gendarmes qui pour garantir la protection du droit fondamental de manifester se sont retrouvés blessés», a-t-il déclaré, applaudi debout par les parlementaires de la majorité. Pour sa part, M. Lassalle s'est levé pour protester vivement. (afp/Le Matin)

Créé: 22.11.2018, 10h20

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