Dimanche 16 juin 2019 | Dernière mise à jour 21:21

France Démonstration de force des opposants au mariage gay

Une foule massive a envahi dimanche le nord-ouest de Paris pour demander le retrait du projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux homosexuels. Le rassemblement a été émaillé par des tirs de gaz lacrymogènes.

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Des centaines de milliers de personnes, parmi lesquelles de nombreuses familles, s'étaient massées entre la Défense et l'Arc de Triomphe, sur un axe long de 5 kilomètres. Les organisateurs ont revendiqué "au moins 1,4 million" de participants contre une première estimation de 300'000 manifestants, selon la police.

Intervenant sur un podium géant, le député de l'UMP (Union pour un mouvement populaire), principal parti d'opposition, Henri Guaino, qui avait appelé les manifestants à "censurer" le gouvernement "dans la rue", a lancé aux manifestants: "Le 13 janvier vous étiez un million. Vous êtes plus nombreux aujourd'hui".

Cette dernière manifestation avait rassemblé 340'000 manifestants, selon la police, près d'un million, selon les organisateurs. La préfecture de police de Paris a précisé que "les chiffres définitifs seraient communiqués en début de semaine prochaine, après le visionnage de l'ensemble des films de la manifestation".

"Les gens sont en colère"

"Si aujourd'hui il y a autant de monde, c'est aussi parce que les gens sont en colère", a déclaré le président de l'UMP Jean-François Copé. "Et ils sont en colère sur la façon dont le gouvernement a traité ce mouvement. Il l'a traité avec mépris." Des responsables du Front national étaient également présents dans le cortège.

Des gaz lacrymogènes ont été tirés par des gendarmes mobiles à plusieurs reprises pour "maintenir les manifestants", qui voulaient accéder aux Champs-Elysées. Ce périmètre est "interdit" aux organisateurs de la manifestation. "Entre 100 et 200 personnes ont tenté de forcer un barrage pour rejoindre les Champs-Elysées", a expliqué un porte-parole de la préfecture de police.

M. Copé a demandé "des comptes à François Hollande" après avoir "croisé" des familles qui auraient été victimes de ces gaz lacrymogènes.

Démission exigée

L’ancienne ministre Christine Boutin a demandé dimanche soir sur i-télé la démission de Manuel Valls et du préfet de police suite aux incidents en marge de la manifestation contre le mariage gay à laquelle elle a participé. "Je demande la démission du préfet de police et de Manuel Valls", a déclaré la présidente du Parti chrétien-démocrate (PCD, associé à l’UMP).

"Un jeune de 14 ans a été mis KO par des gaz lacrymogènes", a-t-elle assuré, en ajoutant avoir elle-même été "ciblée" par les forces de l’ordre. Farouche opposante au Pacs, Mme Boutin est désormais mobilisée contre le mariage et l’adoption pour les homosexuels.

Examen le 4 avril

Le texte de loi, qui ouvre aux homosexuels la possibilité de se marier et d'adopter, a été voté le 11 février par les députés à l'issue d'un débat marathon émaillé d'incidents. Il sera examiné en séance publique par les sénateurs à partir du 4 avril, l'objectif du gouvernement étant que la réforme soit définitivement adoptée avant les vacances d'été.

La ministre de la Famille, Dominique Bertinotti, a estimé sur BFM-TV que les opposants au texte étaient dans leur droit quand ils manifestaient mais que cela n'empêcherait pas cette réforme d'être votée par le Parlement.

Une des figures du mouvement contre le "mariage pour tous", Frigide Barjot, a cependant déclaré que la messe n'était "pas du tout" dite. Selon les opposants, ce projet "bouleverse totalement la société en niant la parenté et la filiation naturelles" et "les conséquences économiques, sociales et éthiques seront inéluctables". (afp/nxp)

Créé: 24.03.2013, 15h31

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