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Crise ukrainienne Kiev dénonce la présence de 7500 soldats russes dans l'Est

L'état-major a fait état samedi matin de l'entrée depuis la Russie de 20 nouveaux équipements militaires par le poste-frontière Izvariné sous contrôle des séparatistes prorusses.

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Kiev a dénoncé samedi la présence de 7500 soldats russes dans l'est séparatiste de l'Ukraine et l'entrée de nouveaux équipements militaires depuis la Russie après s'être engagé à relancer la politique d'adhésion à l'Otan.

Accusée depuis plusieurs jours par Kiev et l'Otan d'avoir déployé ses chars et ses soldats dans l'Est, la Russie dément toute implication dans ce conflit qui a fait plus de 4300 morts dont 1000 depuis la trêve conclue en septembre avec la participation de Moscou.

«La présence de 7500 représentants des forces armées russes sur le territoire ukrainien est un facteur déstabilisateur qui nous empêche de stabiliser rapidement la situation dans notre pays», a déclaré le ministre ukrainien de la Défense Stepan Poltorak en rencontrant vendredi soir les attachés militaires étrangers, selon un communiqué disponible sur le site du ministère samedi.

Face à cette menace, l'Ukraine a l'intention d'«augmenter le nombre de ses forces armées», a poursuivi le ministre sans plus de précisions.

Tirs d'artillerie depuis la Russie

L'état-major de l'opération «antiterroriste» que l'Ukraine mène depuis la mi-avril dans l'Est a fait état samedi matin de l'entrée depuis la Russie de 20 nouveaux équipements militaires par le poste-frontière Izvariné sous contrôle des séparatistes prorusses.

Ces équipements étaient en route vers Lougansk, capitale régionale et bastion rebelle, selon la même source.

La veille l'armée ukrainienne a accusé la Russie d'avoir procédé à des tirs d'artillerie contre l'est du territoire ukrainien, une première depuis le cessez-le-feu conclu à Minsk le 5 septembre.

Sur le terrain, quatre soldats ukrainiens et un civil ont été tués dans des combats au cours des dernières 24 heures.

Kiev drague l'Otan

Après la perte humiliante de la Crimée annexée en mars à la Russie et face à l'incapacité de reconquérir l'Est prorusse, les pro-occidentaux, forts d'une victoire écrasante aux législatives du 26 octobre, ont annoncé la veille que l'adhésion à l'Otan serait une priorité pour l'Ukraine.

La majorité pro-occidentale au nouveau Parlement ukrainien qui siègera à partir de la semaine prochaine s'est engagée vendredi à modifier d'ici la fin de l'année la législation nationale afin d'«annuler le statut non-aligné de l'Ukraine» et «relancer la politique en vue d'une adhésion à l'Otan».

Cette déclaration risque de provoquer la colère de Moscou qui avait d'ores et déjà demandé «100% de garanties» selon lesquelles l'ex-république soviétique n'intégrerait pas l'Alliance atlantique.

Encore du temps avant de rejoindre l'Otan

Le nombre d'Ukrainiens favorables à l'adhésion de leur pays à l'Otan a bondi cette année pour atteindre 51% en novembre et ce sujet était au coeur de la campagne électorale de plusieurs partis pro-occidentaux.

Mais selon un analyste interrogé samedi par l'AFP, la déclaration de la majorité pro-occidentale est destinée à usage interne.

«Les pays membres de l'Otan sont incapables de trouver un consensus quant aux sanctions contre la Russie et accepter dans les rangs de l'Alliance un pays avec un conflit armé avec la Russie c'est de la science-fiction», a déclaré à l'AFP Vassyl Filiptchouk du Centre international pour les études politiques à Kiev.

L'armée américaine livre du matériel

Vendredi l'Ukraine a célébré l'anniversaire du Maïdan, soulèvement populaire pro-européen qui a fait chuter le régime prorusse de Viktor Ianoukovitch en présence du vice-président américain Joe Biden qui a promis que la Russie paierait cher son «agression en Ukraine».

«Il est tout simplement inacceptable qu'au 21e siècle des pays tentent de redessiner par la force les frontières en Europe (...) ou interviennent militairement parce qu'ils n'aiment pas la décision prise par leur voisin», a dit Joe Biden dans une nette allusion à l'annexion de la Crimée et au conflit dans l'Est.

A l'occasion de cette visite l'armée américaine a fourni à l'Ukraine trois radars antimortiers, destinés à détecter et localiser les positions de tir. Ces radars ont été envoyés à Kiev à bord d'un avion-cargo C-17 qui a accompagné M. Biden.

(smk/afp/nxp)

Créé: 22.11.2014, 11h30

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