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Présidentielle française Hollande ou Sarkozy? Peu importe, la France ira mal

De l'autre côté de la Manche, le magazine britannique The Economist prédit des années noires à la France, dont les candidats à la présidence semblent ignorer les graves problèmes économiques.

Les deux favoris des sondages, François Hollande et Nicolas Sarkozy, n'apportent pas les solutions dont la France aurait besoin, selon <i>The Economist</i>.

Les deux favoris des sondages, François Hollande et Nicolas Sarkozy, n'apportent pas les solutions dont la France aurait besoin, selon The Economist. Image: Keystone

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(AFP) Le Déjeuner sur l'herbe d'Edouard Manet détourné vendredi par The Economist. (Image: Reuters )

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Où sont donc les plans de réduction de la dette dans les programmes des candidats Sarkozy et Hollande? C’est ce que se demande vendredi l’influent magazine britannique The Economist.

Pour son éditorialiste, Nicolas Sarkozy et François Hollande sont à mettre dans le même panier. Peu importe l’issue du 6 mai, la France fonce actuellement droit dans le mur.

Alors que le reste de l'Europe a lancé de grandes mesures d'austérité, la France fait comme si elle n'était pas concernée, s’étonne le magazine, qui n’y va pas de main morte en titrant son éditorial: «Un pays dans le déni», et en illustrant son propos par un détournement du Déjeuner sur l'herbe d'Edouard Manet.

Les piques pointent les contradictions des deux candidats favoris des sondages: «Ils balancent au moins autant de promesses de dépenses que de réductions. Personne n’a de programme sérieux pour réduire les faramineux impôts du pays.»

Le président en place n’est pas ménagé: «Nicolas Sarkozy, qui a promis une réforme sous la forme d’une rupture en 2007 offre à présent à ses électeurs du protectionnisme, menace de quitter l’espace Schengen, attaque les exilés fiscaux (…)».

Certes, la France n’est pas «un panier percé de la Méditerranée», concède le journal, «elle devrait même éviter la récession cette année». Mais les bases manquent encore de solidité pour l’analyste, qui rappelle que la France n’a pas équilibré son budget depuis 1974.

Bilan sans appel

Le bilan que dresse le magazine économique est ainsi sans appel: «La dette publique de la France s'élève à 90% du PIB et est la hausse. Les dépenses publiques, qui correspondent à 56% du PIB, engloutissent la part de production la plus grande de tous les pays de la zone euro, plus encore que dans la Suède. Les banques sont sous-capitalisées. Le taux de chômage est actuellement plus élevé qu'à n'importe quel moment des années 1990 et n'est pas tombé en dessous de 7% depuis près de 30 ans, les exportations stagnent…»

Les électeurs français sont eu aussi à blâmer pour le magazine libéral: «Les Français sont quasi les seuls électeurs des pays développés à voir la mondialisation comme une menace aveugle plutôt qu'une source de prospérité», clame-t-il.

L’auteur du bilan noircit encore le tableau en prédisant qu’en cas d’immobilisme, la France pourrait bien se trouver au centre de la prochaine crise de l’euro. Et de conclure: «Les pique-niqueurs français sont sur le point d’être rattrapés par la dure réalité, peu importe qui sera leur futur président.»

(nxp)

Créé: 30.03.2012, 11h44

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