Dimanche 31 mai 2020 | Dernière mise à jour 09:06

Ukraine Moscou accuse l'Occident de vouloir «changer le régime»

Le Kremlin estime que les dirigeants qui sanctionnent la Russie dans la crise ukrainienne veulent bouleverser le pays. Le parlement de Kiev votera pour une adhésion à l'Otan.

le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a déclaré samedi que l'Occident avait «montré sans ambiguïté qu'il voulait obtenir un changement de régime en Russie».

le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a déclaré samedi que l'Occident avait «montré sans ambiguïté qu'il voulait obtenir un changement de régime en Russie». Image: Keystone

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Réunion à Milan sur la crise en Ukraine

Réunion à Milan sur la crise en Ukraine Vladimir Poutine et Petro Porochenko se sont rencontrés à Milan en présence des principaux dirigeants européens.

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Moscou a accusé ce samedi 22 novembre l'Occident de vouloir provoquer un changement de régime en Russie, frappée par des sanctions pour son rôle dans la crise ukrainienne, au moment où Kiev fait état d'une présence massive de troupes russes dans l'Est séparatiste du pays.

La Russie dément toute ingérence

Accusée par Kiev et l'Otan d'avoir déployé des chars et des troupes dans l'est de l'Ukraine, la Russie dément toute implication dans ce conflit qui a fait selon l'Onu plus de 4300 morts dont 1000 depuis la trêve conclue en septembre avec la participation de Moscou.

Dans une nouvelle phase de l'escalade verbale, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a déclaré samedi que l'Occident avait «montré sans ambiguïté qu'il voulait obtenir un changement de régime en Russie».

«Il y a des leaders occidentaux qui disent qu'il faut mettre en place des sanctions qui détruiraient l'économie (russe) et provoqueraient des protestations populaires», a-t-il ajouté, cité par les agences russes.

Les sanctions européennes et américaines introduites après l'annexion en mars de la Crimée et durcies à la suite du crash du vol MH17 avec 298 personnes à bord, vraisemblablement abattu par un missile au-dessus du territoire contrôlé par les séparatistes pro-russes en Ukraine, portent un coup dur à l'économie russe au bord de la récession. Le rouble a perdu près du tiers de sa valeur face à l'euro depuis le début de l'année.

La Russie paiera cher selon Joe Biden

En visite à Kiev vendredi, coïncidant avec l'anniversaire de la révolte pro-occidentale du Maïdan, le vice-président américain Joe Biden a promis que la Russie paierait encore plus cher son «agression» en Ukraine.

A l'occasion de cette visite, l'armée américaine a fourni à l'Ukraine trois radars antimortiers, destinés à détecter et localiser les positions de tir.

Le ministre ukrainien de la Défense Stepan Poltorak a pour sa part fait état de la présence de 7500 soldats russes dans l'est de l'Ukraine en rencontrant vendredi soir les attachés militaires étrangers.

L'état-major de l'opération militaire que Kiev mène depuis la mi-avril dans l'Est a de son côté affirmé que «plusieurs dizaines» de blindés russes se trouvaient dans l'Est, faisant état de l'entrée depuis la Russie de 20 nouveaux équipements militaires par le poste-frontière d'Izvariné, sous contrôle des rebelles pro-russes. Ces équipements étaient en route vers Lougansk, capitale régionale et bastion rebelle, selon la même source.

Au total, 140 chars sont concentrés dans l'est de l'Ukraine, selon une source gouvernementale européenne qui fait état également d'une «pression» sur la ville de Marioupol, au bord de le mer d'Azov, que les séparatistes pourraient être tentés de conquérir pour faire la jonction avec la Crimée.

Sur le terrain, quatre soldats ukrainiens et un civil ont été tués dans des combats au cours des dernières 24 heures.

Vers une adhésion à l'Otan

Après la perte humiliante de la Crimée et face à l'incapacité de reconquérir l'Est pro-russe, les pro-occidentaux, forts d'une victoire écrasante aux législatives du 26 octobre, ont annoncé la veille que l'adhésion à l'Otan serait une priorité pour l'Ukraine.

La majorité pro-occidentale au nouveau Parlement ukrainien qui siègera à partir de la semaine prochaine s'est engagée vendredi à modifier d'ici la fin de l'année la législation nationale afin d'«annuler le statut non-aligné de l'Ukraine» et «relancer la politique en vue d'une adhésion à l'Otan», au risque d'ulcérer la Russie.

Le nombre d'Ukrainiens favorables à l'adhésion de leur pays à l'Otan a bondi cette année pour atteindre 51% en novembre et ce sujet était au coeur de la campagne électorale de plusieurs partis pro-occidentaux.

Mais selon un analyste interrogé samedi par l'AFP, la volonté affichée par la majorité pro-occidentale est à usage interne.

«Les pays membres de l'Otan sont incapables de trouver un consensus quant aux sanctions contre la Russie, et accepter dans les rangs de l'Alliance un pays avec un conflit armé avec la Russie, c'est de la science-fiction», a déclaré à l'AFP Vassyl Filiptchouk du Centre international pour les études politiques à Kiev.

L'Ukraine qui a célébré vendredi le premier anniversaire du Maïdan, mouvement populaire ayant abouti à la chute du régime prorusse de Viktor Ianoukovitch après un bain de sang, marque samedi les dix ans de la Révolution orange pro-occidentale, un soulèvement pacifique qui s'était également déroulé dans le centre de Kiev, sur la même place de l'Indépendance.

Ces mouvements sont perçus en Russie comme inspirés et financés par les États-Unis.

(afp/nxp)

Créé: 22.11.2014, 17h34

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