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Italie Une ministre noire dénonce le racisme dont elle est victime

La ministre de l'Immigration, première ministre noire de l'histoire italienne, a exigé mardi à Rome que cessent immédiatement les propos racistes dont elle est victime depuis sa nomination.

Samedi, Cécile Kyenge avait essuyé des jets de bananes au cours d'un meeting politique.

Samedi, Cécile Kyenge avait essuyé des jets de bananes au cours d'un meeting politique. Image: AFP

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La ministre italienne est notamment victime d'attaques verbales de la part du parti anti-immigrés de la Ligue du Nord. «Si (le secrétaire de la Ligue du Nord Roberto) Maroni ne met pas fin aux attaques des militants de la Ligue, je ne participerai pas à la conférence prévue à l'occasion de la fête de la Ligue en août», a menacé Cécile Kyenge, au moment de la présentation d'un projet de plan national contre le racisme.

Samedi, Cécile Kyenge avait essuyé des jets de bananes au cours d'un meeting politique, suscitant l'indignation dans la classe politique et sur les réseaux sociaux.

Depuis sa nomination, Cécile Kyenge, originaire de la République démocratique du Congo, a dû affronter des manifestations d'hostilité de la Ligue du Nord, un parti allié au Peuple de la Liberté (PDL) de Silvio Berlusconi mais qui se trouve actuellement dans l'opposition.

En juillet, l'un des dirigeants de la Ligue du Nord, le sénateur Roberto Calderoli, avait comparé Mme Kyenge à un orang-outan.

«Même si l'on a des idées différentes», les personnes et les forces politiques doivent «se confronter sur les idées et non à travers des insultes», a affirmé mardi Cécile Kyenge.

«C'est dans cet esprit que j'ai accepté de me confronter avec le gouverneur (de Vénétie membre de la Ligue, Luca) Zaia à la fête de la Ligue du Nord en Emilie-Romagne à Milano Marittima le 3 août», a-t-elle expliqué.

«Mais j'estime que ne pourrai respecter cet engagement que si Roberto Maroni lance un appel à ses militants et à ses dirigeants à cesser immédiatement les attaques continuelles contre ma personne, des attaques qui blessent, outre moi-même, la conscience civile de la majorité de ce pays», a-t-elle estimé.

«Si ce n'est pas le cas (...) je me verrai contrainte de décliner l'invitation», a-t-elle conclu. (afp/nxp)

Créé: 30.07.2013, 15h57