Mercredi 19 juin 2019 | Dernière mise à jour 03:09

Rome L’Italie fait la guerre aux soldats tatoués

L’armée italienne ne veut plus voir de tatouages sur les biceps de ses soldats, sous prétexte qu’ils entachent l’honneur de la République. Les piercings sont aussi bannis.

Il est désormais interdit aux soldats italiens de porter ce genre de tatouage (ici un GI en poste sur une base américaine en Afghanistan).

Il est désormais interdit aux soldats italiens de porter ce genre de tatouage (ici un GI en poste sur une base américaine en Afghanistan). Image: Johannes Eisele/AFP

L'Italie a-t-elle raison de bannir les tatouages?

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Adieu tatouages et piercings en tout genre qui déshonorent l’armée. Pour s’offrir une carrière militaire, les jeunes Italiens devront renoncer aux sirènes comme aux cœurs transpercés d’une flèche généralement gravés sur les biceps des guerriers. C’est ce que dit une directive expédiée le 26 juillet dernier par le Ministère de la défense à tous les commandants de garnison, en Italie comme à l’étranger. Même si, en vérité, le contenu du dispositif est un peu élastique: les soldats sont autorisés à porter quelques dessins ou de petits anneaux à condition qu’on ne les voie pas et qu’ils en avertissent leurs supérieurs.

Un effet «dévastateur»

Le document interdit aussi les tatouages ayant une référence «obscène d’un point de vue sexuel, raciste ou pouvant introduire un concept de discrimination religieuse qui entache la réputation de la République et de l’armée». Le message est clair: pas de croix gammée, de Christ ou de tête de mort, synonyme de fascisme et d’intolérance, affirme le Ministère de la défense. «Il faut se rendre compte de l’effet dévastateur que peut avoir un petit crucifix imprimé sur les biceps saillants d’un guerrier italien en poste en Afghanistan par exemple», relève Massimiliano F., retraité de la marine. De fait, la directive évoque le nombre grandissant de soldats de carrière expédiés dans des zones à risques dans le cadre de missions internationales. Des zones où les populations musulmanes, généralement majoritaires, pourraient éprouver un sentiment de malaise et de grande défiance face à un soldat exhibant un crucifix ou une sirène à moitié nue.

Appartenance à une tribu

Selon les nouvelles dispositions, les responsables pourront effectuer des contrôles ponctuels pour vérifier le corps des guerriers. «Cela viole notre liberté individuelle. Chacun peut faire ce qu’il veut de son corps», s’énerve Marco, un soldat quadragénaire. Il ajoute que dans l’armée les tatouages donnent aux soldats le sentiment d’appartenir à une tribu. C’est peut-être ce que veut éviter le Ministère de la défense. «Si le ministère veut éliminer progressivement les soldats tatoués, il va avoir du pain sur la planche. Dans certains corps de l’armée, 80% des guerriers sont tatoués!» avoue Gianfranco Paglia, député de droite et Médaille d’or de la valeur militaire en Somalie. Comme les autres, ce vieux guerrier porte inscrits dans sa peau les signes de son passé: les diables noirs de la 15e compagnie du 186e régiment de la brigade Folgore. Un tatouage qui fait la fierté de Gianfranco Paglia car il représente son parcours, sa vie, dit-il. (Le Matin)

Créé: 19.08.2012, 23h02

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.